Conclave budgétaire wallon: les grandes lignes de l'ajustement budgétaire dégagées

Chaque ministre doit désormais affiner, dans son cabinet, les chiffres des efforts requis, sur lesquels se pencheront les techniciens ce vendredi encore. Le ministre du Budget Christophe Lacroix avait prévenu que l'effort devrait être généralisé à l'ensemble des politiques.

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Conclave budgétaire wallon: les grandes lignes de l'ajustement budgétaire dégagées
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Le gouvernement wallon a entamé jeudi son premier conclave budgétaire en dégageant les grandes lignes de l'ajustement de l'exercice 2014, mais a refusé de communiquer sur les chiffres et mesures envisagés, alors que le budget 2015 doit encore être élaboré ce week-end et que plusieurs incertitudes planent encore. Pas de longues discussions à l'entame de ces travaux, qui s'annoncent pourtant complexes. Les ministres se sont retrouvés vers 9 heures à l'Elysette pour tenir leur conseil hebdomadaire et aborder l'ajustement budgétaire 2014. Ils se sont quittés vers 14 heures.

Chaque ministre doit désormais affiner, dans son cabinet, les chiffres des efforts requis, sur lesquels se pencheront les techniciens ce vendredi encore. Le ministre du Budget Christophe Lacroix avait prévenu que l'effort devrait être généralisé à l'ensemble des politiques. On pense là aux "lissages d'investissements", qui les étale dans le temps.

Le week-end sera dédié au budget initial 2015, mais une issue favorable dès dimanche soir est peu probable. Les incertitudes planant sur la formation du gouvernement fédéral et la confection toujours en cours du budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles laissent entrevoir la poursuite des travaux en début de semaine prochaine. La confection du budget de la Région bruxelloise pourrait également jouer, si les Régions étaient appelées à la rescousse de la Fédération.

Au final, Région wallonne et Fédération devraient boucler leurs budgets respectifs à quelques heures d'intervalle.

L'effort à fournir en Région wallonne est très important: 1,1 milliard d'euros à trouver, pour revenir à l'équilibre budgétaire en 2018. Cette échéance - qui n'a toutefois pas encore été avalisée en comité de concertation - permet au gouvernement wallon de s'octroyer un déficit d'ici là (quelque 450 millions l'an prochain).

C'est que les mauvaises nouvelles n'ont pas manqué: à l'effort que les entités fédérées doivent fournir pour assainir les finances de l'Etat (335 millions en 2015 pour la Wallonie), il convient d'ajouter l'impact du ralentissement de la croissance (21,8 millions sur 2014) et les requalifications dues à la modification des normes comptables de l'Europe (570 millions sur 2015 pour un premier volet de requalifications, alors qu'un second volet reste incertain).

Le gouvernement PS-cdH s'étant engagé à ne pas lancer des recettes nouvelles (taxes, etc), l'effort portera essentiellement sur les dépenses. Christophe Lacroix avait ainsi évoqué en août des réductions de 7% des dépenses décrétales, de 15% des subventions facultatives ou de 10% de certains OIP, mais il s'est récemment refusé à confirmer ces chiffres.

Ce flou laisse la place aux rumeurs. Ainsi, d'aucuns évoquaient ces dernières semaines une réduction de 7 à 15% des points APE (aide à la promotion de l'emploi). En début de semaine, la ministre Eliane Tillieux a dû rompre le silence qui entoure la confection budgétaire en assurant que l'effort porterait sur 1,5%.

Si le Plan Marshall devrait être épargné, de même que l'AWIPH, les TEC et le corps des fonctionnaires du SPW (un seul remplacement sur cinq départ pendant deux ans, du moins pour les services non-continus) devraient notamment être mis à contribution. Les lissages d'investissements y seront pour beaucoup.