Le feu d'artifice a commencé à 23 heures, peu après l'apparition du nouveau couple royal au balcon du Palais. Philippe et Mathilde se sont donc installés pour assister à l'apothéose de cette "très belle journée", pour reprendre les mots royaux.

Jeux de lumière et explosions lumineuses dans le ciel étaient donc au programme. Un immense gâteau virtuel est notamment apparu pour fêter les deux décennies de règne du roi Albert II, surmonté de l'inscription "Merci Sire'. Place ensuite au feu d'artifice, qui s'est clos sur un nouvel hologramme représentant le nouveau couple royal, avec du "Vive le Roi" dans toutes les langues.


Le roi Philippe s'adresse à la nation

Le roi Philippe et la reine Mathilde ont fait une nouvelle apparition au balcon du Palais royal, dimanche, de 22H15 à 22h20, pour remercier les Belges de leur vif soutien, exprimé en ce jour de fête nationale. A l'ouverture des barrières de police vers 21h45, les gens se sont précipités, en courant, pour prendre place aux premières loges, sous le balcon. La capacité maximale de la place, à savoir 25.000 personnes, n'était pas atteinte, mais la place était presque comble.

Le nouveau couple royal est apparu bras dessus bras dessous et s'est embrassé à de multiples reprises sur les joues sous les cris du public. C'est sous les "Vive le Roi" et les applaudissements que le roi Philippe a remercié la foule présente en ce 21 juillet: "Merci à tous d'être là pour fêter ce grand jour avec nous. Ensemble nous avons vécu une très bonne journée. Merci pour votre soutien et votre confiance. Soyons fiers de notre beau pays. Nous vous souhaitons encore une bonne fête."


Les souverains sont allés à la rencontre des Belges

Ce moment de proximité au Parc entre le souverain et son peuple faisait suite au défilé qui a débuté dimanche à 17h, place des Palais, en face du palais royal de Bruxelles. Les cavaliers de l'escorte royale, qui fête cette année ses 75 ans d'existence, ont pris la tête du défilé, bonnets en poil d'ours sur la tête, sous un soleil de plomb. Les membres de la famille royale, des responsables politiques, dont le ministre de la Défense, Pieter De Crem, la ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet, des officiels ainsi que des milliers de spectateurs assistent au défilé. L'événement a commencé une heure plus tard que l'horaire habituel, en raison de l'abdication du roi Albert II et de la prestation de serment du nouveau roi Philippe. Avant le début du défilé, celui-ci a passé en revue, peu après 16h, les troupes civiles et militaires.

Le roi Philippe rend hommage au soldat inconnu

Près d'un millier de personnes se sont rassemblées, dimanche, de 14h00 à 14h45, devant la colonne du Congrès, rue Royale, à Bruxelles, pour assister à la première mission publique officielle du nouveau roi Philippe, après son intronisation. La foule, habillée en noir, jaune, rouge, a sorti drapeaux et ballons aux couleurs de la Belgique pour accueillir son nouveau souverain. Quelques huées et un "vive la République" ont suffit à entraîner le public dans une joute verbale défensive pour crier, toujours plus fort, des "Vive le Roi".

Près de 150 militaires étaient au garde-à-vous autour de la tombe du soldat inconnu, parmi lesquels des représentants des quatre corps de la défense, à savoir des pelotons de l'armée de terre, de la marine, de la force aérienne et du service médical, ainsi qu'une cinquantaine de membres d'associations patriotiques.

Une musique royale de la force aérienne a accueilli Aux Champs le Roi Philippe, avant de jouer la Brabançonne. Le nouveau souverain a salué soldats et membres de son gouvernement. Entouré du Premier ministre Elio Di Rupo et du Vice-Premier et ministre de la Défense Pieter De Crem , le roi s'est avancé, très protocolairement, sous la haie d'honneur composée de huit élèves officiers de l'école royale militaire, représentant la direction générale de la défense. Il a alors ravivé la flamme du soldat inconnu et a signé le livre d'or. Il est reparti sous les acclamations du public.


