Le ministre cdH René Collin, cumulard en chef du gouvernement wallon

Richard Fournaux (MR) et Bea Diallo (PS) n'ont, quant à eux, pas déposé leur déclaration de mandats 2013. Découvrez qui sont les politiques belges les plus cumulards.

Stéphane Tassin
Le ministre cdH René Collin, cumulard en chef du gouvernement wallon
©belga

La déclaration annuelle de mandats et de patrimoine que doivent rentrer annuellement les mandataires politiques et hauts fonctionnaires du pays est une obligation légale. Chaque année, l’ensemble de ces déclarations est compilé par la Cour des comptes et publié dans le Moniteur belge du 14 août. La déclaration 2014 (qui porte sur l’année 2013) vient donc de sortir.

Des mandataires en défaut de déclaration

Nous nous sommes d’abord penchés sur les mandataires en défaut de déclaration. Si des poursuites sont prévues en cas de manquement à cette règle, manifestement ces dernières ne sont que très rarement exécutées. On constatera que pour la déclaration de mandats 2013, 336 mandataires n’ont pas rendu leur déclaration. Ils étaient 296 en 2013 (déclaration 2012), 158 en 2012 (déclaration 2011), 196 en 2011 (déclaration 2010) et 329 en 2010 (déclaration 2009). Un chiffre qui remonte de manière sans doute inquiétante cette année.

Si l’année dernière on retrouvait dans cette liste de défaillants, un ministre wallon, en la personne de Carlo Di Antonio (cdH), cette année, aucun membre d’exécutif régional ou fédéral n’a oublié de remplir ses obligations. Au rayon des personnalités quelque peu connues, on retrouve donc dans la liste des mandataires qui n’ont pas remis leur déclaration : Léon Casaert (PS), ancien bourgmestre de Charleroi ; Valérie Deom (PS), ancienne députée fédérale ; Bea Diallo (PS), député bruxellois et échevin à Ixelles ; Richard Fournaux (MR), bourgmestre de Dinant ; Eric Goffart (cdH), échevin à Charleroi ou encore Bernard Wesphael (ex-Ecolo et Mouvement de gauche) pour lequel on peut trouver des circonstances atténuantes. L’homme étant toujours emprisonné.

Quelques personnalités francophones

Nous nous sommes également penchés sur les déclarations de quelques personnalités issues des différents partis politiques francophones. Paul Magnette (PS), ministre-président wallon occupait, en 2013, 19 mandats dont six rémunérés. Précisons que seuls quatre mandats rémunérés ont été occupés en même temps. Son traitement de ministre fédéral ayant été supprimé lorsqu’il prit la direction du PS (ff) par exemple. Elio Di Rupo (PS) n’occupait, en 2013, que deux mandats rémunérés, ceux de Premier ministre et de conseiller communal à Mons.

Maxime Prévot (CDH), vice-président du gouvernement wallon, occupait, en 2013, 10 mandats dont cinq rémunérés. René Collin (CDH), nouveau ministre wallon de l’Agriculture, est par contre un champion du cumul avec, en 2013, 23 mandats pour 10 rémunérés. Joëlle Milquet (CDH), qui vient de reprendre l’Enseignement, occupait, en 2013, six mandats dont deux rémunérés.

Charles Michel, président du MR, occupait, en 2013, 11 mandats dont quatre rémunérés. Willy Borsus, chef du groupe MR au Parlement wallon, est un champion du genre avec, en 2013, neuf mandats rémunérés sur 17. Didier Reynders, occupait pour sa part, en 2013, 12 mandats dont quatre rémunérés.

Chez Ecolo, le coprésident Olivier Deleuze occupait, en 2013, 9 mandats dont deux rémunérés. Jean-Marc Nollet, ancien ministre wallon, occupait, en 2013, quatre mandats dont un seul était rémunéré. Chose étrange, pas de trace de la coprésidente Emily Hoyos dans les listes publiées par le Moniteur belge.

Bart De Wever, parfait cumulard

Enfin côté flamand, signalons que Bart De Wever, président de la N-VA, occupait, en 2013, 13 mandats dont 5 rémunérés. On peut donc être flamand, dénoncer certains maux du sud du pays et être un parfait cumulard. 

Précisons que le record de cumul de mandats date de 2004 avec 120 mandats détenus par Christian Dumolin (ancien membre du conseil de régence de la Banque nationale). 

Pour l’anecdote, lorsqu’il quittera ses fonctions ministérielles, Jean-Pascal Labille (PS) devrait retrouver ses 52 mandats dont 13 sont rémunérés.


Pour en savoir plus, rejoignez le site cumuleo.be.