La course de fond de la N-VA

Il marchait fort bien. Maintenant, il court ! Le parti de Bart De Wever progresse même d’1,6 point par rapport à notre baromètre de février, lors duquel il avait connu un tassement momentané.

Johanne Montay
La course de fond de la N-VA

Il marchait fort bien. Maintenant, il court ! Le parti de Bart De Wever progresse même d’1,6 point par rapport à notre baromètre de février, lors duquel il avait connu un tassement momentané. La N-VA ? Les sondés flamands ne s’en lassent pas. Ils en redemandent. Un parti qui leur parle de plus en plus, sans qu’ils se sentent pour le moins du monde séparatistes. Au contraire. En Flandre, N-VA is cool encore, toujours, steeds et plus que jamais. La N-VA n’a jamais dû mouiller sa chemise au gouvernement fédéral. Elle promet depuis des années une politique économique, fiscale et d’immigration plus efficace. Elle ne l’a jamais prouvée ; n’a pas pu mettre en œuvre la réforme de l’Etat, ni scinder BHV. Peu importe : cela doit être la faute des autres... Voilà le raisonnement d’absolution qui motive l’électeur potentiel.

Le gouvernement Di Rupo ne passe toujours pas en Flandre. Plus de cinq mois après sa prestation de serment, l’équipe ne provoque pas de papillons dans le ventre de l’électeur flamand. Celui-ci continue à sanctionner les partis au pouvoir au fédéral. Comme si butiner en compagnie de Di Rupo, c’était déjà se compromettre.

Paradoxe : plus Elio Di Rupo dira qu’il faut tout faire pour soutenir les partis flamands de ce gouvernement pour les aider à remporter les prochaines élections face à la N-VA, moins l’électeur flamand récompensera ces partis. Le SP.A n’échappe pas à la punition. Il subit moins de dégâts collatéraux que le CD&V et l’Open VLD. Mais aucun des trois partis flamands ne s’en sort indemne. Petite consolation en puissance : l’Open VLD, le CD&V et le SP.A bénéficient d’un stock consistant d’indécis. C’est principalement vers eux que jetteraient leur dévolu les sondés flamands non encore décidés. Dans la même logique "pas de participation, pas de sanction" : Groen ! et le Vlaams Belang feraient un score sensiblement identique à celui des législatives de 2010, soit respectivement 7 et 12 %. Par ailleurs, et toujours en Flandre, l’extrême gauche sortirait par contre légèrement renforcée.

Plus la N-VA monte, plus le PS recule. A Bruxelles et en Wallonie, les sondés du baromètre font chuter le score du Parti socialiste. En baisse par rapport à notre dernier baromètre de février, le PS perdrait encore davantage comparativement aux législatives de 2010 : 4 points de moins dans les 19 communes et une chute de plus de 6 points en Wallonie. La désaffection continue. Etre à la manœuvre dans tous les niveaux de pouvoir (fédéral et régional) n’est pas payant, loin de là. Politique de crise et d’austérité ne réchauffent pas le cœur de l’électorat de gauche. A droite, on continue à vivre les conséquences d’un divorce : mais puisque c’est désormais chacun pour soi, le FDF en profiterait à Bruxelles pour s’accaparer 11,6 % d’électeurs potentiels. Olivier Maingain devrait avoir un sourire en lisant ces lignes. Charles Michel, sans doute beaucoup moins, puisque le MR privé de son aile amarante perd des plumes en Wallonie comme à Bruxelles, par rapport aux dernières législatives. Le CDH serait au même niveau en Wallonie, mais en chute à Bruxelles. A Ecolo, c’est l’inverse : en petite hausse à Bruxelles, il baisse légèrement en Wallonie.

Le Mélanchon belge, Bernard Wesphael, candidat malheureux à l’élection présidentielle, ne représenterait qu’1,7 % en Wallonie et serait insignifiant à Bruxelles. Mais mise bout à bout, l’extrême gauche wallonne bonifie, dans ce baromètre : le PTB+ et le MGDC fondé par l’ancien Ecolo obtiendraient à l’addition 5 %. Revers de la médaille : l’extrême droite francophone, pourtant interdite d’utilisation du sigle FN, est en hausse en Wallonie et à Bruxelles, tout comme le Vlaams Belang dans les 19 communes bruxelloises. Ce n’est pas la Grèce, mais il y a de la tendance aux extrêmes dans l’air.