Lutgen : "On vit dans un monde de terrorisme intellectuel"

Le président du cdH était interrogé ce midi sur la RTBF à propos de l'actualité de la semaine. Fondation de la Reine Fabiola, N-VA, enseignement... Benoit Lutgen n'a pas mâché ses mots.

Lutgen : "On vit dans un monde de terrorisme intellectuel"
©Alexis Haulot
Rédaction en ligne

Benoit Lutgen, amené à s'exprimer sur l'actualité de la semaine sur le plateau de la RTBF, n'a pas mâché ses mots.

La polémique de ces derniers jours était sans conteste la création par la Reine Fabiola d'une Fondation à son nom. Le président du parti démocrate humaniste a répété sa désapprobation, à l'instar de ce qu'avaient fait les membres de la Chambre jeudi dernier. "Plus qu'interpellant ! Choquant, certainement", a-t-il déclaré. "Une dotation n'est pas faite pour "cagnotter" personnellement mais pour représenter l’État."

Tous les représentants politiques sont montés au créneau néanmoins, "au delà de l'émotion, il faut mettre en place des solutions politiques : réduire les dotations et garantir leur transparence. La dotation doit être en adéquation avec la représentation", a poursuivi Benoit Lutgen.

Cette nouvelle polémique a ajouté de l'eau au moulin de la républicaine et séparatiste N-VA. Le parti nationaliste flamand avait auparavant été l'objet de déclarations fortes de la part de représentants francophones, les socialistes en tête : Rudy Demotte avait dénoncé "un séparatisme pour les cons", Elio Di Rupo, le Premier ministre, avait quant à lui qualifié le parti de Bart De Wever de "dangereux", au moment où ce dernier s’apprêtait à briser le cordon sanitaire à Denderleeuw. La réplique des Flamands (Ben Weyts avait dit son étonnement devant "l'hystérie" qui entoure la polémique), médias compris, s'était faite cinglante, ces derniers considérant que de telles prises de position ne faisaient que faire le jeu du leader nationaliste. "On vit dans un monde de terrorisme intellectuel, de pensée unique !", s'est étranglé Benoit Lutgen.

Si séparation il devait y avoir, ce serait "sans Bruxelles et en partageant la dette de manière proportionnelle", a par ailleurs prédit le natif de Bastogne.

De pas vers plus d'indépendance des régions il en est question et il se franchit par l'application "dynamique, pragmatique" et "dans la discrétion" de la réforme de l’État, en garantissant "la solidarité entre Wallons et Bruxellois et entre les secteurs, avec le plus grand respect pour les partenaires sociaux".

Une autre réforme est en cours, celle de l'enseignement supérieur. Les discussions sont animées, particulièrement entre le PS et le cdH; le parti socialiste soutenant la réforme menée par Jean-Claude Marcourt, le cdH soutenant l'UCL. "L'objectif de réorganiser l'enseignement via différents pôles et de faire travailler ensemble universités et écoles supérieures est louable", a admis Benoit Lutgen, évitant soigneusement de se prononcer trop fermement sur son soutien à l'université catholique : "Nous défendons toutes les universités et hautes écoles mais, surtout, nous défendons la liberté d'association."

L'UCL se plaint notamment de voir ses liens avec les écoles supérieures de Bruxelles entravés par cette réforme.

Si l'on avait un temps pensé allonger le cursus de formation des instituteurs et des régents de 3 à 5 ans, le président du cdH a rejeté cette idée, "trop couteuse" et a plaidé pour la mise en place d'un système de tutorat lors des deux premières années d'enseignement afin de favoriser la transmission des savoirs.

Sur le même sujet