Belang-NVA : la porosité

Notre sondage trimestriel La Libre-RTBF, réalisé par Dedicated, a livré son premier verdict. Il ne préfigure pas de ce que seront les résultats des élections en 2014, mais se contente de donner une image de l’opinion ici et maintenant.

Belang-NVA : la porosité
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Notre sondage trimestriel La Libre-RTBF, réalisé par Dedicated, a livré son premier verdict. Il ne préfigure pas de ce que seront les résultats des élections en 2014, mais se contente de donner une image de l’opinion ici et maintenant. L’intérêt de l’exercice réside dans l’observation des tendances lourdes de l’opinion publique. En Flandre, un fait saute évidemment aux yeux. La N-VA, que l’on croyait ramenée à des niveaux plus gérables (de l’ordre de 35 %), s’envole à nouveau (39 %). Sans que les transferts de voix soient automatiques, on observe que les nationalistes ont dragué dans deux eaux : celles, parfois troubles, du CD&V; celles, carrément nauséabondes, du Vlaams Belang.

Ces derniers mois, on a vu, lu et entendu certains démocrates chrétiens flamands hausser le ton à l’égard de Bart De Wever. Etait-ce peine perdue ? Non, car le SP.A, plus dur encore envers Bart De Wever, recueille, lui, les fruits de sa nouvelle opposition anti-nationaliste. Le problème est que la fronde anti-N-VA n’est pas générale au CD&V et qu’il s’en trouve toujours un, Kris Peeters, pour ne pas le nommer, pour courir derrière De Wever, et ainsi crédibiliser son discours. Conséquence : le roucoulant Peeters en arrive à affaiblir le CD&V, qui ne pourra jamais être aussi radical que son modèle nationaliste.

L’autre "victime" de la N-VA, c’est le Belang. On pourrait se réjouir d’un tel transfert. Mais à force de pomper le fond de sauce de l’extrême droite, le parti de Bart De Wever finit par s’inspirer aussi des idées qui ont fait les beaux jours de l’ancien Vlaams Blok. Les derniers projets de la N-VA à Anvers, conditionnant l’aide aux réfugiés à une promesse de retour, démontre à quel point les frontières entre les deux partis sont poreuses.

Que faire ? Ni ignorer, ni imiter. Mais gérer. Et, in fine, communiquer pour mieux convaincre.

Édito de Francis Van de Woestyne