Les FDF accusent le PS et le MR de faire le lit électoral de la N-VA

Au même moment, la tête de liste N-VA au parlement bruxellois Johan Van den Driessche s'en est pris dimanche à ceux qui "essaient de récupérer" le joueur de football Vincent Kompany, lors d'un congrès de son parti à Bruges.

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Les FDF accusent le PS et le MR de faire le lit électoral de la N-VA
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Réunis dimanche pour leur premier meeting de campagne, les FDF ont durement critiqué les partenaires francophones de la majorité fédérale qu'ils ont accusés de faire le lit électoral de la N-VA.

"Réforme fiscale du MR contre celle du PS, mamours avec les pandas ou avec des nains jaunes, toutes ces caricatures de débats poussent les électeurs à faire le choix de la protestation impuissante en donnant leurs voix aux partis extrémistes, ce qui fait le jeu des partis au pouvoir PS et MR en tête", a notamment dit Olivier Maingain dans son discours de clôture.

Pour le président des FDF les affrontements idéologiques de ces deux partis ne durent que le temps de la campagne. Ils constituent une tromperie car les socialistes, comme les libéraux francophones, "portent une lourde responsabilité dans le divorce des citoyens avec la politique".

Olivier Maingain a également jugé que les digues de la sixième réforme de l'Etat présentée par le gouvernement comme indispensable pour arrêter la marche en avant des nationalistes flamands "seront balayées comme des châteaux de sable à la mer du nord".

De plus, a-t-il soutenu, cette réforme de l'Etat appauvrira durablement les Wallons et les Bruxellois, raison pour laquelle les FDF l'ont refusée, a rappelé à ce sujet le chef de file des FDF à Bruxelles, Didier Gosuin.

Olivier Maingain a une nouvelle fois reproché au gouvernement fédéral PS-MR-cdh de ne pas avoir, dans le même temps, eu la volonté d'engager les véritables réformes dont le pays a besoin. Il a été rejoint sur point par le député-bourgmestre Bernard Clerfayt pour qui l'absence de vision socio-économique imposera aux décideurs de demain d'affronter tous les dangers.

De leur côté, les FDF s'engagent, a insisté Olivier Maingain, à refuser la dérive confédéraliste engagée par la sixième réforme de l'Etat "et les ambiguïtés de ceux qui comme au MR veulent préserver leurs ambitions, personnelles au prix d'une alliance honteuse avec la N-VA".

Il soutiennent une politique européenne d'investissement dans les technologies du futur comme source de création d'emplois et en parallèle une relance de la politique de l'enseignement et de la formation en Wallonie et à Bruxelles.

Pour eux, la politique des dépenses publiques doit venir prioritairement en appui du "triangle d'or de la prospérité future": haut niveau de qualification, haut niveau de la recherche, et haut niveau de création d'entreprises.

Le président des FDF a enfin plaidé pour une évaluation des politiques menées en Wallonie et à Bruxelles notamment en matière de lutte contre le chômage pour redonner confiance à ceux pour qui la privation d'emploi est la plus cruelle des atteintes à leur dignité, tout en se montrant ferme à l'égard de ceux qui trichent.

Les habitants de la périphérie n'ont pas été oubliés lors du meeting. Ils seront directement représentés par un tiers des candidats de la formation amarante sur la liste FDF pour la Chambre dans l'arrondissement de Bruxelles, a ainsi indiqué la bourgmestre non-nommée de Crainhem Véronique Caprasse (2ème sur la liste). Pour Eric Libert (Rhode-Saint-Genèse), l'axe potentiel MR/N-VA serait "la pire des choses pour la périphérie".

"Où serait Kompany sans les flamingants qui n'abandonnent pas Bruxelles?"

La tête de liste N-VA au parlement bruxellois Johan Van den Driessche s'en est pris dimanche à ceux qui "essaient de récupérer" le joueur de football Vincent Kompany, lors d'un congrès de son parti à Bruges. "Où serait Kompany sans les flamingants qui n'abandonneront jamais Bruxelles? ", a-t-il lancé sous les applaudissements. Les militants de la N-VA étaient réunis ce dimanche à Bruges pour un congrès consacré en grande partie aux questions d'enseignement. En la matière, le parti nationaliste s'oppose "à des réformes de structure inutiles".

Lors de son intervention, M. Van den Driessche a critiqué l'organisation administrative de Bruxelles, tout en insistant sur l'importance de la capitale pour la Flandre.

De façon surprenante, il a embrayé en dénonçant, sans les nommer, les formations politiques qui "veulent récupérer Vincent Kompany". "Où serait Kompany sans l'enseignement flamand, sans la communauté flamande qui continue d'investir massivement dans Bruxelles, et sans les flamingants qui n'abandonneront jamais Bruxelles? " a-t-il poursuivi, sous les applaudissements.

La N-VA veut augmenter la capacité des centres fermés et louer des places aux Pays-Bas

La N-VA veut augmenter la capacité des centres fermés pour étrangers en situation irrégulière. Le parti nationaliste propose même de louer des places dans un centre fermé de Rotterdam, à l'image de ce qui se fait déjà pour les détenus à la prison néerlandaise de Tilburg. Le député Théo Francken a répété ces propositions de la N-VA lors d'un débat politique sur la VRT, dans l'émission De Zevende Dag, après que la secrétaire d'Etat à l'asile et à l'immigration, Maggie De Block eut défendu son bilan. "Nous avons remis sur pied la politique du retour. Les retours volontaires ont augmenté énormément, de plus de 40% pendant ma première année. Les retours contraints aussi, de 30%", s'est réjouie Mme De Block.

S'il a salué cette tendance, M. Francken estime néanmoins que "la politique de retour a échoué". La N-VA veut renforcer les possibilités d'enfermement, en développant la capacité d'accueil des centres fermés et en louant des cellules au centre fermé de Rotterdam, où 400 places seraient disponibles. "A terme, nous pouvons construire un nouveau centre fermé", ajoute-t-il.

Le député N-VA a aussi appelé à conclure des accords de rapatriement avec les pays du Maghreb. Sur ce point, Mme De Block a indiqué que les relations avec les pays en question étaient difficiles, mais elle souligne que des contacts ont permis de faciliter les expulsions, au point que la Belgique a pu "renvoyer quatre fois plus de personnes que l'Allemagne".




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