Peter Van Rompuy: déjà les deux pieds en politique

Dans la famille Van Rompuy, après Tine (LLB du 20/5), voici Peter, fils d’Herman et huitième sur la liste CD&V du Sénat. A 30 ans, Peter Van Rompuy affiche déjà un CV long comme le bras.

Pierre Gilissen
Peter Van Rompuy: déjà les deux pieds en politique
©st. LLB

Portrait

Dans la famille Van Rompuy, après Tine (LLB du 20/5), voici Peter, fils d’Herman et huitième sur la liste CD&V du Sénat. A 30 ans, Peter Van Rompuy affiche déjà un CV long comme le bras.

Il a commencé par des études de droit à la KU Leuven, dont 6 mois à Stellenbosch en Afrique du Sud - il a un goût affirmé pour les voyages lointains.

Son début de carrière semble le voir tourner le dos à la politique : un an dans la finance comme avocat (pas vraiment son truc), puis deux ans et demi comme "consultant en communication stratégique" dans une boîte de communication. Une fonction qui lui plaisait plutôt bien et, au fond, pas si éloignée que ça de la politique.

Le virus politique, le vrai, le prend en 2007 et ne le lâche plus : 10 mois comme assistant parlementaire - il bosse sur les entreprises publiques - puis une fonction de "speech writer" au cabinet De Crem. Et depuis la chute du gouvernement, le voilà à plein- temps (il y était déjà à mi-temps) au secrétariat international du CD&V. On s’y occupe de politique étrangère, des relations avec le PPE, CDH compris. On l’a dit, il aime les voyages et l’international. Alors qu’irait-il donc faire au Sénat ? "J’adore mon travail, mais en politique, ce sont les élections qui font la différence. Si on veut un jour pouvoir réaliser des choses, il faut en être."

Des idées, il en a comme celle, pour mettre fin à cette atmosphère de campagne permanente, de créer "des fenêtres de quelques mois durant lesquelles on organise toutes les élections, comme en France". D’une manière générale, il estime qu’il faudrait penser beaucoup plus au long terme en politique.

De toute façon, il voit sa 8e place comme une "place de combat" : "Si tout se passe vraiment de manière parfaite, je serai élu, mais pour moi, chaque voix va compter." Outre les voix qu’il récoltera en son nom propre ("J’ai été très actif aux jeunes CD&V et j’écris régulièrement des opinions dans "Knack"), il pourrait aussi bénéficier d’un effet Van Rompuy le 13 juin ("Je sais que j’aurai des voix qui visent mon père ou mon oncle").

Il est aussi bien placé pour savoir qu’avoir un arbre généalogique n’est pas toujours un avantage en politique. Fin 2008, il était bien engagé dans la course à la présidence des jeunes CD&V, il avait fait campagne, mais son père est alors devenu Premier ministre et il a dû faire machine arrière. "Jong-CD&V doit être indépendant du CD&V. Si le fils avait commencé à critiquer le père, il se serait posé d’office un problème de crédibilité." Entre-temps, la page est tournée et il se contente d’être président provincial (Brabant flamand) des jeunes.

Au fait, que pensent les jeunes du virage opéré par le parti après la rupture du cartel avec la N-VA ? "Personnellement, je ne parle pas de virage. Les jeunes, eux, sont très flamands ("Vlaamsgezind"), tous, il n’y a aucun doute là-dessus, et moi, je suis comme cela aussi. Mais ils sont aussi pragmatiques et ouverts au dialogue. Notre première préoccupation est d’obtenir des résultats."

Son pronostic de ce point de vue, pour l’après 13 juin ? Il ne se hasardera pas. Pas sûr que les points de vue des deux communautés se soient rapprochés mais "la grande leçon de 2007, c’est qu’il faudra que les négociateurs s’isolent pendant plusieurs semaines et coupent leur Blackberry" .

Peter Van Rompuy est déjà comme ça : mesuré dans ses déclarations, prudent avec les médias et jamais avare de considérations pratiques sur la politique. La marque d’un jeune homme politique qui a grandi dans le sérail et a été initié très tôt aux arcanes et aux ficelles ? "Non, tous les Jong-CD&V sont comme ça. Ils sont presque tous actifs dans l’un ou l’autre cabinet ministériel." Ainé des quatre enfants du "président de l’Europe", il est du reste le seul de la fratrie à faire de la politique.