Moureaux incendie Ecolo sur Twitter

Philippe Moureaux, qui quittera dans quelques semaines sa fonction de bourgmestre de Molenbeek, ne se voit pas politiquement mort. Sur Twitter, le socialiste ne mâche pas ses mots envers Ecolo.

Moureaux incendie Ecolo sur Twitter
BELGA

Le futur ex-bourgmestre de Molenbeek, Philippe Moureaux (PS), ne s'est pas contenté d'incendier Ecolo au cours de sa conférence de presse. Il s'est aussi répandu en propos peu amènes sur Twitter après son éviction de la commune bruxelloise au profit d'une alliance entre les Verts, le cdH et le MR. "Aujourd'hui, pour les écolos, d'abord les mandats. Pour le programme, ils ont le temps", a-t-il gazouillé.

Le sénateur s'en est pris aussi au secrétaire d'Etat bruxellois, Christos Doulkeridis, qu'il accuse d'avoir joué un "rôle très négatif", en préparant en coulisses le renversement de l'alliance Olivier annoncée tout en prétendant la défendre. "Je comprends que tu aies besoin de chercher des coupables externes", a répondu l'intéressé. Et d'ajouter: "A ta place, je me poserais la question de savoir ce que ton parti a fait pour éviter ça".

La ministre bruxelloise Evelyne Huytebroeck a appelé le socialiste à prendre un peu de hauteur. "Allez, M. Moureaux, vous valez mieux que l'agressivité tweetée".

Moureaux plie mais ne rompt pas

Philippe Moureaux, qui quittera dans quelques semaines sa fonction de bourgmestre de Molenbeek, ne se voit pas politiquement mort. Devant la presse, il a annoncé jeudi matin qu'il poursuivrait sa réflexion politique publique et son combat pour la population fragilisée en retrouvant une liberté de parole exclusivement à gauche que son mandat ne lui a pas autorisé. Il ne jouera pas pour autant les belles-mères vis-à-vis de la future bourgmestre Françoise Schepmans (MR), disant souhaiter que les choses se passent "le moins mal possible pour la commune et sa population".

Sur un plan plus large, il a invité le PS à ne pas renoncer au combat pour les populations les plus faibles dans un pays où en Flandre se lève "une force anti-belge et anti-sociale", et à l'heure où une partie de l'électorat de gauche s'est tourné vers le PTB en Wallonie, et à Bruxelles.

Philippe Moureaux a redit partir sans amertume excessive, d'autant que le score de sa liste et son score personnel ne l'ont pas déclaré battu et qu'il n'avait pas exclu de l'être. Pour appuyer son propos, il a lu devant la presse, mais aussi des militants locaux qui s'étaient invités à la conférence de presse du jour, le message qu'il avait préparé, dans l'hypothèse d'une défaite.

"Est-ce que je n'avais pas prévu ce qu'il m'arrive? Vous m'auriez sondé au fond de mon coeur au printemps, je l'avais frémis (sic). J'avais ensuite senti que l'accueil de la population avait remonté", a-t-il expliqué. "En bon démocrate je m'incline devant le verdict des électeurs", a-t-il poursuivi, souhaitant bon vent à ceux qui lui succéderont.

Il a toutefois dit sa préoccupation face au double choc que subiront selon lui les gens humbles en provenance à la fois du fédéral et de l'Europe: "s'ils n'ont pas des gens au niveau local pour absorber ce choc, ils vont souffrir". Pour lui, le revirement dans la négociation d'un olivier à Molenbeek est venu de la présidence du MR et du cdH. "Les écolos ont simplement couru après pour se nourrir". "Le slip d'Ecolo est plein de trous. Ce parti a été de très mauvaise foi."

Il a également évoqué dans ce contexte le "rôle très négatif" joué par le secrétaire d'Etat Christos Doulkeridis. "Il m'a endormi l'après-midi, en disant qu'il fallait se revoir. Et dans le quart d'heure, cela a changé. Ces gens sont à la mesure de leur ampleur intellectuelle", a-t-il ajouté. Le retrait de Philippe Moureaux de la vie politique locale sera total, même s'il ne se privera pas de donner l'un ou l'autre conseil aux gens en qui il a "une grande confiance pour préparer l'avenir".

Le bourgmestre sur le départ a revendiqué un parcours d'une "extrême droiture politique" dicté par sa volonté d'aller vers les gens les plus fragiles, depuis sa vie d'étudiant, en passant ensuite par son parcours aux côtés d'André Cools (ndlr: ex-président du PS), "un homme extraordinaire et de gauche; ils ne le sont pas tous".

"Mon ouverture aux gens d'origine immigrée serait dictée par des considérations électorales? Cela me fait rire car à ce moment ils n'avaient pas le droit de vote", a-t-il aussi souligné. Philippe Moureaux a par ailleurs rejeté catégoriquement les accusations de clientélisme que certains de ses adversaires politiques ont fait circuler à son propos.

"Je n'ai rien à faire du clientélisme, ce que l'on dit à ce sujet, je m'en fous. Lorsque deux ou trois fois on s'est présenté à la permanence en exhibant un carnet rouge, j'ai renvoyé des gens", a-t-il dit.

La nouvelle équipe s'emploie à rassurer

Il n'y aura pas de bain de sang social dans les services de la commune de Molenbeek, ni de privatisation des services, a affirmé jeudi après-midi la future bourgmestre de Molenbeek, Françoise Schepmans (MR), entourée des futurs échevins du nouveau collège présentés à la presse. "J'ai lu que certains prédisaient un bain de sang social et une privatisation des services. Ce n'est absolument pas de cette manière que l'on envisage la bonne gouvernance à Molenbeek. Nous entendons nous appuyer sur les compétences du personnel communal pour gérer les affaires et assurer la bonne continuité des services", a commenté Françoise Schepmans lors de la présentation du collège appelé à entrer en fonction en décembre.

Selon elle, le collège actuel a procédé mercredi à la nomination de plusieurs agents communaux qui ont réussi l'examen du SELOR. Si les membres du collège qui accéderont au suivant l'avaient voulu, ils auraient demandé la suspension de cette décision dans l'attente de l'arrivée de la nouvelle majorité, a-t-elle ajouté. Dans le futur collège, les compétences ont été réparties par paquets homogènes, ont indiqué Françoise Schepmans (MR), Sarah Turine (Ecolo) et Ahmed El Khannouss (cdH).

Outre le Sport, celui-ci aura ainsi la compétence de l'Emploi et celle de l'Economie; Françoise Schepmans aura entre autres celles de la Sécurité et de la Prévention, Sarah Turine, celles de la Jeunesse et de la Cohésion sociale. Le MR/Open Vld aura par ailleurs trois échevins, tout comme le cdH qui héritera aussi de la présidence du CPAS, et Ecolo. La future bourgmestre gérera aussi le Personnel, la Culture, les Cultes et les Affaires juridiques.

Chez les libéraux, les autres postes d'échevins seront occupés par Patricia Vande Maele (Enseignement, Petite Enfance, Crèches et Festivités); Jan Gypers (Open VLD-Travaux Publics, Contrats de quartier, Mobilité); et Olivier Mahy (Propreté publique, Urbanisme et Informatique). Au cdH, Ann Gilles-Goris s'occupera des Affaires sociales; Karim Haouari, des Finances et de l'Economat, tandis que Roland Vandehove sera proposé à la présidence du CPAS.

Chez les Verts, Karim Majoros sera proposé à l'échevinat du Logement; Annalisa Gadaleta aux Affaires néerlandophones, à l'Environnement et à l'Energie.

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