Édito: Beau défi

Qui connaissait, au Sud du pays - et même au Nord d’ailleurs -, Monica De Coninck, la nouvelle ministre fédérale de l’Emploi ?

Francis Van de Woestyne
Édito: Beau défi
©Christophe Bortels

Qui connaissait, au Sud du pays - et même au Nord d’ailleurs -, Monica De Coninck, la nouvelle ministre fédérale de l’Emploi ?

De la rigueur, de la créativité, de la flexibilité, mais aussi une certaine forme de sévérité : telle a été, pendant dix ans, sa ligne de conduite à la tête du CPAS d’Anvers. Avec le succès que l’on sait : une réduction du nombre de minimexés de 13000 à 4 000 en quelques années, avant il est vrai une forte remontée due à l’arrivée de nouveaux sans-papiers.

La réflexion de Mme De Coninck n’est pas celle que l’on retrouve dans certains milieux syndicaux, que la perspective d’une trop forte activation des chômeurs effraye.

La nouvelle ministre de l’Emploi part d’un constat simple : le travail est une valeur en soi. C’est grâce à l’activité professionnelle qu’un chômeur peut retrouver une réelle utilité et donc une certaine dignité. Pour elle, les services sociaux ne doivent pas se contenter de distribuer de l’argent aux chômeurs. Ils doivent surtout les accompagner dans la recherche d’un emploi. Et tout chômeur réticent - soit parce qu’il ne veut pas travailler, soit parce qu’il travaille au noir - doit être sanctionné.

Sans doute croyez-vous qu’elle est libérale ? Raté. Socialiste flamande ! Et aux chômeurs qui se cacheraient derrière la crise ou la pénurie pour refuser un travail, elle clame : il y a du travail pour tout le monde, les jeunes, les vieux et les inadaptés sociaux. Restera évidemment à le démontrer. Le pari est lancé.