Au balcon, un couple souriant et détendu

Tous les observateurs ont souligné que le couple royal était particulièrement détendu et "à l'aise" en se présentant à la foule depuis le balcon du Palais royal avec leurs enfants, mais aussi les autres membres de la famille royale. La Reine Mathilde était même radieuse, pour le plus grand plaisir des 6.500 spectateurs qui ont patienté de longues heures dans le soleil.

Un peu plus tôt, le nouveau roi Philippe avait déjà longuement été applaudi, presque à l'instar d'une rock star, dimanche midi après sa prestation de serment, par les nombreuses personnes présentes dans l'hémicycle de la Chambre On n'a noté aucun incident du type de ceux qui avaient émaillé les prestations de serment précédentes. La prestation d'Albert avait été ponctuée d'un "Vive la République!" lancé par Jean-Pierre Van Rossem.



Un Prince devenu Roi en ce jour de fête nationale

C'était dans une voiture décapotable que le nouveau couple royal s'est rendu au Parlement. Le Roi Philippe était visiblement très ému par ce moment historique, essuyant une larme devant le public, nombreux, aux bords du parc royal de Bruxelles. A l'arrivée du prince Philippe, Michel Van Damme, le huissier de la présidence du Sénat a crié : « De Konning, Le Roi, Der König ». André Flahaut invita ensuite Philippe – vêtu d'un uniforme bleu de la Force aérienne, selon  Het Laatste Nieuws  - à prêter serment. Pour ce faire, le futur souverain s'est dirigé vers le Trône derrière lequel se trouve un fond de scène « plus sobre que la tapisserie visible derrière Albert II ».

Parmi les invités au Parlement devant les chambres réunies, signalons entre autres la présence du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, des présents de parti, ainsi que des membres du gouvernement fédéral et des entités fédérées.Notons également la présence de la famille de la Reine Mathilde, sa mère, ses sœurs, son frère et ses beaux-frères.


Philippe a alors récité dans les trois langues la formule se trouvant dans l'Article 91 de la Constitution : « Je jure d'observer la Constitution et les lois du peuple belge, de maintenir l'indépendance nationale et l'intégrité du territoire » . Il a ensuite prononcé son « discours du Trône ». Il s'agit d'une brève allocution écrite de sa main et soumise à l'aval du Premier ministre, Elio Di Rupo.

"Discours du Trône":

Le roi Philippe a affiché son intention d'avoir des "contacts constructifs" avec les responsables des entités fédérées lors de son premier discours après sa prestation de serment. "La richesse de notre pays et de notre système institutionnel réside notamment dans le fait que nous faisons de notre diversité une force. Nous trouvons chaque fois l'équilibre entre unité et diversité. La force de la Belgique est justement de donner un sens à notre diversité", a-t-il déclaré après avoir rendu hommage à son père et à son épouse, la reine Mathilde.

Evoquant la nouvelle réforme de l'Etat et le transfert de compétences important aux entités fédérées, Philippe estime que cela permettra de mieux rencontrer les défis de l'avenir. "La force de la Belgique réside également dans ses entités fédérées. J'entends entretenir des contacts constructifs avec leurs responsables. Je suis convaincu que la coopération entre l'Etat fédéral, les Communautés et les Régions s'opérera au plus grand bénéfice de nos citoyens et de nos entreprises."

Le roi a aussi inscrit son discours et la Belgique qu'il souhaite dans l'Europe, une Europe "qui doit apporter croissance et solidarité", a-t-il insisté. "Nous sommes fiers que notre capitale soit aussi la capitale de l'Europe et qu'à chaque moment de son histoire des dirigeants belges ont été au coeur de ce grand projet."

"J'entame mon règne avec la volonté de me mettre au service de tous les Belges", a-t-il indiqué, précisant qu'il soutiendrait, "en Belgique et à l'étranger, toutes (l)es qualités qui sont les nôtres".

Pour Stéphane Bern, c'était un "Bon discours du nouveau roi des Belges, très à l'aise malgré l'émotion."

