Pierre Harmel est né le 16 mars 1911 à Uccle. A 98 ans, l'ancien Premier ministre est décédé ce dimanche. Comte et ministre d'Etat, Pierre Harmel a été de presque tous les grands événements à partir de la fin de la deuxième guerre mondiale jusqu'au milieu des années 70.

Sa llongue carrière politique lui permet de vivre de grands événements politiques belges au 20e siècle: La guerre scolaire, la Question royale, l’indépendance du Congo, les grandes grèves de 1960, la scission de l’UCL et les premières réformes de l’État.

Il entre au Parlement en 1946. Elu PSC, il n'avait jamais caché ses racines chrétiennes en respectant les laïques. Bien qu'ayant occupé bon nombre de poste ministériel (instruction publique, Justice et Culture, Fonction publique), c'est le portefeuille des Affaires étrangères des 1966 qui lui donna sa renommée internationale.

En 1958, en plein crise scolaire, il est à la base du célèbre pacte scolaire qui organise la coexistence des écoles publiques et libres.

Un centre de réflexion porte son nom, le centre Harmel (Centre de recherche pour la solution nationale des problèmes sociaux, politiques et juridiques en régions wallonnes et flamandes mis en place avant les années 50) inspirera la législation linguistique de 1962-1963.

En 1966, Pierre Harmel succède à Paul-Henri Spaak aux Affaires étrangères et est confronté à la crise de l’Otan provoquée par le général de Gaulle. Cette crise impliquera le déménagement du Shape hors de France. Harmel se prononce pour un rapprochement de l’Alliance avec l’Est.

Européen convaincu, il a reçu en 1980, la médaille d'or "Robert Schuman" pour sa contribution exceptionnelle à la cause de l'unité de l'Europe.

Dans les années 70, il revient au Parlement mais au Sénat en tant que Sénateur coopté, puis élu directement avant de devenir président de la Chambre Haute en 1973.

Début des années 70, il n'avait pas pris part aux négociations sur la réforme de l'Etat mais en 1971, il écrit "au Premier ministre sa satisfaction devant cette réforme de l’État, acquise grâce à l’appui de parlementaires libéraux flamands et wallons mais pas bruxellois".

Le social-chrétien n'était pas en faveur de l'avortement.En 1981, il affirmait que « ce serait un grand crime social de dépénaliser l’infanticide et l’avortement. Ceux qui le demandent ne savent pas jusqu’où conduirait ce mépris de la vie ». Sa position contre cette dépenalisation est très proche de celle ressentie par le Roi Baudouin mais il a suggéré au Roi de signer la loi, tout en lui conseillant d’envoyer un texte que le Premier ministre lirait au Parlement, et dans lequel le Roi a précisé qu’il n’avait signé la loi qu’en tant que chef de l’État, mais que sa responsabilité personnelle n’était pas engagée pour autant.

Très proche du Roi Baudouin, il est un des hommes politiques à l'avoir beaucoup cotoyé de 1955 jusqu'en 1993. L'ancien Premier ministre a d'ailleurs été fait comte par le frère aîné du Roi Albert II.

Pierre Harmel quitte la vie politique en 1977.

Retrouvez dans La Libre Belgique d'aujourd'hui, un portrait plus complet de Pierre Harmel