Maggie De Block, l’arme de la relance de l’Open VLD

La Secrétaire d’Etat à l’Asile et à l’Immigration a dépassé De Wever en popularité…

Maggie De Block, l’arme de la relance de l’Open VLD
©Photo News
Christian Laporte

En Flandre, elle s’impose de plus en plus depuis quelques mois. On n’en veut pour preuve qu’au dernier sondage VRT-De Standaard, elle a réussi à devancer Bart De Wever. Et à la place de Kris Peeters qui reste l’homme politique le plus populaire en terre nordiste juste devant elle, on se méfierait de cette autre "Dame de fer" qui s’appelle aussi Maggie, fût-ce "op zijn vlaams" . A vrai dire, Maggie De Block, la secrétaire d’Etat à l’Asile et à l’Immigration ne doit plus vraiment craindre un environnement politique encore très "macho", à commencer au sein de son parti l’Open VLD.

Ce dernier n’a jamais fait dans la dentelle pour les collègues/concurrentes féminines qui font davantage l’objet de commentaires grivois que d’éloges sur leur travail politique mais ici, si les actions électorales bleues augmentent, c’est bien plus par son dynamisme que par les belles paroles de la diaphane Gwendolyn Rutten.

Au fond, ce qui compte pour Maggie c’est le résultat, la guérison ou l’amélioration après le diagnostic. Et donc ce qui prime, c’est l’action. Son cabinet et ses militants de Merchtem le confirment : elle semble infatigable.

Dans la presse flamande qui commentait en début de semaine sa nouvelle percée face à un De Wever aux abois, on a dit que son succès est dû à un excellent entourage avec notamment une efficace porte-parole, Els Cleemput, qui fut journaliste judiciaire dans une vie antérieure. C’est vrai en partie, mais pour qui suit son parcours depuis qu’elle est devenue secrétaire d’Etat fédérale, il ne fait pas de doute que c’est aussi sa grande détermination au travail qui l’a propulsée vers les cimes de la popularité. Pour Maggie, la loi peut être sévère mais c’est la loi. Et tout comme elle s’efforça toujours de respecter la dignité humaine lorsqu’elle était médecin généraliste, disponible même en dehors de ses heures de garde, elle s’efforce de distiller cette humanité dans son travail politique.

Elle ne joue pas la carte médiatique

Confrontée à une grève de la faim, elle n’oublie jamais son serment d’Hippocrate et veille à ce que l’irréparable ne puisse pas se produire. Puis, lorsqu’elle lance un projet, elle entend le mener à son terme sans tergiverser. Cette approche ferme mais qui se veut réaliste lui a visiblement fait conquérir le cœur des Flamands. Car elle ne joue certainement pas la carte médiatique à tous crins. D’ailleurs elle n’a jamais brillé vraiment par ses petites phrases, mais les distille parcimonieusement, ce qui les renforce. Ainsi, son "je ne suis pas une impératrice romaine" à propos du plombier afghan de Waregem expulsé qu’elle a clamé, gestes du pouce vers le haut et le bas en renfort, au "Zevende Dag" a fait un "buzz" de Dieu le Père…

En juin 2012, elle avait fait mieux encore, appliquant le principe de Lagardère : plutôt que de s’époumonner à sermonner à Bruxelles les demandeurs d’asile de l’Est européen pour les convaincre que la Belgique ne peut pas tous les accueillir, la Secrétaire d’Etat s’était rendue au Kosovo et en Albanie pour inviter les jeunes du coin à s’investir dans leur propre pays.

Et n’ayant vraiment pas froid aux yeux, la secrétaire d’Etat avait poussé une pointe jusqu’à Prizren, une ville bien connue des jeunes mélomanes locaux pour ses festivals rock. De Block y était montée sur scène pour interpeller les amateurs de musique locaux en leur assénant aussi dans leur propre langue que leur avenir était chez eux et qu’ils ne devaient pas succomber aux fausses tentations de marchands de rêve qui allaient surtout les défaire de 2 000 € avant de les lâcher sur le pavé bruxellois.

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