Une coalition inédite.

Les élections du 25 mai 2014 ont livré un grand vainqueur : la N-VA. De son côté, la famille libérale se montrait plutôt en forme contrairement à son homologue socialiste clairement en recul alors que les partis écologistes étaient confrontés à un destin croisé – Groen en hausse, Écolo en baisse.

La victoire de la N-VA a chamboulé tous les pronostics. Il est vite apparu que les nationalistes ne pourraient pas être écartés du gouvernement fédéral malgré les réticences des francophones. C’est ainsi qu’est née, en Belgique, une coalition inédite regroupant un seul parti francophone, le MR et trois partis flamands (N-VA, CD&V et Open VLD). Presque en rétorsion, PS et CDH liaient leur destinée à la région wallonne. La législature a été à l’image de ses débuts : chahutée. En voici les moments clés.

11 octobre 2014 : Charles Michel devant le Roi

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Succédant à un autre Premier ministre francophone (Elio Di Rupo), Charles Michel (MR) prête serment le 10 octobre 2014 comme leader d’une coalition fédérale insolite – dont le caractère inédit se marque tant par la présence du parti séparatiste N-VA que par la faiblesse de son versant francophone. Ces caractéristiques lui valurent d’être appelée la “Kamikaze” avant de devenir la “Suédoise”.


6 novembre 2014 : méga-manifestation

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Quelque 120 000 manifestants défilent dans les rues de Bruxelles pour protester contre le programme socio-économique du nouveau gouvernement (singulièrement le relèvement à 67 ans de l’âge de la pension). Les syndicats n’avaient plus ramené autant de monde depuis les années Martens-Gol. Des incidents éclatent en fin de cortège.


22 mars 2016 : les attentats à Bruxelles

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Quatre mois après avoir semé la mort à Paris, le terrorisme islamiste frappe Bruxelles. Deux terroristes actionnent une charge explosive à l’aéroport de Zaventem ; un autre à la station Maelbeek. Les attentats feront 32 morts et plus de 300 blessés. Deux ministres (Jambon et Geens) présenteront leur démission, qui sera refusée.


20 décembre 2016 : le scandale Publifin

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Le scandale se lève après la parution, dans Le Vif, d’un article révélant que des membres des comités de secteur de l’intercommunale Publifin étaient grassement payés pour des réunions à laquelle ils ne participaient même pas toujours. L’affaire aura des répercussions en Flandre. Le Parlement wallon instaurera une commission d’enquête parlementaire.


8 juin 2017 : le scandale emporte Yvan Mayeur

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Quelques semaines après le scandale Publifin, la presse révèle des pratiques douteuses au sein du Samusocial, une ASBL dépendant de la ville de Bruxelles qui s’occupe de l’accueil des personnes sans-abri. Les rémunérations que s’octroient certains membres des instances dirigeantes paraissent démesurées – surtout pour une association qui s’occupe des plus défavorisés. Yvan Mayeur (PS), alors bourgmestre de la commune, ne résistera pas à la pression.


19 juin 2017 : le coup de Lutgen

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Prenant appui sur les scandales Samusocial et Publifin (qui ne touchent pourtant pas que le PS), le président du CDH Benoît Lutgen appelle les partis dans l’opposition en Région wallonne et à Bruxelles à former de nouvelles majorités sans les socialistes. Seul le MR répondra à son appel, ne permettant un changement d’alliance qu’en Wallonie.


20 décembre : l’affaire des Soudanais

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La politique du secrétaire d’État à l’Asile Theo Francken (N-VA) a fait l’objet de nombreuses polémiques lors de la législature, parfois au sein même du gouvernement. La plus virulente aura trait aux soupçons de mauvais traitements qu’aurait infligés l’État soudanais à des ressortissants renvoyés par la Belgique dans leur pays.


14 octobre 2018 : les élections communales

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Les élections communales sont, par essence, très particulières et n’ont a priori pas d’influence sur la gestion des autres niveaux de pouvoir. Celles qui se sont déroulées le 14 octobre ont montré, outre un beau résultat d’ensemble des formations écologistes, un regain de forme du Vlaams Belang. Ce retour en force a rendu manifestement très nerveux son concurrent le plus direct, la N-VA, par ailleurs partenaire du gouvernement fédéral.


9 décembre 2018 : la N-VA quitte la “Suédoise”

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Alors que durant la phase de rédaction, elle n’a rien trouvé à redire, la N-VA dit ne plus pouvoir soutenir le Pacte des migrations de l’ONU à la veille de son adoption à Marrakech. Incapable de convaincre ses partenaires de majorité du bien-fondé de son revirement, elle quitte le gouvernement fédéral.


5 février 2019 : démission flamande

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Dans une intervention devant des agriculteurs, la ministre flamande de l’Environnement Joke Schauvliege (CD&V), que l’on dit proche du Boerenbond, prétend que, selon la sûreté de l’État, les jeunes qui manifestent contre le réchauffement climatique sont manipulés de l’extérieur. Prise en flagrant délit de mensonge, elle doit démissionner.


18 mars 2019 : le gouvernement wallon perd sa majorité


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C’est avec stupeur que le gouvernement wallon MR-CDH a appris dans La Libre qu’il perdait sa majorité, au Parlement wallon, à quelques semaines des élections. La députée MR, Patricia Potigny a, en effet, annoncé qu’elle rejoignait les Listes Destexhe. Il faut dire que la majorité mise en place en juillet 2017 ne tenait qu’à un seul siège.