Les jeunes Flamands pas séparatistes

Le Centrum voor Politicologie de la KU Leuven a réalisé un sondage qui tombe à pic. Réalisé auprès de 3 033 jeunes de toutes les Régions et Communautés du pays, l’équipe du Pr Hooghe a voulu les jauger sur l’avenir qu’ils souhaitent pour la Belgique. Dans le contexte actuel, ses résultats devraient faire réfléchir les dirigeants politiques.

placeholder
© Plumerel
Christian Laporte

Le Centrum voor Politicologie de la KU Leuven a réalisé un sondage qui tombe à pic. Réalisé auprès de 3 033 jeunes de toutes les Régions et Communautés du pays, l’équipe du Pr Hooghe a voulu les jauger sur l’avenir qu’ils souhaitent pour la Belgique. Dans le contexte actuel, ses résultats devraient faire réfléchir les dirigeants politiques.

Constat incontestable : les jeunes de 21 ans ne sont pas plus séparatistes en Flandre qu’en Belgique francophone : à peine 8,5 % des jeunes Belges sont pour la scission et ils se répartissent bien puisque 8,8 % des néerlandophones le demandent pour 8 % des francophones. En fait, ce sont quatre scénarios que les jeunes se sont vu soumettre : si l’option "splitsing" est largement rejetée, 43,1 % toutes Communautés confondues veulent plus d’autonomie pour les Etats fédérés. Mais ici, ils sont 52,1 % de Flamands à le demander pour 27,1 % des francophones. En même temps, près de 15 % de Belges plaident pour un statu quo.

Enfin, un tiers des Belges de 21 ans opteraient pour un retour en arrière. Là aussi, il y a un fossé entre Flamands et francophones : le retour à l’unitarisme ne satisferait que 23,6 % des Nordistes pour 50,9 % des francophones !

Marc Hooghe et son équipe ont enfin voulu savoir si les choix partisans se recoupaient avec leurs programmes sur l’avenir du pays. Du côté flamand, on n’en est pas loin d’une similitude puisque 35 % se rallient à la N-VA, ce qui correspond aussi à notre dernier Baromètre politique. Ce sont surtout les électeurs du Belang qui sont le plus acquis à une scission du pays, mais dans les rangs des N-VA, ils ne sont que 14 % à le souhaiter.

Inversement, les électeurs de Groen ! et de la SP.A sont pour moitié partisans du statu quo voire d’un retour à la Belgique unitaire. Du côté francophone, il y a par contre une quasi-unanimité contre une division de la Belgique. Les chercheurs de Louvain ont également interrogé les jeunes sur les raisons de leurs choix électoraux. Force est de constater que la réforme de l’Etat (20,1 %) n’arrive qu’en huitième position de leurs priorités. Loin derrière la sécurité sociale (45 %), l’environnement (35,4 %), le chômage (32,2 %), la criminalité et la justice (31,9 %) et les impôts (31,7 %).

Si la crise économique et la sécurité sociale restent des priorités pour l’ensemble des jeunes Belges, l’on ne peut négliger le fait que les jeunes Flamands n’en demandent pas moins plus d’autonomie.

Il est vrai que c’était déjà la leçon des élections de juin 2010

Sur le même sujet