Édito : Calimero

Patrick Janssens, le bourgmestre socialiste d’Anvers, demande aux francophones de l’aider.

Édito : Calimero
©AFP
Francis Van de Woestyne

Patrick Janssens, le bourgmestre socialiste d’Anvers, demande aux francophones de l’aider. Arrêtez, dit-il, de critiquer Bart De Wever. Car plus les francophones tapent sur lui, plus cela le renforce. 1. Le nationalisme n’engendre que des sentiments négatifs : repli sur soi, exclusion, étroitesse des cœurs, des regards, des esprits. Pourtant, il y a maintenant, en Flandre, un réflexe spontané de protection à l’égard de Bart De Wever quand les critiques qui s’abattent sur lui viennent des francophones. Reconnaissons que l’inverse fut vrai : il y a une vingtaine d’années, plus la presse flamande cognait sur José Happart, et plus la popularité du leader fouronnais s’envolait. Les Calimero ont toujours eu la cote.

2. Si Bart De Wever est devenu ce qu’il est, en Flandre, ce n’est pas parce que les francophones le critiquent. Ce n’est pas non plus parce son discours est pertinent. Si Bart De Wever est ce qu’il est, une véritable diva, c’est surtout parce qu’aucun homme politique d’envergure - où sont-ils les héritiers des Verhofstadt, Dehaene, Van Miert ? - ne peut lui opposer un discours fort, cohérent, capable de démonter un à un ses arguments fallacieux. Au lieu de le critiquer, on l’imite, on le singe.

3. Le patronat flamand n’a d’yeux que pour lui parce qu’il tient un discours "libéral", doux aux oreilles des entrepreneurs. Mais ce discours n’est jamais isolé, il est toujours accompagné de diatribes anti-francophones, anti-belges, anti-europénnes. Car avant d’être libéral, De Wever est populiste, nationaliste et séparatiste. Pourquoi, en Flandre, masque-t-on toujours cette réalité-là ?


Sur le même sujet