Edito: trahison

La campagne électorale a été morne. Depuis lundi, c’est la foire d’empoigne. Les coups partent dans tous les sens, les accords se font et se défont, les battus s’allient à d’autres battus, les partenaires d’hier deviennent adversaires.

Edito: trahison
©Christophe Bortels

La campagne électorale a été morne. Depuis lundi, c’est la foire d’empoigne. Les coups partent dans tous les sens, les accords se font et se défont, les battus s’allient à d’autres battus, les partenaires d’hier deviennent adversaires. Les invectives volent. L’heure est à la trahison et à l’exclusion. Est-ce nouveau?

La trahison a existé de tout temps. Fin des années 80, Gérard Deprez, alors président du PSC, n’a pas respecté l’accord conclu avec Louis Michel qui prévoyait que PSC et PRL gouvernent ensemble pendant 8 ans. L’accord, en soi, était choquant. En 2003, le même Louis Michel a resigné un accord avec Elio Di Rupo, pour que les deux partis, PS et MR, se maintiennent au pouvoir dans les entités fédérées. Di Rupo, pressé par les siens de débarquer les libéraux, a déchiré le papier pourtant signé devant notaire. En 2006, à Schaerbeek, Isabelle Durant (Ecolo) a renié l’accord passé avec le PS et le CDH. En 2012, à Bruxelles, le PS avait donné sa parole aux uns... et aux autres. Joli.

L’autre tendance, c’est la profusion d’accords qui renvoient le parti principal dans l’opposition. Les "putchistes" trouvent mille justifications. Tantôt c’est la fin d’une dynastie (les Payfa à Watermael), tantôt la mise à la retraite d’un "éléphant" (Philippe Moureaux à Molenbeek). Même si ce deuxième tour a eu des conséquences positives - la démocratie, c’est bien l’alternance, non? - les électeurs se sentent parfois trompés. C’est notre système proportionnel qui veut cela. Pour améliorer l’impact du vote, il y a une solution: que les accords conclus soient publics, que les paroles données soient respectées. Là, il y a encore du travail...

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