Pas de "Vive la République", mais une ovation

On notera que les nationalistes flamands opposés à la monarchie et les républicains ne se sont pas exprimés d'une manière particulière lors de la prestation de serment, comme cela avait été le cas lors de la prestation d'Albert II en 1993. Le président du parlement flamand, Jan Peumans, a assisté tant à l'abdication d'Albert II qu'à la prestation de serment de Philippe. "Lors de mon audience avec le roi, j'ai promis que j'assisterais à la prestation de serment. Et quand je promets quelque chose, je le fais", a-t-il expliqué sur la VRT. Même s'il est notoirement républicain, le président du parlement flamand estime que la participation à ce genre de cérémonies appartient à sa fonction. Le nationaliste flamand n'avait toutefois pas l'intention de crier "vive le roi" lorsque celui-ci aurait accompli son obligation constitutionnelle. "Non, je ne vois pas pourquoi je ferais ça. Je n'ai jamais fait ça le 21 juillet", a-t-il souligné. M. Peumans n'a pas accroché de drapeau belge à son balcon, mais le drapeau flamand. "Il y pend depuis le 11 juillet".

Cela dit, les invités présents ont offert une standing ovation au nouveau souverain.


Nouveau chef de cabinet au Palais royal

Frans Van Daele sera le chef de cabinet du nouveau roi. Ce diplomate était présent dans l'hémicycle, près de la famille royale.



Une abdication pleine d'émotions

Le Roi Albert II a officiellement quitté le Trône en signant l'acte d'abdication au palais Royal de Bruxelles, devant de nombreux témoins. Le règne d'Albert II a été ponctué par plusieurs crises politiques, particulièrement après les élections de 2010 où les partis avaient mis 541 jours, un record mondial, pour former un gouvernement. Le roi avait alors joué un rôle majeur pour sortir de l'impasse. Ce dimanche matin, il signe son abdication officielle au Palais royal, devant la famille royale au grand complet et plus de 200 convives et représentants de la nation.

Dans son allocution, le Roi a rendu hommage au Premier ministre Elio Di Rupo d'avoir accepté de créer un gouvernement en pleine crise institutionnelle et pour avoir adopter les mesures indispensables au bien-être des Belges.

De cet ultime discours, l'on retiendra surtout les larmes de la Reine lorsque son époux la remerciera publiquement et simplement en précisant "Merci et un gros kiss!". L'assistance applaudi la Reine.

La princesse Mathilde était également en larmes suite au discours du Roi.


Te Deum : "C'est une journée historique"

Le Te Deum vient de se terminer. Lors de la célébration, la reine Paola n'a pu cacher une profonde émotion.

S'en est suivi un bain de foule pour le couple royal, ainsi que pour Philippe et Mathilde.

On notera une véritable ferveur populaire devant la cathédrale, avec de nombreux cris 'Vive le Roi!' et 'Vas-y Philippe!', ainsi que de très nombreux drapeaux belges.

La cérémonie religieuse du Te Deum a commencé dimanche à 09h00 en la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule, à Bruxelles, en présence de très nombreuses personnalités, qui avaient commencé à s'installer plus de trois quarts d'heure auparavant. Le Te Deum a été célébré par l'archevêque André-Joseph Léonard. Cette cérémonie, destinée à remercier Dieu (Te Deum Laudamus), lance traditionnellement les festivités de la Fête nationale en Belgique. Contrairement aux autres années, toute la famille royale est rassemblée à Bruxelles, en cette journée particulière, puisqu'elle sera marquée par l'abdication du roi Albert II et la prestation de serment de son fils Philippe.

Parmi les invités arrivés à la cathédrale, on notait les responsables politiques des différents niveaux de pouvoir en Belgique, des ambassadeurs -et notamment l'ambassadeur américain sortant Howard Gutman-, la commissaire générale de la police Catherine de Bolle, les magistrats de la Cour constitutionnelle, de la Cour de cassation et du tribunal de première instance de Bruxelles, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et la vice-présidente du Parlement européen Isabelle Durant.

La reine Paola et la future reine Mathilde portent des tenues signées Natan, Paola ayant opté pour du vert, Mathilde pour une robe ivoire.


Malgré la chaleur, des centaines de Belges

Des centaines de Belges ont fait le déplacement pour assister au Te Deum. Malgré la chaleur, certains sont accoudés aux grilles pour attendre la sortie de la famille royale. Dirk, jeune homme d'origine flamande, s'est déplacé pour la première fois cette année. "Avoir un nouveau Roi, ce n'est pas rien. C'est un événement historique et je tenais à en faire partie."

