Bart... Schiltz

La question, à trois jours du scrutin, n’est plus tant de savoir qui va gagner les élections en Flandre (le succès de la NVA semble assuré, reste à mesurer son ampleur) mais plutôt de savoir ce que le Napoléon des Flandres fera de son encombrante victoire...

Bart... Schiltz
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La question, à trois jours du scrutin, n’est plus tant de savoir qui va gagner les élections en Flandre (le succès de la NVA semble assuré, reste à mesurer son ampleur) mais plutôt de savoir ce que le Napoléon des Flandres fera de son encombrante victoire...

1. Si Bart de Wever recueille le succès annoncé (25 à 26 %), il est logique qu’il joue un rôle dans la formation du prochain gouvenement belge et dans la négociation de la prochaine réforme de l’Etat. Est-ce une hérésie de convier à la discussion sur l’avenir du pays un homme qui veut sa destruction ? Pas nécessairement. Isoler Bart de Wever, ignorer ce qu’il représente - l’expression d’un ras-le-bol par rapport aux blocages institutionnels - conduirait à humilier injustement la Flandre et les Flamands.

2. Bart De Wever est un séparatiste. Mais il sait très bien qu’il ne trouvera jamais d’alliés au Sud du pays, ni même au Nord, pour imposer ce destin. Il faut donc faire de l’entrisme, c’est-à-dire faire de Bart De Wever un nouvel Hugo Schiltz, le leader historique de la Volksunie, celui qui a négocié plusieurs réformes de l’Etat. Les fédéralistes doivent réussir à intégrer Bart De Wever dans une négociation qui conserve la Belgique comme cadre. C’est son intérêt : s’il reste au balcon, il n’obtiendra rien. C’est notre intérêt : si on l’isole, on le renforce.

3. Il n’y a pas d’autre choix. Dans un pays aussi complexe que la Belgique, la majorité ne peut imposer sa loi à la minorité. Mais la minorité ne peut pas, non plus, bloquer la volonté de la majorité. La difficulté sera de trouver, ensemble, de nouveaux points d’équilibre.