Édito : Les raisins de la colère

Qu’il devait être doux d’être Premier ministre il y a douze ans. C’est ce que doit se dire Elio Di Rupo. Lorsque Guy Verhofstadt est arrivé au "16", en 1999, les partis s’empoignaient sur la question de savoir comment répartir les fruits de la croissance. Aujourd’hui, ce sont les raisins de la colère qu’il faut se partager. Que faire ?

Édito : Les raisins de la colère
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Qu’il devait être doux d’être Premier ministre il y a douze ans. C’est ce que doit se dire Elio Di Rupo. Lorsque Guy Verhofstadt est arrivé au "16", en 1999, les partis s’empoignaient sur la question de savoir comment répartir les fruits de la croissance. Aujourd’hui, ce sont les raisins de la colère qu’il faut se partager. Que faire ?

1. Râpe à fromage. La tâche est considérable. Il y a un an, des mesures pour 11,5 milliards ont été identifiées. Il en faut 4,5 milliards de plus pour les années 2012 et 2013. Et 12 milliards si l’on englobe 2014. Or, la croissance économique est quasi nulle, les recettes fiscales sont en baisse. La râpe à fromage qui permettait d’accumuler les petites économies a trop servi. Il faudra avoir recours à une mesure générale forte et efficace. Un saut d’index ?

2. Effort équitable. Jusqu’à présent, par rapport à leurs voisins, les Belges ont été relativement épargnés par l’austérité. La population est sans doute prête à accepter un effort raisonnable. À deux conditions. Que ceux qui vivent des revenus du travail ne soient pas les seuls à trinquer : les revenus du capital (la spéculation en particulier) doivent également être touchés, pour autant que soient préservés l’emploi et la compétitivité. Ensuite, l’effort doit être équitable et juste.

3. La croissance. L’endettement des Etats est trop important et menace l’équilibre global. Cela dit, la rigueur ne doit pas tuer la croissance et la demande. Il faut laisser de l’air. Ce n’est pas le PTB qui le dit, mais Olivier Blanchard, le chef économiste du Fonds monétaire international.

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