Une chose est certaine: la Belgique est bien représentée. Des drapeaux belges sont accrochés à chaque lampadaire des rues longeant la Cathédrale. Et beaucoup sont venus avec leur propre drapeau qu'ils brandissent fièrement. C'est le cas de Georges qui porte un fin drapeau tricolore sur les épaules. "Je viens chaque année à Bruxelles pour le 21 juillet. Je tenais à assister au Te Deum. En Belgique, nous avons un bon Roi, un bon gouvernement, il faut les soutenir." D'origine congolaise, Georges se définit avant tout comme "Belge". "Mon épouse est flamande, mais je vis dans le Brabant wallon. Je suis ne suis pas Flamand, je ne suis pas Wallon, je suis Belge."

Parmi la foule, des hommes sont vêtus d'un pantalon rouge, d'une ceinture noire et d'un t-shirt jaune. Des enfants arborent des drapeaux peints sur leurs bras. Des ballons aux couleurs de la Belgique et pancartes avec le slogan "Merci Sire" sont également de la partie. Malgré tout, l'ambiance est relativement calme. Seuls quelques "Vive le Roi" se font entendre lorsque les journalistes en font la demande.

Par contre, dès la sortie de la famille royale, la foule s'embrase et les drapeaux s'agitent. La brabançonne est même scandée par les plus motivés. Depuis le parc, à l'ombre, des jeunes enfants s'époumonnent : "Vive le Roi Philippe". Les scouts représentés en nombre abusent même de leur sifflet Lorsque les voitures démarrent, la foule se met à courir pour pouvoir suivre le plus loin possible le déplacement de la famille royale, sous la mélodie offerte par les cloches de la Cathédrale.


Bal National

Après un passage au Bozar en début de soirée pour le concert "Prélude à la fête nationale", la famille royale s'est dirigée vers le quartier des Marolles, et plus précisément la place du Jeu de Balle, pour assister au traditionnel Bal national. Et la foule était au rendez-vous.

C'est par une ovation que la famille royale a été accueillie. Les citoyens étaient nombreux pour les saluer, puisqu'il y avait 12.000 personnes sur la place du Jeu de Balle sur le coup de 22 heures, soit quarante minutes après l'arrivée royale. Une foule si importante que la Police a dû empêcher l'accès de nouvelles personnes aux festivités pour des raisons de sécurité, annoncent nos confrères du  Soir .

La fête s'est ensuite poursuivie dans une ambiance très noire-jaune-rouge, avec les apparitions successives sur scène des plus grands noms de la chanson nationale, du Grand Jojo à Annie Cordy en passant par l'inévitable Sandra Kim.


 


La surprise du futur Roi

Quelques heures plus tôt, les membres de la famille royale étaient donc au Palais des Beaux-Arts pour un concert. L'accueil a été très chaleureux, aussi bien à l'extérieur du Palais que dans la salle. Là, l'arrivée de la famille royale sur le balcon a été saluée par une standing-ovation

C'est le moment qu'a choisi Philippe pour prendre la parole, pour une surprise…royale, évidemment: une représentation de la 'Frambroise frivole', qui mêle musique classique et humour.

"Sire, Papa, avec émotion nous fêtons votre fin de règne" , a déclaré un Prince qui, pour la première fois, appelait Albert II "Papa" en public. Philippe a ensuite salué la sagesse et l'humour du Souverain, avant de conclure par un "ce soir, la cerise sur le gâteau sera une framboise" . Une Framboise Frivole, puisque c'est bien de ce groupe de musiciens détournant avec humour des grands classiques musicaux dont il était question.

Place ensuite au concert, qui a débuté par des extraits de "La Belle au bois dormant" de Tchaïkovsky. D'abord inspiré par le romantisme de l'oeuvre, l'orchestre national de Belgique s'est ensuite emporté dans l'interprétation de ce conte princier pour terminer sur une note puissante. Le pianiste russe Yury Favorin, quatrième lauréat du concours Reine Elisabeth 2010, a terminé ce prélude par le concerto n°3 en ré mineur op. 30 de Sergeï Rachmaninoff.