Budget: la fumée est encore noire

Alors que, mardi soir, on affirmait ici et là que l’accord budgétaire était à portée de main, mercredi, les pronostics étaient à nouveau plus pessimistes. Ou plus réalistes. Pas question de terminer l’exercice mercredi soir, ni même peut-être jeudi. Et un vice-Premier confiait, simplement : "Ce sera avant Pâques "

V.d.W. et M. Co.
Budget: la fumée est encore noire
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Alors que, mardi soir, on affirmait ici et là que l’accord budgétaire était à portée de main, mercredi, les pronostics étaient à nouveau plus pessimistes. Ou plus réalistes. Pas question de terminer l’exercice mercredi soir, ni même peut-être jeudi. Et un vice-Premier confiait, simplement : "Ce sera avant Pâques "

Il est vrai que mardi soir, Alexander De Croo, vice-Premier ministre Open VLD, avait quelque peu refroidi l’ambiance. Informé tardivement du contenu de l’accord informel conclu avec Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Alexander De Croo, a voulu remettre les pendules à l’heure et signifier que, pour lui, le déficit à 2,15 % du Produit intérieur brut devait rester un objectif sérieux. Car il permet, selon lui, de faire redescendre la dette sous la barre des 100 % du PIB, une des exigences de la Commission européenne.

D’autres partis estiment que l’on peut aboutir à cette réduction de la dette par d’autres moyens. Lesquels ? Ce que l’on appelle simplement la vente des "bijoux de famille".

Il s’agit évidemment d’opérations "one shot", mais qui ont un impact direct et important sur notre stock de dettes. Il pourrait s’agir de participations dans des banques (BNP-Paribas-Fortis) ou dans des entreprises comme Belgacom. "Les décisions concrètes ne devraient intervenir que dans les prochaines semaines mais les options devraient déjà être prises maintenant", a dit M. Reynders à son arrivée au Lambermont. Pour Koen Geens, le ministre des Finances (CD&V) la vente de participation constitue une "option". Quant à Johan Vande Lanotte (SP.A), il a préféré rester discret : "C’est une possibilité mais il faut examiner la situation au cas par cas." Et surtout, selon le vice-Premier SP.A, il ne faut pas trop laisser voir ce qu’il y a dans ses cartes et dire dès à présent ce que l’on veut vendre.

Pourtant, ce n’est un secret pour personne : la piste de Belgacom (la vente de 3 à 6 %, l’Etat restant actionnaire majoritaire) a déjà été étudiée sérieusement. Mais elle se heurte à ceux qui estiment que vendre une partie de Belgacom, c’est vendre la poule aux œufs d’or. Il est vrai que l’entreprise verse chaque année un plantureux dividende qui fait du bien au budget.

La réduction de la dette sous la barre des 100 % constitue donc une des deux conditions posées par la Commission pour que la Belgique puisse assouplir quelque peu sa trajectoire budgétaire (qui prévoit un retour à l’équilibre dans les 3 ans). L’autre condition est la définition de mesures structurelles. Elles peuvent être de deux ordres : en réduction de dépenses ou en augmentation de recettes.

En dépenses, la râpe à fromage a fonctionné à plein régime ces derniers jours. En particulier en Sécurité sociale où des mesures devraient être prises pour maintenir les dépenses sous contrôle, voire les comprimer. Les mesures devraient toucher les chômeurs (invités à suivre stages, formations) et les futurs pensionnés (invités à travailler le plus longtemps possible).

D’autres réductions de dépenses sont sur la table comme la suppression ou la réduction de l’allocation de rentrée. Mais le CDH semble toujours s’y opposer.

Côté recettes, les idées vont et viennent. PS et VLD s’opposent toujours à l’augmentation de la TVA de 21 à 22 %. Des relèvements d’accises sont possibles pour certains tabacs et alcools. Et il se dit que les discussions sont sereines quand on parle d’un impôt minimum sur les grandes sociétés. L’idée braque toujours l’Open VLD, pas le MR, mais à une condition : que les PME échappent au dispositif d’impôt minimum. De toute façon, plaident les libéraux, inclure les PME ne rapporterait que 5 millions en plus des 150 millions espérés. Mais rien ne dit que l’idée sera retenue.

Il y a donc toujours 30 mesures sur la table. Reste à faire le menu pour la fête finale.

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