Qui sont les ministres francophones?

Certains noms sont très connus, d'autres un peu moins. Afin de vous familiariser avec le casting MR, découvrez les portraits de tous les ministres francophones.

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Qui sont les ministres francophones?
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Certains noms sont très connus, d'autres un peu moins. Afin de vous familiariser avec le casting MR, découvrez les portraits de tous les ministres francophones.


Didier Reynders, l'éternel vice-Premier ministre - Affaires étrangères

Didier Reynders sera une nouvelle fois le vice-Premier ministre du MR, une fonction qu'il occupe sans interruption depuis 2004. Les circonstances ont toutefois changé pour celui qui a connu les gouvernements Verhofstadt, Leterme, Van Romuy et Di Rupo. Le Premier ministre sera issu de son propre parti et a été son principal concurrent au sein du MR. Né à Liège le 6 août 1958, Didier Reynders est licencié en droit de l'Université de Liège. Il a assumé, entre mars 1987 et mai 1988, le poste de chef de cabinet de Jean Gol, son mentor, alors vice-Premier ministre et ministre de la Justice.

Il est également président du Conseil d'administration de la SNCB d'octobre 1986 à août 1991. Agé alors de 28 ans, il mène avec l'administrateur-délégué Etienne Schouppe un vaste plan de restructuration et d'assainissement des chemins de fer.

Son parti ayant rejoint l'opposition, il se retrouve sur les bancs de la Chambre où il a été élu pour la première fois en 1993.

En 1995, même s'il est considéré comme le dauphin de Jean Gol, il doit s'effacer devant Louis Michel pour la présidence du parti. Il devient alors chef de groupe à la Chambre. Il mène la vie dure au gouvernement Dehaene-Di Rupo dont il pourfend la "rage taxatoire".

C'est en 1999 qu'il devient ministre des Finances lorsque les libéraux font leur retour au pouvoir après plus de dix ans d'opposition. A ce poste, il se fait connaître par la réforme fiscale du gouvernement arc-en-ciel et par le passage à l'euro qu'il pilote en tant que président de l'Eurogroupe.

Retrouvant son portefeuille des Finances en 2003, son deuxième mandat à ce poste est marqué par la poursuite de la réforme fiscale et l'instauration de la Déclaration libératoire unique (DLU), qualifiée aussi d'"amnistie fiscale". Il profite en 2004 du départ de Louis Michel à l'Europe pour devenir vice-Premier ministre. Au sein de son parti, il prend la présidence le 11 octobre 2004.

Après une législature marquée notamment par la promotion des intérêts notionnels, il se lance dans la campagne électorale de 2007 en adoptant un ton résolument offensif par rapport au PS, empêtré dans les scandales politico-judiciaires, faisant au final perdre aux socialistes leur leadership en Wallonie comme à Bruxelles.

Cette victoire permet aux libéraux de devenir, à la Chambre, la famille politique la mieux représentée. D'aucuns le voient alors potentiel premier ministre.

Didier Reynders est le premier, au lendemain des élections, à évoquer la possibilité d'un gouvernement orange-bleu, associant libéraux et démocrates-chrétiens et renvoyant le PS dans l'opposition. Nommé informateur par le roi Albert II, il cède le relais à Jean-Luc Dehaene avant l'entrée en piste d'Yves Leterme. L'orange bleue échoue et un gouvernement voit le jour avec les socialistes.

Son action dans le sauvetage des banques en 2008, la crise du groupe Dexia et le rachat d'une partie de celui-ci par l'Etat belge a été prépondérante.

En juin 2010, les libéraux perdent les élections que remportent socialistes au sud du pays et nationalistes de la N-VA au nord. Ils sont d'abord écartés des discussions mais, alors que la Belgique traverse la crise politique la plus longue de son histoire, ils reviennent dans le jeu lorsqu'au printemps 2011. Er M. Reynders est chargé d'une mission de médiation.

Président du Mouvement réformateur, Didier Reynders doit faire face à une contestation de plus en plus vive orchestrée par le groupe "Renaissance" organisé autour de Charles Michel. il doit se résoudre à quitter la présidence du Mouvement à laquelle accède Charles Michel en janvier 2011. Le changement de présidence et la conclusion d'un accord institutionnel jugé trop faible pour les francophones entraîne le départ du FDF des sphères du MR.

Dans l'équipe Di Rupo, Didier Reynders conserve le poste de vice-Premier ministre et reçoit le portefeuille des Affaires étrangères. Ses prédécesseurs libéraux, Louis Michel et Karel De Gucht, s'étaient distingués par quelques déclarations fracassantes. Didier Reynders préfère la prudence.

