Milquet veut imposer la "tirette" à l’échelon fédéral

Les listes électorales fédérales et européennes pour le prochain scrutin de 2014 respecteront-elles l’alternance complète des sexes (un homme, une femme; un homme Etc., de haut en bas) ? Ou faudra-t-il attendre 2018 ?

An.H.
Milquet veut imposer la "tirette" à l’échelon fédéral
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Les listes électorales fédérales et européennes pour le prochain scrutin de 2014 respecteront-elles l’alternance complète des sexes (un homme, une femme; un homme Etc., de haut en bas) ? Ou faudra-t-il attendre 2018 ? C’est en tout cas la volonté de la ministre CDH de l’Intérieur d’imposer ladite "tirette" à l’échelon fédéral le plus rapidement possible.

Un projet de loi est déjà prêt dans les cartons de Joëlle Milquet. Mais il lui reste à convaincre ses collègues, féminines comme masculins, d’inscrire le point à l’agenda du kern.

En matière d’éligibilité des femmes, des pas ont déjà été faits. La première loi "visant à promouvoir une répartition équilibrée des hommes et des femmes sur les listes de candidatures aux élections" remonte au 24 mai 1994; elle imposait des quotas de "maximum deux tiers de candidats d’un même sexe" sur une liste. Autrement dit : elle forçait la présence d’au moins un tiers de femmes.

A petits pas

En 2002, on progressait encore en assurant une présence égale des hommes et des femmes sur les listes européennes (loi du 17 juin 2002) et, au niveau fédéral, en instaurant non seulement la parité mais aussi l’alternance systématique aux deux premières places d’une liste (loi du 18 juillet 2002).

Malgré ces avancées, les chiffres démontrent que le nombre de femmes élues dans les assemblées n’est toujours par représentatif de la réalité de la population. Ainsi, la Chambre ne compte que 38,7 % d’élues (2009-2010); le Parlement européen ne comptant lui que 34,8 % de députées belges. Et les chiffres des dernières élections communales démontrent une tendance à la stagnation du nombre d’élues.

Pas d’empressement au Parlement

Autant de raisons qui poussent la vice-Première CDH, qui est aussi en charge de l’Egalité des chances, à instaurer le principe de la "tirette" (une présence alternée de candidats des deux sexes), qui ne vaut aujourd’hui que pour les deux premières places, de haut en bas des listes électorales fédérales.

Ce principe a déjà été approuvé par les parlements bruxellois (le 15 mars 2012) et wallon (le 20 février dernier) : la tirette sera donc d’application dans les communes bruxelloises et wallonnes, ainsi que sur les listes provinciales du sud, à partir du prochain scrutin local d’octobre 2018.

Au niveau fédéral, une proposition de loi CDH a été déposée à la Chambre (par Catherine Fonck) et une Ecolo au Sénat (par Zakia Khattabi). Jusqu’ici, on n’a pas vu se manifester un empressement à les approuver.

Joëlle Milquet parviendra-t-elle à imposer la tirette au fédéral pour 2014 ? Techniquement, c’est jouable. Politiquement, ce n’est vraiment pas gagné.

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