Le MR est en chute libre

Appelons un chat un chat, une défaite une défaite, et ici, une dérouillée une dérouillée… Le Mouvement réformateur accuse un net recul par rapport aux élections législatives de 2007 et devrait compter, selon les projections, cinq députés de moins à la Chambre des représentants que lors de la législature échue. Retrouvez 46 pages spéciales élections dans La Libre de ce lundiLouis Michel: pas encore débarrassé de Maingain, ni du MR BHV: le MR perd des plumes, mais reste premier

Le MR est en chute libre
©BELGA
M.Bu.

Appelons un chat un chat, une défaite une défaite, et ici, une dérouillée une dérouillée… Le Mouvement réformateur accuse un net recul par rapport aux élections législatives de 2007 et devrait compter, selon les projections, cinq députés de moins à la Chambre des représentants que lors de la législature échue (soit 23-5=18 députés). “Il faut reconnaître que notre parti est en vrai recul, a d’ailleurs sportivement annoncé le président du MR dimanche en début de soirée. Nous félicitons le Parti socialiste.” Voilà les libéraux francophones tournant autour de la barre des 22,5 % en Wallonie (contre 31,2 % en 2007)...

Exit donc l’euphorie de juin 2007 – “nous avons fait bouger le centre de gravité politique francophone” –, l’humeur bleue est à l’humilité face à un PS requinqué et redevenu champion en titre des quatre grandes formations politiques francophones. Le MR retrouve donc sa place sur la deuxième marche du podium, un recul qui avait déjà été annoncé par la défaite régionale de 2009.

Même l’éclaircie attendue dans le ciel grisâtre des bleus à Bruxelles n’est pas venue. Les libéraux se maintiennent de justesse comme première formation politique francophone en Région bruxelloise. Mais ils accusent, ici aussi, un net recul (soit – 4,9% % par rapport à 2007). L’effet Maingain n’aurait donc joué qu’à moitié… La liste MR à Bruxelles avait en effet une forte connotation amarante puisque c’est le président du FDF qui la conduisait et que les trois bourgmestres non nommés de la périphérie bruxelloise y figuraient en bonne place. Selon Olivier Maingain, c’est la présence du FDF sur la liste qui permet aux libéraux de rester première formation politique bruxelloise devant le Parti socialiste…

Sur le plan interne, au Mouvement réformateur, la défaite de ce dimanche augure-t-elle d’une nuit des longs couteaux ? Le Bruxellois François-Xavier de Donnea a donné la première charge dès dimanche soir en indiquant qu’“on ne [pourrait] pas faire l’économie d’une explication virile au sein du parti, notamment sur la manière dont les listes ont été conçues”… Interrogé à la RTBF, le président du MR Didier Reynders a martelé qu’il n’avait aucunement l’intention de quitter le navire dans les jours qui viennent : “Je serai à la barre pour les négociations auxquelles on va inviter le MR dans les prochains jours”, a-t-il dit. Rappel : un accord intervenu après les querelles entre le groupe “Renaissance” et les fidèles de Didier Reynders prévoyait l’organisation d’élections internes au parti après le scrutin législatif, mais l’interprétation donnée aujourd’hui à cet accord est loin d’être unanime.

Suite à ces piètres résultats susceptibles de mener les libéraux francophones sur les bancs de l’opposition, la flamme de la contestation pourrait être ranimée au MR.

© La Libre Belgique 2010


Le MR analyse les résultats alors que la présidence "n'est pas à l'ordre du jour" Le bureau élargi du MR s'est réuni lundi matin au lendemain de la défaite électorale enregistrée par le parti lors des élections fédérales. Il n'y a cependant pas eu d'attaque en règle contre le président du parti, Didier Reynders. Tout le monde soulignait en arrivant et en quittant le siège du parti que l'heure était à l'analyse du résultat. "Ce n'est pas le moment de se diviser", a lancé Didier Gosuin (FDF). Pressé de question sur la présidence du parti, il a ajouté que "la question n'est pas là et le MR n'est pas le nombril du monde". C'est sans doute Gérard Deprez qui s'est montré le plus précis sur l'avenir. Pour lui, il faut analyser les résultats et puis respecter ce qui avait été prévu. "Didier Reynders lui-même a annoncé qu'après les élections il n'y aurait plus de cumul entre les fonctions de président et de ministre et qu'on organiserait des élections à la présidence. Le moment est venu d'élaborer un calendrier pour respecter ce qui avait été convenu", a-t-il commenté en arrivant Avenue de la Toison d'or. Pour le reste, tout le monde rappelait que les vainqueurs étaient la N-VA au nord du pays et le PS au sud du pays. Le MR a enregistré une défaite et l'initiative ne lui appartient pas, martelait chacun. Interrogé lui aussi sur la présidence du parti, Louis Michel, assez énervé, s'est contenté de lancer "la question de la présidence n'est pas à l'ordre du jour".

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