En janvier 2012, il quitte Liège pour s'installer à Bruxelles où les libéraux sont en manque d'une forte personnalité depuis le décès de Jacques Simonet. Il se présentera aux élections communales à Uccle et mènera la liste MR aux élections législatives. Les libéraux réalisent un beau score -Reynders arrive en tête des voix de préférence- mais les socialistes, emmenés par Laurette Onkelinx, les dépassent en nombre de sièges.

Didier Reynders était promis à la Commission européenne mais le revirement du CD&V bouleverse son plan de carrière. Le MR hérite du poste de Premier ministre qui va à Charles Michel, président du parti et formateur. Lors du congrès de participation des libéraux, jeudi soir, le vice-Mremier ministre assure le futur chef de gouvernement de tout son soutien.

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Hervé Jamar, le retour au gouvernement après 7 ans d'absence - Budget

Hervé Jamar retrouve le gouvernement fédéral sept ans après l'avoir quitté, alors que se mettait en place le gouvernement Leterme I. Né à Huy en 1965, Hervé Jamar est licencié en droit de l'Université de Liège et avocat au barreau de Huy. Fils du bourgmestre de l'un des villages qui formeront le grand Hannut, il s'engage tôt en politique. Durant ses études, il sera l'un des animateurs de la Fédération des étudiants libéraux. Elu conseiller communal de la cité hesbignonne en 1988, il en deviendra le bourgmestre 6 ans plus tard.

Il entre pour la première fois au parlement wallon en 1999, en tant que suppléant de la figure bleue de la région à l'époque, Pierre Hazette. Il y préside la Commission de l'Agriculture. Il est également à l'origine d'une proposition de décret qui impose l'installation de détecteurs de fumée dans tous les immeubles d'habitation.

En 2003, Hervé Jamar entre au gouvernement fédéral dirigé par Guy Verhofstadt. Il se voit confier le secrétariat d'Etat à la Modernisation des Finances et à la Lutte contre la fraude fiscale, adjoint au ministre des Finances, Didier Reynders. Il oeuvre à la rédaction en ligne de la déclaration d'impôts, à la lutte contre la fraude fiscale dans les phone-shops et les magasins de nuit, les carrousels à la TVA, etc.

Entre juillet et décembre 2007, il prend le rang de ministre à la suite du départ d'Armand De Decker pour le Sénat.

Hervé Jamar ne sera pas reconduit dans les gouvernements suivants. Bernard Clerfayt (MR-FDF) prend sa place.

Le député régional retrouve l'hémicycle wallon en 2008. Ce membre de B-Plus fera partie du groupe de réflexion institutionnelle mis sur pied en avril. Depuis les bancs de l'opposition, il s'illustrera également dans la défense du vote des Belges à l'étranger pour les élections régionales.

Sur la scène locale, il prend une part active à la fronde qui s'est levée contre la maïeure d'une commune proche: Anne-Marie Lizin (PS), bourgmestre de Huy, dont le comportement et les notes de frais défraient la chronique.

En 2009, Hervé Jamar est réélu au parlement régional. Il réalise le deuxième score en voix de préférence de l'arrondissement de Huy-Waremme. Il préside la Commission du Logement et de l'Energie qui sera le théâtre de la querelle du photovoltaïque, dossier martyr des écologistes.

Au sein du parti, il est l'un des membres du groupe "Renaissance" qui s'est constitué autour de Charles Michel et Willy Borsus pour remettre en jeu la présidence du MR exercée par Didier Reynders.

En 20014, Hervé Jamar est à nouveau tête de liste pour les élections régionales. Il réalise le meilleur score de sa circonscription avec 15.221 voix de préférence.

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Daniel Bacquelaine, de la Chambre au gouvernement - Pensions

Daniel Bacquelaine sera le nouveau ministre des Pensions. A 62 ans, le libéral, fidèle de Didier Reynders et proche lui aussi de Jean Gol, accède à un poste ministériel après une longue carrière parlementaire. Daniel Bacquelaine est né le 30 octobre 1952 à Liège. Ce fils de magistrat a étudié la médecine à l'université de Liège avant de s'installer à Chaudfontaine pour y exercer la profession de médecin généraliste. Pendant ses études, il est déjà actif en politique en militant auprès des étudiants libéraux.

