Les conseillers économiques s'installent au Brésil malgré les critiques

Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, va, en dépit des critiques des entités fédérées, désigner les premiers conseillers économiques du réseau qu'il souhaite mettre en place auprès des ambassades de Belgique à l'étranger.

Belga

Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, va, en dépit des critiques des entités fédérées, joindre le geste à la parole et désigner les premiers conseillers économiques du réseau qu'il souhaite mettre en place auprès des ambassades de Belgique à l'étranger, a-t-on appris lundi dans son entourage.

Les huit premiers seront présentés lors de la visite de travail que le chef de la diplomatie effectue à partir de lundi au Brésil, une des puissances émergentes.

Il s'agira d'hommes d'affaires belges et brésiliens, installés tant dans la capitale brésilienne, Brasilia, que dans les métropoles de Sao Paulo et de Rio de Janeiro.

"Le but n'est pas d'empiéter sur les compétences des attachés commerciaux des Régions", qui sont compétentes en matière de commerce extérieur, a-t-on répété dans l'entourage de M. Reynders.

"Les personnes que nous désignons doivent être des personnes qui disposent du savoir-faire local et qui peuvent faciliter l'accès pour nos entreprises aux niveaux où les décisions sont prises", a-t-on ajouté de même source.

Les Affaires étrangères songent par exemple à des hommes d'affaires appartenant à des sociétés publiques, à d'anciens parlementaires ou à des avocats qui connaissant bien les rouages de l'appareil judiciaire d'un pays.

M. Reynders a annoncé, dans la note de politique générale qu'il a présentée le 9 janvier dernier, la création de cette nouvelle fonction de "conseillers en diplomatie économique" autour des ambassadeurs et consuls généraux, puis a précisé son projet à plusieurs reprises. "Ce sont des conseillers qui vont entourer nos ambassades et les conseillers des Régions. Gratuitement, il n'y a aucun coût à cette opération", résume-t-il souvent.

Le ministre-président flamand, Kris Peeters, a récemment annoncé le dépôt d'un recours en annulation devant le Conseil d'Etat contre l'arrêté royal de M. Reynders. Même s'il n'est pas suivi par les ministres régionaux du Commerce extérieur - qui eux aussi ont des objections contre le projet du ministre des Affaires étrangères.

Mais "nous ne pouvons pas attendre. La diplomatie économique a, en raison des différentes crises politiques, été trop négligée ces dernières années", souligne-on aux Affaires étrangères.

La visite de M. Reynders au Brésil aura en effet bien deux volets, l'un politique, lundi et mardi, et l'autre économique.

Il doit ainsi s'entretenir à Brasilia avec son homologue brésilien, Antonio de Aguiar Patriota, et avec le gouverneur du district fédéral qui abrite la capitale administrative du pays.

M. Reynders souhaite notamment rassurer ses interlocuteurs brésiliens sur la stabilité de la zone euro, en dépit des crises qui ont touché plusieurs de ses Etats-membres, dont Chypre.

La suite de sa visite sera placée sous des thèmes économiques. A Sao Paulo, le centre financier du Brésil et de l'Amérique latine, et à Rio de Janeiro, il doit s'entretenir avec des gouverneurs d'Etat et des fédérations industrielles.

Pour les entreprises belges, le Brésil offre des possibilités d'investissements, en particulier dans le secteur des infrastructures, à l'approche de la Coupe du monde de football de 2014 et des Jeux olympiques de Rio en 2016.

La croissance économique a été élevée au Brésil au début de la décennie, avant de ralentir. L'économie brésilienne n'a ainsi progressé que de 0,9% en 2012 contre 2,7% en 2011 et 7,5% l'année d'avant.

Le pays, vaste comme presque deux fois le territoire de l'Union européenne, fait néanmoins partie du groupe des grandes puissances émergentes des BRICS (avec la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud).

Des grandes entreprises belges, comme Tractebel et les entreprises de dragage DEME et De Nul, sont déjà présentes sur le marché brésilien. M. Reynders souhaite aussi plaider en faveur des PME belges.