Reynders: "Les Bruxellois doivent régler leurs problèmes eux-mêmes"

"Je suis favorable à ce qu’on mette de l’ordre dans le fatras institutionnel partout." Le chef de file bruxellois du MR, Didier Reynders, dévoile ses priorités et ses ambitions pour Bruxelles.

Mathieu Colleyn et Francis Van de Woestyne
Reynders: "Les Bruxellois doivent régler leurs problèmes eux-mêmes"
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Le chef de file bruxellois du MR, Didier Reynders, dévoile ses priorités et ses ambitions pour Bruxelles.

L’enseignement, la formation, ce sont les portefeuilles que vous allez revendiquer en 2014?

Le MR va d’abord essayer d’être la première formation politique à Bruxelles aux prochaines élections. Pour deux raisons: pouvoir donner le ton et contribuer à l’équilibre du pays. J’ai beaucoup de respect pour les bourgmestres d’Anvers de Charleroi et de Mons mais il n’est pas absurde que de temps en temps les Bruxellois donnent leur avis. On a parfois l’impression qu’il y a dans ce pays deux grands courants politiques, un socialisme wallon assez archaïque et un nationalisme flamand assez dangereux pour l’avenir du pays. Il y a une troisième région où les Bruxellois ont envie de prendre des décisions eux-mêmes et avoir leur un mot à dire sur l’avenir plus large du pays. On a besoin de s’entendre avec ses voisins. La mobilité ce n’est pas uniquement les 19 communes, la formation ça doit aussi se faire avec des entreprises qui sont situées autour de la Région bruxelloise. Il y a des navetteurs qui viennent à Bruxelles: rien n’interdit que des Bruxellois aillent travailler dans les autres régions. Cela permet d’équilibrer les relations dans ce pays.

La Flandre exige des réformes internes à Bruxelles, estimant que c’est un véritable fatras institutionnel.

Je suis favorable à ce qu’on mette de l’ordre dans le fatras institutionnel partout. Mais je trouve assez culotté de voir des responsables politiques flamands demander sans arrêt que les francophones mettent de l’ordre alors que si l’on complexifie la structure institutionnelle belge, c’est bien à la demande de la Flandre. Je n’ai jamais demandé qu’on scinde BHV, mais il ne faut pas s’étonner qu’après il soit compliqué de gérer la Justice et la police. On ne sait même pas où mettre le tribunal flamand! C’est vrai qu’il y a une concentration d’institutions à Bruxelles mais le nombre de mandataires n’y est pas plus dramatique qu’à Anvers. Si on veut simplifier, il y aura un débat sur les provinces. On a vu ces derniers jours la plus-value des provinces en Flandre. Heureusement qu’on avait un gouverneur pour informer la population! Sur Bruxelles, je veux bien admettre qu’il y a trop de parlementaires régionaux mais c’est parce qu’on a une minorité flamande. Ça doit être la seule région au monde où on peu devenir ministre avec le moins de voix que certains conseillers communaux. Peut-on remédier à cela? On peut en discuter mais alors il faut parler de tout y compris de ce genre de situation. Mais pour moi, ce n’est pas une priorité.

Finalement, Bruxelles, c’est quoi? Une ville, une capitale, une région? A l’étranger, Bruxelles signifie la “Commission”.

Il y a les compétences régionales et au-delà, il y a le rôle de Bruxelles dans le pays. Les Bruxellois doivent régler leurs problèmes eux-mêmes et voir comment collaborer avec les francophones sur l’enseignement et la langue, avec la Région wallonne et la Flandre sur l’économie et le bassin économique qui est plus large. Je constate que les ministres bruxellois quittent le gouvernement pour diriger leurs communes. C’est bien de s’intéresser aux communes et aux quartiers mais il faut aussi regarder vers l’extérieur. Je m’étonne du peu de présence de la Région bruxelloise sur la scène internationale. Cela m’a frappé, à la cérémonie de la Fête de l’Iris, cette grande fête de l’esprit: il n’y avait pas un invité d’une région ou d’un pays voisin. J’en reviens à l’article de “Libé”, s’il y avait une image de Bruxelles véhiculée par les Bruxellois eux-mêmes, ce papier serait tout de suite contredit dans la presse française. Je n’ai jamais vu le ministre-Président à l’étranger, il y a peut-être un règlement qui lui interdit.


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