Di Rupo et De Wever écrasent leurs rivaux

Les suites de notre baromètre "La Libre/Dedicated" confirment les ascendants personnels du Premier ministre même en Flandre, où il retrouve la deuxième place, et du leader de la N-VA au Nord.

C.Le
Di Rupo et De Wever écrasent leurs rivaux
©Montage photonews/belga

Remarquablement stable en Wallonie, la popularité du Premier ministre fédéral perd quelques plumes à Bruxelles. Pas encore de quoi s’affoler, car Elio Di Rupo garde quinze points d’avance sur Charles Picqué qui reprend en fait ceux qu’il avait dû céder au cours de nos précédentes consultations.

Les dernières déclarations plus fermes sur la nécessité de réussir la réforme de l’Etat à Bruxelles, confirmées lors de la fête de l’Iris, ont sans doute remis en selle le "grand Charles" qui a rassuré les Bruxellois sur le fait qu’il ne se retirait pas encore sur ses terres saint-gilloises voire hennuyères. Autre légère progression au sommet : celle de Joëlle Milquet qui a pu rassurer les Bruxellois sur leur sécurité depuis qu’elle est au ministère de l’Intérieur. Elle bat d’une courte poitrine Laurette Onkelinx qui revient à son niveau du Baromètre de novembre 2011.

Puis l’on retrouve encore et toujours Guy Verhofstadt dont les déclarations anti-sarkoziennes n’ont visiblement pas choqué les Bruxellois. Il subsiste donc bien un lien fort entre l’ancien Premier ministre plus que jamais immergé dans la vie européenne et les électeurs de la région centrale.

Juste derrière lui, Didier Reynders sauve l’honneur du MR, mais il faudra attendre le prochain Baromètre pour savoir si son récent dérapage sur "Molenbeek, à l’étranger" engendrera un rejet chez certains libéraux humanistes ou au contraire un regain d’intérêt auprès d’électeurs plus conservateurs.

Plus surprenant est le maintien de Jean-Michel Javaux à la septième place alors qu’il a quitté l’avant-scène publique. Avec 20 %, il a toujours 7 % de plus que l’actuel co-président bruxellois d’Ecolo Olivier Deleuze, qui gagne il est vrai des points de consultation en consultation. Olivier Maingain ne doit pas se faire de souci non plus. Le président du FDF engrange aussi toujours un peu plus de sympathie alors que, du côté des intentions de vote, son parti semble se stabiliser car il est trop tôt pour dire qu’il a déjà atteint son maximum à quelques encablures des communales.

A la neuvième place, un autre "Européen" continue à avoir un large appui de l’opinion bruxelloise. Le président du Conseil Herman Van Rompuy est visiblement apprécié pour son approche réaliste des évolutions européennes.

Parmi les glissements un peu plus marquants, on notera que Rudy Demotte perd 3 % par rapport à février dernier, étant aussi, il est vrai, un peu moins sous les projecteurs de l’actualité. On épinglera enfin le double recul des Michel, père et fils. Louis perd 8 % et Charles 4 %. C’est beaucoup pour une dynastie politique qui entend jouer un grand rôle au sein du MR !

De Wever reste inaccessible

Depuis quelques trimestres, les trois régions du pays ont un point commun : il y a un homme politique qui trône invariablement en tête du classement et puis, loin derrière, il y a tous les autres.

En Flandre, cela fait maintenant un peu plus de 2 ans (depuis mars 2010) que Bart De Wever domine le paysage. A l’époque, il était encore au coude-à- coude avec Yves Leterme et Kris Peeters mais, dès l’édition suivante (juin 2010), son score s’était envolé, signe prémonitoire de la victoire historique de la N-VA aux élections fédérales quelques jours plus tard.

Si sa popularité reprend peu à peu des proportions plus normales (44 % aujourd’hui contre 58 à son apogée, à l’automne 2010), sa domination reste tout aussi écrasante, tant les scores de ses poursuivants se sont tassés. En 2e et 3e positions, c’est en effet à respectivement 24 et 22 % que l’on retrouve Elio Di Rupo et Kris Peeters : deux chefs de gouvernement, loin, si loin du leader incontesté de l’opposition flamande (au fédéral du moins). Mais, alors qu’un Guy Verhofstadt a pu longtemps surclasser tout le monde à Bruxelles, il faut rappeler qu’il n’est pas si banal que cela de voir un francophone occuper la seconde place du classement en Flandre. Jusqu’en 2009 inclus, les politiques du Sud y peinaient à dépasser les 10 %.

Dans l’ensemble, peu de changements dans ce classement. On notera le recul parfois marqué des "internationaux" de la politique belge : -5 % pour Herman Van Rompuy, à 17 % (c’est le recul le plus spectaculaire du classement) et -3 % pour Guy Verhofstadt (11 %). Yves Leterme fait exception à la règle en gagnant une unité, à 19 %. Parmi les anciens, J.-L. Dehaene aurait probablement du mal à se faire réélire : il ne séduit plus que 3 % des Flamands.

Côté valeurs en hausse, on notera la joyeuse entrée de Maggie De Block (Open VLD) dans le Top 10. La fermeté de la secrétaire d’Etat à l’Asile fait visiblement mouche en Flandre. Les libéraux, pourtant bien mal en point, classent bizarrement pas moins de 5 de leurs représentants parmi les 20 premiers. Dans un autre registre, le président du SP.A, Bruno Tobback, égale déjà, avec 18 %, le meilleur score jamais réalisé (fin 2008) par celle qui l’a précédé à ce poste, Caroline Gennez. Il est désormais plus populaire qu’Alexander De Croo, qui confirme sa méforme de février à 16 %, et que Wouter Beke, qui stagne à 15 %. Par contre, Bruno Tobback n’est pas encore le numero uno socialiste : cet honneur revient à Johan Vande Lanotte.

Enfin, au Vlaams Belang, plus personne n’atteint le Top 30, tandis que le président des verts, Wouter Van Besien, se classe 23e avec 7 %.