Bruxelles, enjeu de 2014 : les vice-Premiers en première ligne

Dans tous les partis politiques francophones, les méninges remuent à tout berzingue. L’objet de ces chaudes réflexions ? Bruxelles, pardi. Les hommes et les femmes se placent, les déclarations fusent, les projets se construisent. PS, MR, Ecolo se dévoilent. Le CDH, très discret jusqu’alors, entre dans la danse.

V.d.W.
Bruxelles, enjeu de 2014 : les vice-Premiers en première ligne
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Dans tous les partis politiques francophones, les méninges remuent à tout berzingue. L’objet de ces chaudes réflexions ? Bruxelles, pardi. Les hommes et les femmes se placent, les déclarations fusent, les projets se construisent. PS, MR, Ecolo se dévoilent. Le CDH, très discret jusqu’alors, entre dans la danse.

A tout seigneur, tout honneur Le premier à s’être placé sur l’échiquier politique bruxellois, c’est Didier Reynders. Après son échec aux élections communales de Liège de 2006, après son retrait forcé de la présidence du MR, l’homme, patient, rusé, s’est trouvé un nouveau destin bruxellois. Maintenant que les relations sont apaisées entre lui et Charles Michel, président du MR, les deux hommes se répartissent les influences. Bien sûr, Michel fils coordonne l’action du parti mais c’est bien Didier Reynders, désormais président de la fédération bruxelloise du MR, qui inspirera et défendra le programme bruxellois du parti. Didier Reynders se réserve donc petit à petit une zone d’influence très personnelle. Il est évident que si négociations il doit y avoir autour d’un projet bruxellois, après les élections de 2014, c’est lui qui sera à la barre, en relais avec Charles Michel.

La structure sera sans doute identique au PS. La vice-Première ministre socialiste, Laurette Onkelinx, s’impose naturellement à la tête de la fédération bruxelloise de son parti. Elle sera, elle aussi, en première ligne lorsque le sort de la Région de Bruxelles capitale sera sur la table des négociations avec les élections de 2014, "en bonne intelligence", souligne-t-on, avec le président du parti, Paul Magnette.

Milquet, leader naturel

Et au CDH ? Le parti n’est pas structuré de la même manière. Il n’y a pas de fédération bruxelloise, mais un arrondissement CDH de Bruxelles-Hal-Vilvorde à la tête duquel on retrouve généralement des personnalités moins en vue, plus gestionnaires. Actuellement, c’est Hamza Fassi-Fihri, député bruxellois, conseiller communal à Bruxelles, qui dirige cet arrondissement.

Bien entendu, le leader naturel du CDH à Bruxelles reste Joëlle Milquet, vice-Première ministre et bruxelloise depuis 30 ans. Qu’attend-elle pour se jeter elle aussi dans la bagarre ? Nous l’avons fait réagir aux déclarations de Didier Reynders, de Laurette Onkelinx et plus récemment d’Olivier Deleuze (Ecolo) lequel déclarait au "Soir" : "Rendons d’abord Bruxelles gérable avant de nous demander ce que l’on fera si la N-VA la rend ingérable [ ] Je ne comprends pas pourquoi il y a une réticence à simplifier les institutions bruxelloises. On me dit que c’est parce que ce sont les Flamands qui le veulent. Mais je m’en fous, moi !"

Joëlle Milquet : "Bruxelles vaut mieux que des sorties préélectorales médiatiques sans réel projet. Cela ressemble à du football panique face à la N-VA. Tout cela me paraît très contre-productif", nous explique-t-elle. "Mon projet positif et mobilisateur sera bientôt connu et je serai très heureuse de rencontrer les autres chefs de file bruxellois fédéraux et les collègues vice-Premiers ministres. Le moment venu, nous devrons parler, en toute confidentialité, de notre stratégie collective de développement de la Région de Bruxelles-Capitale, des intérêts des Bruxellois, des liens essentiels entre la Wallonie et Bruxelles sans tout axer sur la NVA."

Petit à petit, le puzzle se met en place à Bruxelles. La confrontation se déroulera en fait à deux étages. Le premier, purement régional, devrait opposer quatre têtes de liste francophones : Rudi Vervoort (PS), Vincent De Wolf (MR), Benoît Cerexhe (CDH) et Christos Doulkeridis (Ecolo).

Au niveau fédéral, on devrait retrouver, à Bruxelles, trois vice-Premiers ministres : Didier Reynders (MR), Laurette Onkelinx (PS) et Joëlle Milquet (CDH). Bien sûr, tout cela doit encore être confirmé par les instances respectives des partis. Mais trois vice-Premiers dans l’arène bruxelloise, on n’a jamais vu cela. Et l’on ajoutera, à ce trio, un quatrième larron, Olivier Maingain, président du FDF, qui mènera ses troupes au combat.

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