Baromètre: Relisez le chat avec F. Van de Woestyne

La question taraude les esprits : les élections de mai 2014 vont-elles propulser la N-VA au pouvoir fédéral ? Interrogation sourde. Car avant de pouvoir envisager les nationalistes dans un gouvernement fédéral, il faudra qu’ils aient accepté au préalable de conclure un programme de majorité.

V.R.
Baromètre: Relisez le chat avec F. Van de Woestyne
©BELGA

La question taraude les esprits : les élections de mai 2014 vont-elles propulser la N-VA au pouvoir fédéral ? Interrogation sourde. Car avant de pouvoir envisager les nationalistes dans un gouvernement fédéral, il faudra qu’ils aient accepté au préalable de conclure un programme de majorité avec des partis qui affichent des idées parfois diamétralement opposées aux siennes. Et qu’ils concluent une alliance avec des formations politiques francophones.

Cette question, les Belges se la posent. Et ont bien du mal à y répondre. A leur décharge, le programme institutionnel de la N-VA n’est pour l’heure guère lisible. Les nationalistes disent s’être récemment convertis au confédéralisme. Mais ils se montrent encore incapables de dire ce qu’ils entendent exactement par là. Le parti nationaliste tiendra en effet un congrès aux allures exceptionnelles au début de l’année prochaine pour arrêter une définition du confédéralisme.

Les Belges, en tout cas, ne croient pas beaucoup à la possibilité que la N-VA puisse faire aboutir des négociations fédérales si elle devait virer en tête le 25 mai 2014. Le baromètre politique "La Libre"/RTBF indique que 15 % seulement des Belges pensent qu’elle sera capable de mettre suffisamment d’eau dans son vin pour conclure un programme de gouvernement au cas où les électeurs en feraient le premier parti du pays.

Une moitié des Belges croient cependant que la N-VA pourrait faire partie du prochain gouvernement; 10 % des personnes sondées l’y voient en effet "certainement" et 28 %, "probablement" (voir infographie) .

Un Wallon sur cinq craint la fin

Ce sentiment que la N-VA participera au prochain gouvernement n’est cependant pas uniformément partagé dans le pays. Il est majoritaire en Flandre (58 %). Mais minoritaire à Bruxelles (38 %) et en Wallonie (38 % également). De toute évidence, certaines personnes interrogées prennent leur désir pour une réalité future.

Chez certains Belges, la question d’une éventuelle participation de la N-VA à la négociation gouvernementale va jusqu’à soulever la peur; 11 % d’entre eux estiment en effet qu’il ne sera pas possible de former un gouvernement avec la N-VA et que cette impossibilité conduira à la fin de la Belgique. En Wallonie, c’est même 21 % des habitants qui pensent que le pays court tout droit à l’implosion en mai de l’année prochaine (contre seulement 6 % en Flandre).

2 Wallons sur 5 rejettent la N-VA

Selon le sondage "La Libre"/RTBF, 25 % des Belges estiment d’ailleurs que tout doit être fait pour "éviter que la N-VA participe aux négociations pour la formation d’un prochain gouvernement" . Là aussi, ce sont surtout les Wallons (38 %) qui sont les plus nombreux à le souhaiter, devant les Bruxellois (33 %), eux-mêmes loin devant les Flamands (17 %).

Est-ce la peur justement ou une forme de rejet viscéral qui le justifie ? On ne sait pas trop. Toujours est-il qu’une majorité des personnes ne votant pas pour la N-VA espèrent que le parti auquel elles donneront leur voix ne s’alliera pas avec les nationalistes. Près de 20 % des Belges jugent que leur parti devra "strictement exclure" toute forme de collaboration avec la N-VA. Et 14 %, que leur parti devra "exclure une collaboration avec la N-VA mais pouvoir adapter sa position en fonction des ouvertures que ferait la N-VA" . Seuls finalement 12 % des Belges qui ne votent pas pour la N-VA disent "réellement envisager la N-VA comme un possible partenaire de gouvernement et dès à présent se positionner comme tel" .

A noter que, là aussi, les opinions régionales se démarquent fort les unes des autres. En Flandre, ils ne sont que 19 % à exclure a priori une collaboration avec la N-VA. En Wallonie et à Bruxelles, les opinions vont plutôt dans le sens opposé. Les Bruxellois (51 %) et surtout les Wallons (55 %) espèrent que le parti qui a leur préférence refusera de s’allier avec les nationalistes flamands. Un grand nombre de personnes interrogées (19 %) indique cependant ne pas savoir quelle consigne donner au parti pour lequel ils voteront.

Pas de Premier N-VA

Si la N-VA arrive en tête des élections et qu’elle participe à la formation du prochain gouvernement, elle pourrait logiquement revendiquer le poste de Premier ministre. Mais comment cette demande serait accueillie par la population ? Plutôt mal. Seuls 31 % des Belges s’y montrent favorables. Avec un très net rejet du côté francophone : seuls 13 % des Bruxellois et 10 % des Wallons pourraient envisager un Premier ministre N-VA. Même en Flandre, il n’y a pas une majorité pour l’envisager - même si, avec 45 % elle n’est pas loin. Vivement mai 2014.

Ce sondage a été effectué par Internet du mercredi 15 mai au lundi 20 mai 2013.Marge d’erreur maximale de 1,9 % sur l’échantillon total.


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