Le Roi de Belgique et le roi de la Flandre

Ce devait être un débat consacré au discours de Noël du Roi. On y a beaucoup parlé de Bart De Wever ! C’est toujours comme cela : même absent, il n’a pas son pareil pour imposer les thèmes de discussion aux francophones.

V.d.W.
Le Roi de Belgique et le roi de la Flandre
©BELGA

Ce devait être un débat consacré au discours de Noël du Roi On y a beaucoup parlé de Bart De Wever ! C’est toujours comme cela : même absent, il n’a pas son pareil pour imposer les thèmes de discussion aux francophones.

Pourtant, Olivier Maroy, dimanche midi sur La une, a tout fait pour concentrer le débat sur le thème qu’il avait choisi : le discours du Roi. Cette référence au populisme des années 30 était-elle nécessaire, utile ? On connaît l’avis des partis flamands. Pour Eric Van Rompuy, ce discours a été du pain béni pour Bart De Wever qui a, comme d’habitude, joué son petit Caliméro. Ce passage, dit-il, il fallait le supprimer. Eric Defoort, co-fondateur de la N-VA, y a vu le discours d’un francophone incapable d’incarner le sentiment des Flamands.

Côté francophone, les avis sont partagés. Francis Delpérée, sénateur CDH et constitutionnaliste, défend le chef de l’Etat : ses discours, dit-il, ne sont pas neutres, tout geste de l’Etat a une signification politique. Et le discours, très construit, était bien plus large qu’une simple condamnation du populisme. Didier Reynders (MR), vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, est plus réservé. Oui le Roi est resté dans son rôle - et le discours a été couvert comme d’habitude par le seul Premier ministre -, mais la référence aux années 30 n’était peut-être pas utile. Pour Marc Uyttendaele, constitutionnaliste, ce passage du discours n’était pas habile. Le Premier ministre a commis une erreur en ne protégeant pas le Roi contre lui-même. Le Roi, précise-t-il, aura un rôle fondamental à jouer en 2014 : les partis démocratiques ont intérêt à mettre le Roi hors du jeu. "Le mieux que l’on a à faire, souligne-t-il, serait de ne plus parler du Roi jusqu’en 2014". D’ailleurs, tous les partis - à l’exception de la N-VA - sont d’accord : oui, la monarchie deviendra un jour protocolaire, mais il ne faut pas ouvrir le débat aujourd’hui.

Place donc à l’autre roi, celui de la Flandre, dont l’ombre planait sur ce débat. Son appel au confédéralisme a été, chose remarquable, particulièrement mis en pièces par Eric Van Rompuy (CD&V) : l’élu flamand l’avait déjà fait trois jours plus tôt dans "Paris Match". Il faut à tout prix éviter de renforcer la N-VA en Flandre et, au contraire, oser combattre la N-VA. Comment ? En démasquant ses intentions : le but de la N-VA n’est pas d’instaurer un "simple" confédéralisme, mais bien le séparatisme. Et même ce confédéralisme à la sauce N-VA représenterait un appauvrissement généralisé de l’ensemble des citoyens belges, y compris des Flamands.

D’accord, acquiesce Philippe Moureaux, mais le jeu est perfide car on ne pourra bientôt plus dire un mot de travers sur la N-VA. Moureaux qui tacle au passage Kris Peeters, ministre-président flamand, "le petit chien de salon de la N-VA"

L’avenir ? C’est Didier Reynders qui résume le mieux la situation : la N-VA est associée au pouvoir en Flandre et dans de nombreuses communes. "Si on veut calmer le débat, est-on prêt à dire, entre francophones et Flamands, qu’on va mettre en œuvre la réforme de l’Etat et ensuite la faire fonctionner ?" Au même moment, à la VRT, Kris Peeters assurait que son parti ne demanderait pas une septième réforme de l’Etat en 2014. Mais Reynders, lui, rappelait que chaque semaine, le même Peeters réclamait des compétences nouvelles

Sur le même sujet