Intégration: Giet ne veut pas lancer un débat à partir de petites phrases

Tout le monde réagit aux propos de reynders. Rudi Vervoort aussi. Sur le fond, il a reproché "à la droite" de porter systématiquement le problème sur le terrain communautaire et non socio-économique.

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Intégration: Giet ne veut pas lancer un débat à partir de petites phrases
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Le président du PS, Thierry Giet, ne souhaite pas se lancer dans un débat sur l'intégration des personnes d'origine étrangère à partir de petites phrases, a-t-il expliqué jeudi après les déclarations du vice-premier ministre MR, Didier Reynders.

Mercredi, M. Reynders a appelé à l'ouverture d'un tel débat, en précisant que, selon lui, la politique d'intégration à Bruxelles et particulièrement à Molenbeek, commune de Philippe Moureaux, était un échec.

"Quel dommage d'appréhender le problème de l'intégration à travers des petites phrases agressives, assassines (...) Faire des débats à partir de petites phrases, ça ne m'intéresse pas du tout. L'important, c'est de continuer à dialoguer et à mener des actions sur le terrain", a-t-il déclaré sur Bel-RTL. Sur les ondes de la Première, ce sont les député bruxellois Alain Destexhe (MR) et Rudi Vervoort, également président de la fédération bruxelloise du PS, qui ont croisé le fer sur le sujet.

Le second voit dans la sortie de M. Reynders l'expression d'un problème interne au MR, en manque d'une figure de proue dans la capitale.

"Il abat clairement ses cartes et vise le leadership d'un MR toujours orphelin de Daniel Ducarme et Jacques Simonet", a-t-il affirmé.

Sur le fond, il a reproché "à la droite" de porter systématiquement le problème sur le terrain communautaire et non socio-économique.

M. Destexhe accuse quant à lui "le front de gauche" de refuser de parler de ces questions. Evoquant le taux de chômage considérable dans certains quartiers de la capitale, il a rappelé au PS qu'il participait à la gestion de la Région bruxelloise depuis plus de 20 ans et dénonce un "échec complet" sur ce plan où l'occupationnel a été trop mis en avant.

Le député s'est une nouvelle fois alarmé de la montée du communautarisme dans certains quartiers, associée parfois à un regain d'antisémitisme et d'homophobie.

"Tout ça sur un fond de chômage effrayant. On peut vraiment dire que l'on a un problème majeur", a-t-il ajouté.

Le président des socialistes bruxellois s'est par ailleurs étonné de la façon dont on ciblait toujours certains quartiers défavorisés en oubliant une forme de communautarisme bien réel dans les coins cossus de Bruxelles.

"On rencontre aussi dans certains quartiers des anglophones qui vivent à Bruxelles depuis 20 ans et ne parlent toujours pas un mot de français. C'est un échec mais là-dessus, j'espère que Didier Reynders pourra travailler à Uccle".