Tout a commencé au festival rock de Dour, au cours duquel des tests sur la qualité de la drogue XTC ont été pratiqués. Il semblerait que le ministre fédéral de la Justice, Marc Verwilghen (VLD), n'a que modérément apprécié cette initiative financée par la ministre communautaire de la Santé et de l'Aide à la jeunesse, Nicole Maréchal (Ecolo). Il compte demander aux Parquets de s'opposer dorénavant à de telles pratiques.

Incitation

Répondant jeudi à une question d'actualité de Vincent Van Quickenborne (VLD) et Jürgen Ceder (Vlaams Blok), le ministre a précisé que son collègue de l'Intérieur Antoine Duquesne (MR) et lui-même n'étaient pas partisans de l'approche choisie par Nicole Maréchal, tout en reconnaissant qu'il s'agit de prévention et donc d'une matière de compétence communautaire. `S'il paraît intellectuellement séduisant d'informer le consommateur des risques qu'il encourt en usant de drogue impure, les conséquences néfastes d'une telle pratique doivent aussi être envisagées´, a ainsi estimé Marc Verwilghen. `Ainsi, cela mène à décerner un `label de qualité´ aux produits fournis par les revendeurs et revient aussi à offrir une garantie morale au consommateur´, a encore ajouté le ministre de la Justice. Et cela d'autant plus que le système de test en question ne présente pas la rigueur scientifique suffisante car il ne permet pas d'établir de quelle sorte de drogue synthétique il s'agit, a poursuivi le ministre.

Selon lui, la question peut même être posée de savoir si l'initiative de la ministre communautaire n'incite pas les gens à commencer de consommer de la drogue ou à en consommer plus, dès lors qu'ils ont le sentiment qu'aucun risque n'est lié à cette consommation. Au cabinet de Nicole Maréchal, on rejette catégoriquement ce type de raisonnement. `Donner un `label de qualité´ ne signifie pas pour autant donner une caution morale au produit. Par ailleurs, le `test´ s'inscrit dans le cadre d'une action plus large de prévention´.

La campagne de prévention contre les drogues synthétiques déconseille leur usage, en évoquant clairement ses conséquences négatives. `Mais, quand l'usage d'Ecstasy est effectif, il est indispensable de prévenir le consommateur du degré de dangerosité du produit. Il ne faut pas oublier que des jeunes sont morts pour avoir consommé des produits trafiqués´, souligne-t-on chez Nicole Maréchal.

Professionnels

Quant à la rigueur scientifique des tests, le cabinet de Nicole Maréchal souligne le professionnalisme de l'asbl `Modus vivendi´, spécialisée depuis de nombreuses années dans le `testing´. `L'équipe comporte des médecins et des médecins psychiatres et elle dispose d'une expertise qui lui permette d'identifier la molécule d'ecstasy. Par ailleurs, la plupart des autres composantes sont reconnaissables´.

© La Libre Belgique 2002