Vendre des parts de l’Etat ? "Pourquoi pas"

Paul Magnette (PS), ministre des Entreprises publiques, va quitter le gouvernement fédéral pour la ville de Charleroi. Son départ va fragiliser l’équipe Di Rupo.

Vendre des parts de l’Etat ? "Pourquoi pas"
©Johanna de Tessieres
Entretien réalisé par Vincent Rocour et Francis Van de Woestyne

Paul Magnette (PS), ministre des Entreprises publiques, va quitter le gouvernement fédéral pour la ville de Charleroi. Son départ va fragiliser l’équipe Di Rupo. Qui portera le message du gouvernement en Flandre ?

Certains estiment qu’il faudrait vendre des participations de l’Etat dans les entreprises publiques pour réduire notre dette…

Je n’ai pas de blocage idéologique à ce sujet. A la Poste, par exemple, il est important que l’on continue à distribuer du courrier cinq jours par semaine le matin, partout sur tout le territoire. Bientôt, les règles européennes l’obligeront à plus de concurrence. Cela ne veut pas dire qu’on va démanteler La Poste. Cela signifie qu’il faudra sans doute attribuer la distribution du courrier à une entreprise au terme d’une procédure de marché public. Il faudra donc préparer notre entreprise publique à remporter ces concessions pour une période longue.

Oui, mais l’Etat peut-il vendre une partie de ses participations ?

Il faut garder un contrôle public dans les entreprises qui rendent un service d’intérêt général. Mais je ne me braque pas sur le maintien des 51 %. Si ces opérations permettent d’avoir un peu d’air dans les politiques budgétaires et de prendre des mesures moins restrictives, pourquoi pas ? Il sera, en tout état de cause, important de conserver un contrôle public, c’est-à-dire au moins 26 % du capital, une minorité de blocage. Après il faudra faire un calcul précis parce que ces entreprises rapportent des dividendes. Voyez Electrabel. Au départ, elle ne payait rien. Puis on est passé à 250 millions puis à 550 millions. C’est une entreprise privée, mais régulée et qui génère des recettes pour l’Etat : ce modèle peut avoir du sens.

Quel bilan tirez-vous de votre participation à ce gouvernement Di Rupo Ier ?

A la veille de la formation du gouvernement, le pays était considéré comme au bord de l’implosion, victime idéale des spéculateurs. Aujourd’hui, il est stabilisé, cité en modèle par les experts.

La perception est parfois autre à l’intérieur des frontières… particulièrement en Flandre. Vous étiez un porte-parole écouté en Flandre, grâce à votre multilinguisme. Qui va défendre le gouvernement en Flandre ?

Mon successeur pourra s’en charger. Et moi, je reste sénateur. Je ne pars pas m’isoler dans une cellule monacale.

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