Le rapprochement MR-CDH peut-il affaiblir Di Rupo Ier?

L’onde de choc de ces élections locales, qui ne devaient avoir qu’un impact local, risque peut-être de se faire sentir très longtemps, y compris à l’échelon fédéral.

Le rapprochement MR-CDH peut-il affaiblir Di Rupo Ier?
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V.d.W.

Bien sûr, des déceptions, des revers, des trahisons, on a connu, on en connaîtra encore en politique. Mais l’onde de choc de ces élections locales, qui ne devaient avoir qu’un impact local, risque peut-être de se faire sentir très longtemps, y compris à l’échelon fédéral. "Nous voulons tourner la page, il ne faut pas mélanger ce qui s’est passé dans les communes avec le travail qui attend le gouvernement fédéral" explique un socialiste, "le PS restera un partenaire loyal et constructif". Pareil au CDH où l’on insiste sur le maintien de la ligne politique : centriste et humaniste.

On a quand même le sentiment que les lignes ont bougé. En 2000 et en 2012, lors des dernières élections communales, on avait clairement senti que les majorités répondaient à un seul mot d’ordre. Partout où cela était possible, les négociateurs privilégiaient un axe politique, celui de l’Olivier qui réunit socialistes, humanistes et écologistes. Pendant la campagne électorale 2012, on avait cru deviner qu’un nouvel axe, secrètement préparé : un axe PS-MR. S’il s’est bien concrétisé dans certaines villes - à Bruxelles par exemple - il faut constater que d’autres couleurs sont aujourd’hui les couleurs tendance : celles du MR et du CDH, éventuellement associé aux écologistes. Dans le jargon politico-médiatique, on appelle cela les jamaïcaines (par référence aux alliances politiques en Allemagne entre chrétiens, libéraux et écolos, trois partis dont les couleurs assemblées correspondent aux drapeaux jamaïcain, vert, jaune et noir).

Reste à voir s’il s’agit d’initiatives sans lendemain ou d’une lame de fond ? MR et CDH ont souvent eu des rapports conflictuels. Entre Joëlle Milquet et Didier Reynders, les relations étaient tendues. Entre Charles Michel et Benoît Lutgen, cela n’était guère mieux jusqu’il y a quelques jours. Lundi, les deux hommes se sont parlés, ont réglé leurs différends (notamment celui de Woluwe-saint-Pierre où le CDH a renvoyé la liste MR dans l’opposition). Puis, ensemble, ils ont retroussé leurs manches pour rendre possible le basculement de majorité à Molenbeek mais aussi, la même nuit, à Verviers. Il n’y a pas si longtemps encore, tout le monde considérait que le CDH était scotché au PS. Ce n’est visiblement plus le cas. "Les Bruxellois n’ont pas mesuré l’impact de leur choix égoïste. Pourquoi jeter ainsi Joëlle dans les bras de Reynders?" s’interroge un socialiste.

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