Vande Lanotte: "Pas besoin d'une réforme de l'Etat en 2014"

Le vice-Premier SP.A juge qu’en 2014, la priorité ne sera pas à une nouvelle réforme de l’Etat. Sauf à Bruxelles, où le système institutionnel actuel lui paraît boiteux. Entretien.

Ariane van Caloen et Vincent Rocour
Vande Lanotte: "Pas besoin d'une réforme de l'Etat en 2014"
©Johanna de Tessieres

Pour le ministre de l’Economie Johan Vande Lanotte, le blocage des prix de l’énergie a permis de contenir l’inflation en dessous de ce qu’on observe ailleurs. Le vice-Premier SP.A juge qu’en 2014, la priorité ne sera pas à une nouvelle réforme de l’Etat. Sauf à Bruxelles, où le système institutionnel actuel lui paraît boiteux. Extrait.

Le monde politique a trouvé un accord sur une nouvelle réforme de l’Etat. Croyez-vous que les délais seront respectés ?

Pour la loi de financement, il faudra sans doute refaire certains calculs. Mais pour les transferts de compétences, il n’y a aucun problème : on va réussir.

Vous pensez donc que le 1er janvier 2014, les transferts seront déjà effectués ?

Ils seront votés à la fin 2013. C’est un délai normal. En 1988, il a fallu 7 mois pour traduire l’accord institutionnel en textes de loi. Mais voter les transferts le 15 décembre et dire qu’ils entrent en vigueur le 1er janvier, ce n’est pas raisonnable. Il faut une certaine période pour permettre aux Régions de se préparer.

Le ministre-Président flamand Kris Peeters a dit qu’il ne fallait pas déjà envisager une 7e réforme de l’Etat après les élections de 2014. C’est aussi votre avis ?

Ce qu’il nous faut, ce n’est plus une réforme des structures. Mais une réforme de société. La réforme de l’Etat que nous sommes en train de faire va transférer les allocations familiales aux Régions et aux Communautés. C’est très important. Quand les allocations familiales ont été créées, tous les enfants avaient deux parents mariés et évoluaient dans un cadre culturel homogène. Dans mon école, on parlait tous le patois de Flandre orientale. Personne ne venait de Bujumbura ou d’Asie. La composition des ménages a fort évolué depuis. Le marché de l’emploi s’est segmenté. Et la société s’est diversifiée. Mais le système est resté le même. C’est la même chose pour le marché de l’emploi ou l’enseignement. L’enseignement flamand a bien fonctionné pendant longtemps. Mais depuis quelques années, il s’est fort dégradé. Parce qu’on est toujours dans un système du passé. Si le prochain gouvernement doit passer son temps à une nouvelle réforme de l’Etat et pas à l’enseignement, à la pauvreté qui touche 20 % des enfants de Flandre, on ne s’adaptera pas à l’évolution de la société.

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