16h45 Ghislain Londers, le premier président de la Cour de Cassation a remis au Président de la Chambre, Herman Van Rompuy, une lettre dans laquelle il fait état d'une intervention du cabinet Yves Leterme auprès de la Cour d'appel de Bruxelles jusqu'avant qu'elle ne rende son arrêt. La question est maintenant de savoir si Yves Leterme va démissionner seul ou s'il va entraîner avec lui l'ensemble du gouvernement.

Un conseil des ministres débutait jeudi vers 16h30 au 16 rue de la Loi, à propos de l'affaire Leterme-Fortis.

"Tout a été mis en oeuvre pour que l'arrêt de la 18e chambre de la cour d'appel ne soit pas prononcé", écrit le président de la cour de cassation, Ghislain Londers.

Cette lettre met M. Leterme en situation encore plus délicate, alors que l'opposition avait réclamé dès mercredi sa démission. Le Premier ministre avait démenti toute ingérence de l'exécutif sur le pouvoir judiciaire, même s'il avait reconnu une série de "contacts". La séance plénière de la Chambre, qui devait reprendre jeudi à 14h00, n'avait toujours pas commencé à 16h3O en raison de l'ébullition provoquée par la lettre de M. Londers.

Après un premier arrêt validant le démantèlement en novembre, la cour d'appel de Bruxelles avait donné raison le 12 décembre aux petits actionnaires de Fortis en estimant qu'ils auraient dû être consultés lors du démantèlement de la banque, conduisant notamment au gel de la vente de ses activités belges au français BNP Paribas.

16h48 Le Sénat a ouvert sa séance, jeudi après-midi à 15 heures comme prévu, avec à l'ordre du jour les questions d'actualité. Mais après une demi-heure, en l'absence de tout membre du gouvernement, l'opposition et Patrik Vankrunkelsven (Open Vld) ont demandé une suspension de séance.

Pour l'opposition, il n'est pas normal que la séance se poursuive alors que le conseil ministériel restreint est en réunion. Mais le présidents du Sénat, Armand De Decker, a fait remarquer qu'il y avait encore à l'ordre du jour deux points qui ne nécessitaient pas la présence du gouvernement: le budget du Sénat et la levée de l'immunité d'un sénateur. Sa proposition de poursuivre la séance a été appuyée par le PS, le MR et le CD&V.

Armand De Decker a aussi fait référence à une dépêche de Belga selon laquelle le conseil ministériel restreint n'était pas en réunion. Entre-temps, le sp.a a quitté l'hémicycle pour une réunion du parti. Les deux points à l'ordre du jour ont finalement été abordés.

17h12 Selon les médias flamands, Certains bruits de couloir indiquent qu'en cas de démission, Herman Van Rompuy ou Marianne Thyssen pourraient succéder à Leterme. Le PS confirme que des négociations sont actuellement en cours à propos de l'éventuelle démission d'Yves Leterme. 19h00 Un conseil des Ministres démarrait à 16h30 pour se pencher sur ce qu'on appelle déjà l'affaire Leterme-Fortis. En dehors de ce conseil, les rumeurs vont bon train. Selon certains, Yves Leterme aurait déjà démissionné. Pour d'autres, le premier ministre ne tient pas à quitter son poste. On parle aussi d'un éventuel départ de Jo Vandeurzen ou de Didier Reynders. Par ailleurs, les noms de Herman Van Rompuy, Kris Peeters ou Marianne Thyssen circulent pour une éventuelle succession.

21h15 Les choses n'avancent guère, les présidents ont rejoint le 16 Les choses ne semblent guère avancer au "16" rue de la Loi où, dans la soirée, les ministres ont été rejoints par les présidents des partis de la majorité. La présidente du CD&V Marianne Thyssen, les présidents du PS et de l'Open Vld Elio Di Rupo et Bart Somers ont en effet rejoint les ministres. Les présidents du MR et du cdH, Didier Reynders et Joëlle Milquet étaient déjà présents puisqu'ils sont aussi vice-premiers ministres. Peu avant 20h30, la Conférence des présidents de la Chambre a décidé qu'il n'y aurait plus de séance plénière ce jeudi, ce qui semble indiquer qu'il y a peu de chance que quelque chose bouge rapidement au sein du gouvernement quant à la façon de gérer la crise provoquée par la lettre du premier président de la Cour de cassation au président de la Chambre. Cette lettre fait état de pression exercée pour éviter que l'arrêt de la 18eme chambre de la Cour d'appel, dans l'affaire Fortis, ne soit pas prononcé

