Elections 2012: toutes les réactions

Le bourgmestre sortant d'Anvers, le socialiste Patrick Janssens, a reconnu dimanche en début de soirée sa défaite politique face à son adversaire, le président de la N-VA Bart De Wever."Nous avons perdu les élections", a reconnu M. Janssens devant la presse.

Elections 2012: toutes les réactions
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Le bourgmestre sortant d'Anvers, le socialiste Patrick Janssens, a reconnu dimanche en début de soirée sa défaite politique face à son adversaire, le président de la N-VA Bart De Wever. "Nous avons perdu les élections", a reconnu M. Janssens devant la presse. "L'initiative est à présent à Bart De Wever", a-t-il ajouté, sur base de résultats encore partiels donnant la N-VA nettement en tête.

A la tête de la ville portuaire depuis une décennie, Patrick Janssens s'est dit déçu: "Je ne m'attendais pas à de tels résultats. J'avais reçu des signaux plus positifs durant la campagne, mais il faut les accepter...".

Sur base des résultats de la moitié des bureaux dépouillés (182 bureaux sur 361), la ville d'Anvers ne devrait en effet plus échapper à Bart De Wever, qui réalise 37,5% des voix, loin devant le cartel sp.a-CD&V de M. Janssens, donné à 28,7%.

Cette défaite de M. Janssens signera vraisemblablement son retrait de la scène politique anversoise. Au cours de la campagne, il avait en effet assuré qu'il ne deviendrait jamais échevin sous le maïorat de Bart De Wever. Victorieux du duel le plus suivi du pays, Bart De Wever terrasse aussi à cette occasion le Vlaams Belang qui tombe à 10% à peine, lui qui avait réalisé 33% il y a six ans.

Le Parti des Travailleurs de Belgique opère pour sa part une véritable percée, en enlevant la 4e place provisoire (8,3%), au coude-à-coude avec Groen (8,2) qui double son score.

Douloureuse pour les socialistes, la soirée l'est aussi pour la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom, qui avait spécialement emménagé à Anvers pour tenter d'y relancer l'Open Vld. Celle-ci manque totalement son pari, sa liste ne réalisant que 5,3% à peine.

Olivier Maingain: la percée de la N-VA, "dramatique mais prévisible"

Le président des FDF, Olivier Maingain, a réagi à chaud dimanche soir sur RTL-TVI à l'annonce d'une percée de la N-VA dans les premiers résultats partiels des élections communales. "C'est dramatique mais c'était prévisible. Il s'agit de la conséquence logique des accords institutionnels", a-t-il commenté. Selon Olivier Maingain, on observe un transfert de voix du Vlaams Belang mais aussi du CD&V et de l'Open Vld vers la N-VA.

"Il s'agit d'un transfert de voix des nationalistes et fascistes du Vlaams Belang, des nationalistes confédéralistes du CD&V et aussi de l'Open Vld d'Alexander De Croo, qui avait effectué un mauvais choix sur BHV. Si tout cela se confirme, c'est un grave échec pour (le Premier ministre) Elio Di Rupo", a indiqué le président des FDF, par ailleurs heureux de ce qu'à Schaerbeek, la liste du bourgmestre Bernard Clerfayt pourrait l'emporter, selon un sondage réalisé à la sortie des urnes.

Charles Michel : Le gouvernement fédéral doit continuer à assumer ses responsabilités

Le président du MR, Charles Michel, a estimé dimanche que sa formation réalisait d'"assez excellents scores" aux élections communes en Wallonie, confirmant une trentaine de majorités absolues, notamment dans le Brabant wallon. Face à la victoire de la N-VA en Flandre, Charles Michel dit attendre de voir quelles en seront les éventuelles conséquences. Mais il faut que le gouvernement fédéral continue à travailler, a-t-il dit.

"J'ai toujours plaidé pour que le gouvernement fédéral continue à assumer ses responsabilités conformément aux engagements pris", a-t-il dit, évoquant la nécessité d'adopter le budget et de décider de mesures de relance de l'économie.

Picqué dresse un bilan positif du déroulement du vote à Bruxelles

Charles Picqué (PS), le ministre-président de la région de Bruxelles-Capitale qui organisait les élections communales pour la seconde fois depuis 2006, a dressé, dimanche, un bilan positif du déroulement du vote.

"Globalement, tout s'est bien passé et les files ont été rares, se réjouit Charles Picqué. Il n'y a pas eu d'incident grave en terme d'organisation. Les principales difficultés rencontrées et attendues étaient liées à l'apprentissage de l'utilisation du nouveau système." Un tiers des appels au helpdesk concernaient d'ailleurs des questions juridiques.

Les communes de Saint-Gilles et de Woluwe-Saint-Pierre ont testé le nouveau système de vote électronique qui passe par un écran tactile. Charles Picqué relève que les électeurs à la sortie des urnes semblaient satisfaits de ce nouveau mode de vote électronique. Une analyse approfondie de cette première expérience bruxelloise sera faite en concertation avec le fédéral. La vétusté du parc d'ordinateurs implique qu'ils ne pourront plus être utilisés pour le scrutin de 2018.

