Cette initiative fait suite à la parution d'une étude de la VUB réalisées dans cinq des sept unités de soins intensifs pédiatriques du pays, selon laquelle un tiers (34%) des décisions de fin de vie concernant des mineurs débouche sur une euthanasie (administration de drogues létales).

"Il n'est pas tolérable que des médecins et des infirmiers ignorent sciemment le la loi", estime le sénateur, qui fut l'un des pères de la dépénalisation partielle de l'euthanasie. "Ceci est la porte ouverte à toutes les dérives, dérives que précisément la loi sur l'euthanasie a voulu empêcher en encadrant strictement ce choix de fin de vie", ajoute-t-il.

Le sénateur MR s'interroge. "Hier, les personnes âgées, aujourd'hui les mineurs, et demain... les handicapés mentaux?" M. Monfils est d'avis qu'il s'agit d'une "marche en arrière vers un type de société que naturellement nous refusons".

"Le Parlement n'a pas accepté l'euthanasie des mineurs en raison des risques d'absence de consentement libre et volontaire", précise encore M. Monfils. "De toute manière, le médecin dans ces cas, peut toujours recourir à des mesures autorisées par la déontologie médicale (de la prise de médicaments soulageant la souffrance jusqu'au refus de l'acharnement thérapeutique)", conclut-il.

Selon l'étude de la VUB, 75% des soignants interrogés estiment qu'on ne peut exclure le débat sur la fin de vie des mineurs "sous prétexte qu'ils ne seraient pas 'compétents' pour en parler" et une très large majorité (89%) sont demandeurs d'une extension de la loi, afin d'autoriser l'euthanasie des mineurs dans certains cas.

Le débat sur l'euthanasie ne s'est pas définitivement clos avec l'adoption de la loi en 2002. Des voix se font régulièrement entendre, au nord du pays, pour que l'on étende son champ d'application, notamment aux mineurs d'âge.

L'idée d'une extension n'a cependant jamais recueilli suffisamment de soutien au sein du parlement.