Le patron de "La Droite" encore accusé

Encore une nouvelle tuile judiciaire pour le patron du parti "La Droite". Aldo-Michel Mungo a comparu devant le tribunal correctionnel de Bruxelles le 23 octobre dernier pour faux en écriture et escroquerie.

Frédéric Chardon
Le patron de "La Droite" encore accusé
©Photo News

Encore une nouvelle tuile judiciaire pour le patron du parti "La Droite". Aldo-Michel Mungo a comparu devant le tribunal correctionnel de Bruxelles le 23 octobre dernier pour faux en écriture et escroquerie, à la demande du procureur du Roi de Bruxelles. Cette affaire s’ajoute à une liste de pépins judiciaires et autres condamnations qui ont frappé la figure de proue du petit parti de droite, une dissidence du Parti Populaire (PP) de Mischaël Modrikamen.

Que reproche-t-on cette fois à Aldo-Michel Mungo ? Tout d’abord, au sujet du faux en écriture. Il s’agit d’un procès-verbal, apparemment créé de toutes pièces, d’une assemblée générale extraordinaire de la société d’éditions Amahok que le dirigeant de "La Droite" administrait. Dans une intention frauduleuse, selon le procureur du Roi, Aldo-Michel Mungo a donc fait croire dans ce PV qu’il cédait l’intégralité de ses parts dans Amahok à une tierce personne, "alors que le prévenu n’a pas cessé d’être, de fait, gérant ou cogérant ainsi que bénéficiaire économique principal, voire exclusif de ladite société", détaille le document de la citation à comparaître.

Le but de Mungo, toujours selon le parquet, aurait été de fuir notamment ses responsabilités pénales et/ou civiles engagées vis-à-vis des partenaires commerciaux de la société Amahok.

Autre accusation qui a conduit Aldo-Michel Mungo devant le tribunal correctionnel en octobre dernier : il a fait réaliser, de 2009 à 2011, des milliers d’exemplaires de la revue militaire qu’il dirigeait, "Carnets de vol", par de multiples imprimeurs à la suite les uns des autres. Apparemment, ces imprimeurs n’étaient pas payés ou pas entièrement payés par Aldo-Michel Mungo, et il en résulte des créances non réglées. Ce "carrousel", organisé entre 9 imprimeurs au total, laisse un préjudice pour ces derniers de l’ordre de 100 000 euros.

Un "procès politique"

Contacté dimanche, Aldo-Michel Mungo rejette toutes ces accusations et évoque, comme il l’avait déjà fait précédemment dans d’autres affaires judiciaires, un complot à son encontre. Il parle même de "procès politique", laissant entendre qu’il y a une conspiration contre lui afin de nuire à l’ascension de son parti politique.

Il accuse aussi Mischaël Modrikamen d’être derrière la procédure enclenchée par le procureur du Roi afin de le déstabiliser politiquement à 6 mois des élections. Sous-entendu : le PP, qui a connu une belle progression dans le dernier baromètre politique de "La Libre", voit d’un mauvais œil l’ascension de "La Droite" dans les sondages également. D’où des tentatives de déstabilisation, estime le porte-voix de "La Droite".

"Pourquoi cette comparution ? On est décidément très nerveux au parquet, ironise Aldo-Michel Mungo. Le procureur est au service d’une personne bien précise (Mischaël Modrikamen, NdlR) dans le cadre d’une vaste opération. J’ai en ma possession des échanges de courriers entre Modrikamen et le procureur du Roi de Bruxelles à cet égard… J’ai d’ailleurs déposé plainte pour collusion ! C’est du harcèlement. Quelle est la contrepartie obtenue pour cette opération judiciaire contre moi ?".

Pour les deux points de la citation à comparaître évoqués ici, Aldo-Michel Mungo réagit également : "Des faux en écriture et une escroquerie, ce sont des accusations qui relèvent du pénal. Or, il n’y a pas eu d’instruction préalable. C’est une citation directe de la part du procureur du Roi. La présidente du tribunal a d’ailleurs relevé immédiatement ce problème de procédure." Sur le fond du dossier concernant les 9 imprimeurs lésés, Aldo-Michel Mungo évoque une dénonciation par mail à la police venant d’un ancien conseiller juridique du PP, à nouveau. Pour les imprimeurs lésés, il ne s’agirait pas, selon le patron de "La Droite", d’une "arnaque" de sa part, mais de problèmes liés à des questions de livraisons.

La suite judiciaire de cette affaire est prévue en mai 2014.

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