21h45 Johan Vande Lanotte n'exclut pas que rien ne se passe Le sénateur sp.a Johan Vande Lanotte, dont le parti réclame la démission du premier ministre Yves Leterme (CD&V), n'a pas exclu jeudi soir dans l'émission TerZake (Canvas) que le gouvernement ne prenne pas de nouvelle décision dans la crise qui le secouait concernant l'affaire Fortis. Si, du côté du CD&V, Yves Leterme et le vice-premier ministre Jo Vandeurzen devaient quitter le navire, le CD&V exigerait aussi le départ du vice-premier ministre Didier Reynders (MR) et dès lors, "il ne se passerait rien", a-t-il résumé. Dans ce cas, la balle reviendrait dans le camp du parlement qui devrait confirmer ou non sa confiance envers le gouvernement, a-t-il ajouté. Pour Johan Vande Lanotte, la position d'Yves Leterme est devenue intenable depuis la lettre remise par le premier président de la Cour de cassation au président de la Chambre. Herman De Croo (Open Vld), également présent sur le plateau de TerZake, a maintenu pour sa part sa position de la veille, disant attendre les conclusions du rapport du procureur général. S'il y figure des preuves d'influence de l'exécutif sur le judiciaire, alors les membres du gouvernement concernés devront en tirer les conclusions, ce qui ne signifie pas automatiquement, a-t-il dit, que l'ensemble du gouvernement devrait démissionner ni que de nouvelles élections devraient être convoquées

22h20 Un nouvel élément est apparu sur lequel se concentrent les ministres. On évoque à bonnes sources un rapport accablant mettant en cause des magistrats qui auraient agi de leur plein gré. Ce rapport émane du procureur général de Bruxelles et serait "accablant" pour les magistrats de la Cour d'appel. Au vu de ces éléments, on n'est plus sûr du tout qu'il y ait eu influence du gouvernement sur la magistrature, a notamment indiqué une source. On évoque plutôt des magistrats qui auraient agi de leur plein gré. Cette analyse pourrait décanter les choses au sein de l'équipe Leterme, a-t-on appris. L'idée d'une ou plusieurs démissions dont celle du Premier ministre qui a circulé jeudi ne serait plus d'actualité. On se dirigerait plus que jamais vers la nécessité d'organiser une Commission d'enquête parlementaire pour faire toute la lumière sur les événements

23h L'association européenne d'actionnaires Euroshareholders exige la démission du premier ministre Yves Leterme pour avoir exercé une pression et une influence sur des instances judiciaires dans le dossier Fortis. Euroshareholders représente quelque 15.000 investisseurs lésés.

Il ressort clairement de la lettre d'Yves Leterme au ministre de la Justice Jo Vandeurzen et de la lettre du président de la Cour de cassation que le cabinet du premier ministre a fait pression sur la justice, sans tenir compte de la séparation des pouvoirs, estime Euroshareholders. Il est d'ailleurs choquant qu'Yves Leterme ne le réalise pas, souligne l'association européenne. Euroshareholders considère que l'attitude d'Yves Leterme est la maladresse de trop dans le dossier Fortis. Le gouvernement Leterme avait déjà fait pression sur Fortis pour accepter la vente de BNP Paribas, avait négligé les actionnaires et mené une sratégie défensive plutôt que d'essayer de trouver un solution

23h05 L'arrêt Fortis serait entâché d'illégalité

Le président de la Chambre Herman Van Rompuy a reçu du ministre de la Justice Jo Vandeurzen une lettre accompagnée d'un rapport du procureur général près la Cour d'appel de Bruxelles qui prouve que l'arrêt Fortis est entâché d'illégalité, a-t-on appris. Il apparaît que l'annulation de l'arrêt peut être obtenue via un pourvoi en cassation.

23h40Les magistrats de la Cour d'appel auraient agi de leur plein gré selon un nouveau rapport du Procureur général. Cela pourrait annuler l'arrêt rendu par la Cour d'appel. Ce rapport ne remet nullement en cause les éventuelles pressions exercées par le gouvernement sur la justice dans ce dossier.

00h29 Le Conseil des ministres réuni au 16 rue de la Loi s'est terminé peu avant minuit. Les ministres ont dit avoir pris connaissance du rapport du procureur général près la Cour d'appel de Bruxelles selon lequel l'arrêt Fortis n'a pas été rendu conformément à la loi. Après la diffusion d'une lettre, en début d'après-midi, qui mettait au jour des pressions politiques auprès de la justice - courrier qui a fait l'effet d'une bombe dans toute la classe politique - , un nouveau rapport, mettant en cause cette fois la magistrature, était mis dans les mains des ministres en fin de journée. Un enchevêtrement de courriers et de témoignages qui n'ont fait, durant cette journée sous haute tension, qu'assombrir le dossier et confirmer le fait que, sur la forme en tout cas, rien n'est transparent.

Leterme sauvé in extremis?