"Il carburait à la cocaïne"

Parfois les experts, même les meilleurs, pètent les plombs… Loi de financement et BHV judiciaire provoquent de très vives tensions. Découvrez le 3e épisode de notre série "La longue marche vers le 16", en collaboration avec DeMorgen.

VdW et M.Co.
"Il carburait à la cocaïne"
©BELGA

Revenons un instant sur la fin des négociations institutionnelles. Car de lourds dossiers devaient encore être réglés : le volet judiciaire de BHV, la modification de la loi spéciale de financement (LSF) et les transferts de compétences.

La négociation sur la loi de financement, même si elle fut moins spectaculaire, moins symbolique a aussi donné lieu à d’interminables réunions, à des discussions épiques, à des colères homériques. La discussion était tout sauf simple car elle était extrêmement technique. Lorsque l’accord sur la LSF a finalement été bouclé, les négociateurs étaient tous réunis et relisaient, en silence, les textes. Une difficulté de dernière minute était survenue car les Flamands s’étaient rendu compte que le refinancement de Bruxelles, tel qu’ils l’avaient accepté, suivait une courbe exponentielle. Un groupe de travail spécifique sur Bruxelles avait donc été mis sur pied. Les experts s’étaient rassemblés dans une partie des salons de la présidence : ils étaient seulement séparés des négociateurs par une lourde tenture. L’aube commençait à poindre. Quand tout à coup, un expert de l’Open VLD s’est mis à hurler, à hurler Il criait tellement fort qu’Elio Di Rupo s’est levé, a ouvert les tentures pour voir ce qui se passait là-bas. L’homme en question continuait à vociférer, expliquant que le refinancement de Bruxelles était totalement inacceptable pour les Flamands. Il était rouge de colère, hors de lui. Avec le recul, certains se demandent même s’il n’avait pas abusé de certaines substances illicites. D’autres vont plus loin : " Il était chargé à la cocaïne " Elio Di Rupo l’a donc fait taire. Et Alexander De Croo a été chargé d’aplanir le différend. L’homme s’est calmé. Un homme brillant, dit-on aujourd’hui, un as des chiffres. Mais un excité Finalement, l’accord sur la loi spéciale de financement a été acquis. De souvenir de négociateurs, ce fut le moment le plus fort, le plus émouvant aussi. On s’est embrassé

Lors de la discussion sur les transferts de compétences, il y eut aussi quelques tensions. La création de tribunaux administratifs fut décidée dont le contentieux serait traité en chambre bilingue du conseil d’Etat. Un principe semblable à celui qui avait été négocié pour les recours dans les six communes contre les décisions du collège : les contestations sont connues par les chambres bilingues.

Découvrez le 3e épisode de notre série "La longue marche vers le 16", en collaboration avec DeMorgen, dans La Libre du jour.