Le PS bruxellois réorganisé autour d’Onkelinx

Ce mercredi soir, à la Maison du Peuple de Saint-Gilles, et à la faveur d’un vote des militants, Laurette Onkelinx devrait être officiellement propulsée à la tête de la Fédération bruxelloise du PS.

Mathieu Colleyn
Le PS bruxellois réorganisé autour d’Onkelinx
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Ce mercredi soir, à la Maison du Peuple de Saint-Gilles, et à la faveur d’un vote des militants, Laurette Onkelinx devrait être officiellement propulsée à la tête de la Fédération bruxelloise du PS. Elle succédera ainsi à Rudi Vervoort appelé à remplacer Charles Picqué à la ministre-présidence de la Région bruxelloise au début du mois de mai. Ce remaniement, initié sur base de la volonté de Charles Picqué de se retirer de son mandat exécutif avant l’échéance de 2014, est organisé pour "mettre le parti en ordre de marche" en vue des élections, selon la formule éculée.

Pour information, c’est via une motion soumise au vote des militants qui seront présents ce soir que la "présidence" de Laurette Onkelinx sera actée. Ce texte vise en fait à transposer au niveau de la Fédération bruxelloise les statuts nationaux du parti. Objectif : faire de la vice-Première ministre schaerbeekoise "une présidente effective" (qui équivaut à faisant fonction) par rapport à Rudi Vervoort, qui fut élu au début de l’année dernière et gardera son titre. Point de large élection pour Laurette Onkelinx qui sera en somme ce qu’est aujourd’hui Paul Magnette par rapport à Elio Di Rupo, absorbé presque tout entier par sa mission de Premier ministre. Le congrès de ce soir devrait également placer Ahmed Laaouej à la vice-présidence de la Fédération, laissée vacante par Rachid Madrane, bombardé secrétaire d’Etat bruxellois au lendemain du scrutin communal.

Compte tenu de son poids politique, de sa stature nationale, mais aussi de la combativité qui lui est largement reconnue, Laurette Onkelinx ne sera pas là pour faire de la figuration. Elle détaillera d’ailleurs ce soir une sorte de plan de bataille destiné à maintenir le PS en première position sur l’échiquier politique bruxellois. Une place que le MR de Didier Reynders, récemment investi à la direction de la régionale de son parti, rêve de lui ravir. Par ailleurs, on sait le PS menacé sur sa gauche alors qu’il doit composer avec des formations plus à droite au sein du gouvernement fédéral. Cela alors que les cartes politiques furent redistribuées en Région bruxelloise par l’éclatement de l’alliance MR-FDF. Bref, 2014 ne s’annonce pas comme un scrutin facile pour le PS qui domine pourtant la politique régionale depuis des années.

Des candidats chef de groupe

Pour Charles Picqué, le parti devra veiller à demeurer un élément "stabilisateur" de la vie politique dans une capitale qui pourrait connaître certaines "secousses" d’ici un an et demi. "Le Parti socialiste est le seul parti capable de faire la synthèse entre les différents enjeux d’une ville que sont le social, l’économique, l’environnemental, la mobilité, etc ., ajoute-t-il. C’est d’ailleurs le sens du Plan régional de développement que je présenterai prochainement." Selon le ministre-Président sortant, le PS devra axer son action sur la cohésion sociale et en particulier sur le sort des jeunes Bruxellois, confrontés à un marché du travail qui ne leur est pas toujours favorable.

Charles Picqué continuera d’ailleurs à contribuer de manière active au travail du PS bruxellois, dans une fonction politique qui reste encore à définir. En tant que gros faiseur de voix, il devrait d’ailleurs se retrouver sur la liste régionale du PS en 2014, probablement en bout de liste.

Pour clore le petit jeu de chaises musicales, signalons que Rudi Vervoort laissera son poste de chef de groupe PS au Parlement bruxellois. Ce sera pour le mois de mai, mais des noms circulent déjà. Celui de Charles Picqué, qui n’est pas intéressé, mais également celui de Philippe Close. Le député-échevin de la Ville de Bruxelles pourrait ici retrouver un peu de couleur politique après le débarquement de Joëlle Milquet de la majorité communale de la Ville. Un événement (très) mal perçu au sein du PS. Les députés Caroline Désir et Olivier Ptito sont également cités. C’est à Laurette Onkelinx que reviendra cette décision. Elle l’a déjà annoncé.

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