La région bruxelloise comptait 613.873 électeurs inscrits en 2012, soit 21.851 de plus qu'en 2006. Parmi les électeurs, 22.903 votaient pour la première fois. Il y avait 25.150 ressortissants de l'UE et 8.022 hors UE pour 579.701 belges. Pour l'incident de Molenbeek, Charles Picqué précise que l'assesseur a donné des explications de vote en arabe à une femme qui ne parlait ni français, ni néerlandais, sous l'assentiment de son président de bureau.

Benoît Lutgen: Bart De Wever va devoir à présent "sortir de sa posture politique"

Le président du cdH, Benoît Lutgen, qui s'est félicité dimanche de l'excellent score obtenu à Bastogne (la majorité absolue) et plus généralement par sa formation dans une série de villes moyennes, a rappelé, en commentant la victoire N-VA, qu'il s'agissait dimanche "d'abord d'un vote local".

Bart De Wever "ne vas pas dicter sa loi" au fédéral, a-t-il souligné. Le gouvernement fédéral doit poursuivre son travail et assurer la stabilité, a-t-il dit. Et si Bart De Wever devait devenir bourgmestre d'Anvers, il serait "contraint de mettre les mains dans le cambouis et sortir de sa posture politique", a commenté M. Lutgen.

Johan Vande Lanotte: "Ce sont des élections mitigées"

"Ce sont des élections mitigées, l'électeur a voté pour une part localement et pour une part d'un point de vue national", a déclaré dimanche le vice-Premier ministre sp.a Johan Vande Lanotte en réaction aux résultats provisoires des élections.

Dans sa commune, Ostende, M. Vande Lanotte a reçu un coup de semonce, mais la majorité devrait tenir le coup. A Ostende, le sp.a du bourgmestre Jean Vandecasteele reste le premier parti, avec 33% des votes après dépouillement de la moitié des bureaux. Il y a six ans, les socialistes avaient fait 45%.

La N-VA devient le deuxième parti, avec plus de 22%, soit dix sièges. L'Open Vld de Bart Tommelein perdrait un siège et en conserverait cinq. Le CD&V obtient trois sièges.

Groen, emmené par le député fédéral Wouter De Vriendt, gagne trois sièges et aurait donc quatre conseillers communaux. Le Vlaams Belang serait en forte perte. La majorité, composée du sp.a, du CD&V et de l'open Vld, disposerait actuellement de 24 des 41 sièges.

Lutgen: les électeurs ont déjoué les sondages, se réjouit le président du cdH

Le président du cdH, Benoît Lutgen, s'est réjoui dimanche des résultats de son parti aux élections. "Les sondages nous avaient prédit le pire mais les électeurs nous ont donné le meilleur", a-t-il déclaré à Bastogne, commune dans laquelle il a récolté plus de 60 pc des voix. M. Lutgen a cité quelques uns des résultats de son parti dont il se montre fier: Liège, Durbuy, Dour, etc. Il a réservé une attention particulière à Namur où le bourgmestre sortant, Maxime Prévot, a porté les centristes à la première place, supplantant les socialistes. "A Namur, le centre a dépassé et la gauche et la droite", s'est-il exclamé. "Le cdH est en forme et ça ne fait que commencer", a-t-il ajouté. M. Lutgen a toutefois émis un regret: la victoire de la N-VA à Anvers et sa progression en Flandre.

Le cdH sera "au rendez-vous" au gouvernement fédéral pour offrir des solutions à la population, a-t-il averti. M. Lutgen a aussi évoqué la nécessité d'un "projet fort" pour les francophones et les germanophones dans une "Belgique nouvelle".

Prenant acte du résultat N-VA, Giet se réjouit de la bonne tenue du PS au scrutin local

Le président du PS, Thierry Giet, s'est félicité dimanche de ce que "le parti socialiste reste le premier parti dans une commune sur deux en Wallonie et à Bruxelles" après un scrutin dont l'unique enjeu, a-t-il précisé, était communal. A cette occasion, le vainqueur du scrutin en Flandre, la N-VA, dont M. Giet a dit "acter" le résultat, devra "montrer sa capacité à gérer sur le plan local", a-t-il dit. "Les socialistes poursuivront leur travail" forts du résultat obtenu dimanche, a dit M. Giet alors que les observateurs s'interrogent sur les conséquences que pourrait avoir le résultat des élections en Flandre sur l'avenir du gouvernement fédéral.

Il s'agissait dimanche pour les concitoyens d'élire leurs bourgmestres et conseillers communaux, en Flandre, à Bruxelles et en Wallonie, a rappelé le président du PS.

M. Giet a souligné que le PS avait obtenu une cinquantaine de majorités absolues dont treize nouvelles. Le président du PS s'est également réjoui de "l'effondrement" en Flandre du Vlaams Belang.

