Elections au MR bruxellois : le soufflé retombe, le malaise demeure

La candidature de Vincent De Wolf à la présidence de la régionale libérale, déclarée dans la foulée du bureau de parti lundi en a pourtant agacé plus d’un.

Mathieu Colleyn
Elections au MR bruxellois : le soufflé retombe, le malaise demeure
©Christophe Bortels

Le soufflé semble retomber au MR bruxellois. La candidature de Vincent De Wolf à la présidence de la régionale libérale, déclarée dans la foulée du bureau de parti lundi en a pourtant agacé plus d’un. Mercredi, Armand De Decker, bourgmestre d’Uccle, lançait un appel au calme, déplorant une "précipitation" malvenue, avant d’inviter Didier Reynders à se présenter contre le député-bourgmestre d’Etterbeek. D’aucuns y voient une façon pour lui de s’imposer comme tête de liste aux régionales de 2014, à côté de Didier Reynders qui emmènerait le parti aux législatives. Alors que l’épisode politico-médiatique fleurait bon les vieilles rivalités entre pro-Reynders et pro-Michel, d’autres s’inquiètent volontiers du déroulement technique de ces élections qui doivent renouveler l’ensemble des instances internes du parti.

C’est le cas d’Alain Destexhe qui conteste un vote obligeant les libéraux à se déplacer dans un bureau de vote. Le député ixellois préférerait une version épistolaire, telle qu’utilisée lors de l’élection de Charles Michel. "Le vote en bureaux de 2008 (les dernières élections internes, NdlR) a donné lieu à un taux de participation de 27 %, ce taux fut de 54 % lors de l’élection présidentielle qui a été faite par courrier, expose-t-il. Je pense qu’il faut tout faire pour qu’un maximum de militants puissent participer à ces élections qui sont un moment important de vitalité démocratique. Il faut laisser le temps au débat de se dérouler, laisser le temps, pourquoi pas, à de jeunes candidats de se manifester." Et d’ajouter qu’en général, une assemblée plus large suit un comité restreint qui prend le genre de décision diffusée lundi. "Les simples députés comme moi apprennent tout par la presse", déplore-t-il. Alain Destexhe plaide pour un report des élections internes au MR, prévues le 13 janvier.

Par ailleurs, l’élection au suffrage unversel des membres et le système du ticket (candidatures groupées à la présidence, au secrétariat politique et à la vice-présidence) sont contraires aux statuts du MRLB, confirme Marc Cools (échevin à Uccle) dans un courrier adressé à la présidente actuelle Françoise Bertieaux. Comme Armand De Decker, il réclame une réunion des instances et une réforme des statuts . Faute de quoi ? "Le rassemblement et l’unité autour d’un projet pour Bruxelles implique que tout le monde soit associé à l’élaboration de celui-ci et dans les décisions qui doivent être prises concernant notre régionale, estime-t-il. C’est cela être en ordre de marche. Je ne peux admettre qu’un petit groupe de responsables veut seul modifier toutes ses règles de fonctionnement."

Dernière crainte : la création d’une fédération propre à la périphérie, aujourd’hui inclue dans la régionale bruxelloise. Certains s’inquiètent de "rompre le lien entre les libéraux bruxellois et les libéraux de la périphérie". Cette option est confirmée par la direction du MR qui annonce un courrier à l’ensemble des membres avant la fin de la semaine. Elle ajoute que ce scrutin se déroule exactement comme celui de 2008 qui avait donné lieu aux mandats qui s’achèvent cette année. Un vote par correspondance ? Trop compliqué, réplique-t-on, compte tenu du nombre d’élections. Lors de la présidentielle, il n’y en avait qu’une, opposant deux candidats. Pour ce qui concerne les statuts bruxellois, ils sont en effet violés, mais en vertu d’une dérogation accordée de manière tout à fait légitime.

On attend maintenant la réponse de Didier Reynders à l’appel d’Armand De Decker et consorts. "On trouvera une solution de manière collégiale", assure un libéral. "Donner une image de division n’est pas dans l’intérêt du parti". Sollicité par La Libre, Charles Michel, président du MR, n’a pas souhaité commenter les passes d’armes de mercredi. Il se place au-dessus de la mêlée, de façon impartiale, explique son porte-parole.

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