En 2014, le CD&V prône la pause institutionnelle

On a cru à une erreur. Ou à une distraction. On avait en tout cas des doutes. Pouvait-on vraiment croire le ministre-Président flamand Kris Peeters (CD&V) lorsqu’il déclarait, l’autre jour sur la VRT, qu’une septième réforme de l’Etat ne devait pas venir encombrer l’agenda politique en 2014 ?

V.R.
En 2014, le CD&V prône la pause institutionnelle
©BELGA

On a cru à une erreur. Ou à une distraction. On avait en tout cas des doutes. Pouvait-on vraiment croire le ministre-Président flamand Kris Peeters (CD&V) lorsqu’il déclarait, l’autre jour sur la VRT, qu’une septième réforme de l’Etat ne devait pas venir encombrer l’agenda politique en 2014 ? On peut le dire maintenant : la réponse est oui. Car le message a été répété ce week-end; sans ambiguïté.

Le CD&V avait réuni ses militants pour les échanges de bons vœux, samedi, dans une commune du Brabant flamand. Le président du parti, Wouter Beke, est revenu sur la réforme de l’Etat, qui a notamment consacré la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde. En poussant des cris de victoire. "Ce n’est pas avec un poing, mais avec une main ouverte que nous avons à nouveau repris le contrôle de la situation", a-t-il dit, faisant manifestement allusion à la N-VA. Wouter Beke a égrainé les réalisations positives : les 18 milliards d’économie réalisée par le gouvernement fédéral pour ramener le budget de l’Etat dans le sillage européen, la diminution du nombre de demandeurs d’asile ou l’érosion du vote francophone dans le Brabant flamand lors des élections communales.

Mais surtout, Wouter Beke a asséné que "2014 ne sera pas l’année durant laquelle nous allons demander un nouveau tour dans la réforme de l’Etat, mais l’année au cours de laquelle nous allons utiliser les nouveaux moyens et les nouvelles compétences pour une politique encore meilleure en Flandre". En clair, le CD&V voudrait d’abord digérer la réforme de l’Etat en cours de réalisation avant de passer à une nouvelle étape. Et quand on sait les difficultés techniques qu’il faudra encore contourner pour la concrétiser (lire notre dossier pages 4 à 7), on peut se dire que ce ne sera pas pour tout de suite.

Le CD&V rejoint ainsi le SP.A. La semaine dernière dans "La Libre", le chef de file des socialistes flamands au gouvernement fédéral, Johan Vande Lanotte, en faisait son credo. "Ce dont on a besoin maintenant, ce n’est plus une réforme des structures de l’Etat, mais des réformes de société".

La N-VA isolée

Les partis flamands de la majorité fédérale choisissent ainsi la confrontation avec la N-VA. Car les nationalistes du nord du pays ne sont pas rassasiés. Ils continuent à montrer un bel appétit en matière institutionnelle. "La sixième réforme nous donne peut-être quelques compétences supplémentaires, mais il reste encore des quantités de choses à changer", résumait ce week-end Jan Peumans, le président du Parlement flamand.