Daniel Bacquelaine a commencé sa carrière politique sur le plan local. En 1982, il est élu conseiller communal à Chaudfontaine, ville dont il est ensuite échevin et, dix ans plus tard, bourgmestre. En 1985, il siège également au Conseil provincial de Liège.

Suppléant de Jean Gol, il est entré à la Chambre en 1994 et y a siégé sans interruption au cours des législatures suivantes. En 1999, lorsque les libéraux retrouvent le pouvoir après 11 ans d'opposition, il devient chef de groupe à la Chambre, une fonction qu'il n'a plus quittée.

Spécialiste des matières de santé, ce laïc convaincu s'est particulièrement investi dans les travaux de la loi sur l'euthanasie comme dans d'autres dossiers très divers, comme celui des peines d'intérêt général. Il a aussi été le vice-président de la Commission Lumumba. Au sein de son parti, il a présidé un groupe de travail sur l'interculturalité, dont l'un des résultats fut la rédaction de propositions sur le port de signes philosophiques et religieux.

Daniel Bacquelaine est apparu à l'avant-plan de la scène médiatique pendant la crise interne qu'a traversée le MR en 2010. Au mois de décembre, après que Sabine Laruelle a renoncé à briguer la présidence du MR, il a présenté sa candidature. Cet homme respecté au sein du parti (qui était encore en fédération avec le FDF) a recueilli un large soutien que beaucoup n'attendaient pas: 45 pc des voix des militants contre 55 pc pour Charles Michel.

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Marie-Christine Marghem, une MCC qui entre au gouvernement - Energie

Une mandataire du MCC entre au gouvernement fédéral. Parlementaire remarquée, Marie-Christine Marghem hérite de l'Energie. Née en 1963 à Tournai, Marie-Christine Marghem est licenciée en droit de l'Université de Liège et avocate. Elle est entrée en politique sous les couleurs du PSC qu'elle a défendues en 1994, lors d'élections communales qui lui ont permis de décrocher un siège à Tournai. Elle quitte le parti social-chrétien et suit Gérard Deprez au Mouvement des Citoyens pour le Changement (MCC) à l'époque où l'ex-figure de proue du PSC entend créer une fédération regroupant les sociaux-chrétiens et les libéraux pour mettre un terme à la domination du PS.

Marie-Christine Marghem entre à la Chambre en 2003 sur les bancs du MR et sera réélue lors des scrutins qui suivent. Active au sein de la Commission de la Justice, elle fait parfois entendre une voix très critique à l'égard des projets de la ministre Annemie Turtelboom et est l'une des parlementaires MR à ne pas approuver la proposition de loi qui étend la loi sur l'euthanasie des mineurs. A l'issue des élections du 25 mai, elle hérite de la présidence de ladite Commission. Elle a également présidé la Commission spéciale instituée à la suite de la débâcle de Dexia.

Marie-Christine Marghem fait partie de l'aile conservatrice du MR. Elle est membre du comité de soutien d'Action pour la famille, une association qui a "pour objectif de défendre et de promouvoir la famille naturelle, fondée sur l'amour complémentaire d'une femme et d'un homme", aux côtés d'autres parlementaires du MR.

A l'échelon local, Marie-Christine Marghem est l'une des fortes personnalités de la vie politique tournaisienne. Echevine des Finances de 2000 à 2006, elle retrouve le collège communal de la Cité des 5 Clochers en 2012, après avoir réalisé un score record aux élections -7.911 voix de préférence, quelque 500 de plus que le ministre-président et futur bourgmestre, Rudy Demotte.

Malgré ses activités politiques, Marie-Christine Marghem n'a pas renoncé au barreau. Elle confiait il y a peu encore plaider une fois par semaine.

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Willy Borsus, le fils d'agriculteur, entre au gouvernement - PME et Agriculture

A 52 ans, Willy Borsus accède à une fonction ministérielle qu'il ambitionnait depuis plusieurs années. Son parcours ne le destinait pas au gouvernement fédéral mais la relégation du MR pendant 5 années supplémentaires dans l'opposition à la Région wallonne a conduit ce parlementaire régional à se tourner vers un autre échelon du pouvoir. Né le 4 avril 1962, ce fils d'ouvrier agricole est gradué en sciences juridiques de l'IESN (Namur). Il a été secrétaire général du Conseil des Comités nationaux de la Jeunesse d'Europe. Il fait sa véritable entrée en politique en 1988 en étant élu conseiller communal à Somme-Leuze, commune de la province de Namur, dont il deviendra le bourgmestre 6 ans plus tard. Il est également attaché parlementaire de Charles Cornet d'Elzius et, en 1993, le président du PRL, Jean Gol, en fait l'un des trois vice-présidents du parti.