Nollet: Cesser de tourner autour de Bart De Wever

Les partis francophones doivent cesser de se focaliser sur le président de la N-VA, Bart De Wever, a demandé dimanche le vice-président Ecolo du gouvernement wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Jean-Marc Nollet. "Il faut arrêter en tant que responsables politiques francophones de tourner autour de Bart De Wever (...) Je ne voudrais pas que cette soirée soit gâchée par le seul résultat de Bart De Wever", a-t-il déclaré sur la RTBF.

M. Nollet a appelé à la sérénité devant la percée de la N-VA. Selon lui, le président des nationalistes flamands ne pourra pas ignorer la réalité politique du côté francophone. "Il faut être deux pour gouverner la Belgique", a-t-il ajouté.

Gosuin n'est pas étonné par l'appel de De Wever

Le fait que le président de la N-VA Bart De Wever appelle les francophones à négocier avec son parti une réforme confédéral n'étonne pas le député bruxellois et bourgmestre d'Auderghem FDF Didier Gosuin. "C'est une volonté connue des nationalistes flamands. Ils veulent le confédéralisme qui est une forme de séparatisme. Nous sommes les seuls au FDF a le dire et a ajouté qu'il n'y a pas de pacification communautaire". M. Gosuin s'est montré pessimiste: la victoire de la N-VA provoquera une pression sur le fédéral. "La N-VA imposera son agenda. Les concessions que nous aurons concédées seront perdues à jamais et il y aura de toute façon de nouvelles revendications".

D'autre part, la ministre francophone Fadila Laanan (PS) a pour sa part insisté sur le fait que ces élections étaient des élections locales qui n'ont pas d'influence au niveau national. "Maintenant, nous verrons comment la N-VA se comportera dans les communes où elle devra prendre des responsabilités qu'elle a refusé de prendre au fédéral. On verra comment il va gérer sa victoire dans les communes où il a gagné".

"Pas de relation entre les élections locales et les élections fédérales"

"Il n'y a pas de relation entre les élections locales et les élections fédérales", a indiqué dimanche à des journalistes le Premier ministre Elio Di Rupo alors que le grand vainqueur des élections communales en Flandre, le président de la N-VA, Bart De Wever, l'a appelé lui, et les partis francophones, à une réforme ouvrant la voie à une Belgique confédérale. "Ce n'est pas le travail d'Elio Di Rupo qu'on peut juger dans telle ou telle commune, c'est le travail des élus locaux", a encore dit M. Di Rupo, vainqueur à la majorité absolue à Mons, face aux critiques du président des FDF Olivier Maingain qui a suggéré que la victoire de la N-VA était "l'échec" du gouvernement fédéral et de la réforme institutionnelle.

"Le gouvernement est occupé à travailler à de profonds changements, il s'agit d'un gouvernement de réformes", a répété M. Di Rupo. Il faudra "juger" son action aux prochaines législatives de 2014. "Sauf à être distrait, nous sommes (aujourd'hui) dans des élections communales", a-t-il souligné.

M. Di Rupo a par ailleurs fait observer qu'en Flandre, les bourgmestres des trois partis de la coalition au fédéral s'étaient plutôt bien comportés. Il a notamment salué le résultat "magnifique" du bourgmestre de Gand Daniel Termont. Il y a le "succès" de la N-VA, a-t-il ajouté, elle va devoir gérer localement dans chaque commune où elle aura des bourgmestres.

Désaccord des partis francophones sur l'importance de la victoire de la N-VA

Les présidents des partis francophones n'avaient pas, dimanche soir, la même lecture de la victoire de la N-VA en Flandre. "Je n'utiliserai pas la langue de bois", a dit Charles Michel(MR) qui attribue le résultat du parti nationaliste flamand au fait que les gouvernements wallon et bruxellois n'ont pas réussi le redressement économique de ces régions. Cet argument a provoqué une réaction très vive des autres présidents. La victoire de la N-VA en Flandre est souvent minimisée par les francophones qui insistent sur le fait qu'il s'agit d'élections communales qui n'ont pas de répercussion au niveau fédéral.

"La montée de la N-VA à Anvers est une réalité. Sa percée ailleurs n'est pas aussi nette. Le président de la N-VA Bart De Wever a voulu en faire un enjeu national mais je suis convaincu que beaucoup de citoyens en Flandre ont voté sur des enjeux locaux", a dit M. Giet.

Charles Michel lui a répliqué que la cause principale de la montée de la N-VA est l'incapacité de la Wallonie et de Bruxelles de réussir son redressement. "Je ne peux accepter qu'on dise que les gouvernements wallon et bruxellois sont responsables de la victoire de la N-VA" a réagi Thierry Giet (PS), appuyé par Benoît Lutgen (cdH) et Olivier Deleuze (Ecolo).

"Il faut être lucide. Il ne faut pas faire croire aux citoyens que la N-VA aura disparu comme par miracle en 2014", a lancé Charles Michel.

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