En 1994, Willy Borsus est élu conseiller provincial de Namur. Un an plus tard, il devient président du Conseil et en profite pour secouer l'institution en l'appelant à se moderniser. Il devra patienter jusqu'en 2004 pour décrocher son premier mandat parlementaire, au parlement wallon. Entretemps, il a été conseiller au cabinet du ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement, Michel Foret. La déferlante des affaires politico-judiciaires qui touchent le PS permet à ce fin débatteur d'apparaître sous les projecteurs. Le député déploie ses talents oratoires et son art de la joute verbale au sein de la Commission spéciale chargée de faire la lumière sur le fonctionnement de l'AWIPH, puis plus tard dans des dossiers comme celui de la gestion du Forem ou des réformes du Code de la démocratie locale menées à la hussarde par la majorité PS-cdH pour trouver une solution à la crise carolorégienne. Parallèlement, il s'affirme comme un fin connaisseur de l'aménagement du territoire et de son byzantin CWATUP.

En 2009, les Réformateurs entament leur deuxième législature dans l'opposition et Willy Borsus reprend le poste de chef de groupe au parlement wallon, occupé par Serge Kubla. L'opposition menée tambour battant par le MR n'a pas porté les fruits attendus. Le style se fait plus consensuel même si Ecolo ou le ministre du Budget, André Antoine (cdH), font régulièrement les frais des attaques libérales.

Au sein du parti, Willy Borsus se range aux côtés de Charles Michel quand éclate la fronde contre le président, Didier Reynders. Le chef de groupe wallon prend la tête du groupe Renaissance qui regroupe les rebelles. En octobre 2009, il est désigné vice-président exécutif du parti. Son influence va croissant. Il se charge notamment de la préparation du scrutin communal de 2012 qui permettra au MR de décrocher le plus grand nombre de bourgmestres en Wallonie.

En décembre 2013, Willy Borsus crée la surprise. Le président de la Fédération namuroise du MR annonce qu'il se présentera aux élections régionales en province de Luxembourg afin de ramener aux libéraux les sièges qui leur ont échappé de justesse lors des scrutins précédents. Le pari sera gagnant et l'hypothèse d'une candidature au maïorat de Marche-en-Famenne en 2018 circule déjà.

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Jacqueline Galant, des dossiers sécurité à la mobilité

A quarante ans, la députée wallonne hennuyère Jacqueline Galant rejoint le gouvernement fédéral de Charles Michel, où elle sera ministre de la Mobilité. Née à Jurbise (Hainaut), fille du bourgmestre Jacques Galant (PSC), Jacqueline Galant est tombée dans la politique dès son enfance. Après des études de sciences politiques à Mons, elle travaille au cabinet de Louis Michel, alors ministre des Affaires étrangères.

En 2000, elle se présente aux élections communales à Jurbise sur la liste de son père et fait le deuxième score, après lui. Mais l'opposition attaque les résultats du scrutin et de nouvelles élections sont organisées en 2001. Jacqueline Galant, qui emmène la liste du bourgmestre, emporte la majorité absolue au conseil communal et devient bourgmestre. Elle a 27 ans.

En 2003, elle se présente sur les listes à la Chambre et est élue députée avec plus de 11.000 voix de préférence. Elle se spécialise dans les dossiers de naturalisation, d'immigration et de sécurité, adoptant une ligne politique dure. Elle a d'ailleurs présidé la commission des naturalisations

Jacqueline Galant poursuit son bonhomme de chemin en politique locale. Elle renforce l'emprise de sa liste aux scrutins de 2006 (15 sièges sur 21) et de 2012 (17 sièges). Présidente du MR pour l'arrondissement de Mons-Borinage depuis 2004, elle est également réélue députée fédérale en 2007.

Elle s'est opposée publiquement au ministre wallon du Logement de l'époque, Jean-Marc Nollet, et à l'obligation, imposée par le nouveau Code du logement wallon, de prévoir au moins 10% de logements sociaux sur le territoire de sa commune.

Elle fait partie du "groupe Renaissance", constitué en 2010 autour de Charles Michel pour contester le cumul par Didier Reynders de la présidence du MR et du poste de vice-Premier ministre.

Aux élections du 25 mai 2014, elle est tête de liste régionale en Hainaut et est élue au Parlement wallon.