Un Premier francophone "sexué linguistiquement", pas une première

Le choix de la Suédoise de compter le Premier ministre parmi les francophones lors de la répartition des postes ministériels a été critiqué par Elio Di Rupo. Toutefois, il est apparu que dans l'histoire de la Belgique, c'est n'est pas une première. Un socialiste a d'ailleurs déjà été "séxué linguistiquement".

J.F.
Un Premier francophone "sexué linguistiquement", pas une première
©Photo News

Si les noms des ministres du gouvernement fédéral ne sont pas officiellement connus, une chose semble déjà acquise : le Premier ministre, Charles Michel, ne sera pas un "asexué linguistique". Autrement dit, lors de la répartition des portefeuilles entre francophones et Flamands, il comptera bel et bien comme un francophone. Un choix qu'a aussitôt critiqué le Premier ministre sortant, Elio Di Rupo : " un Premier ministre doit être neutre linguistiquement. Or, d'après ce que l'on sait, on compterait Charles Michel dans les francophones et, ça, c'est un peu dommage " ( plus de détails ici ).

Mais, plutôt cocasse, il est arrivé par le passé qu'un gouvernement dirigé par le PS voit son Premier ministre compté parmi les francophones : c'était le cas du gouvernement piloté par Edmond Leburton, en 1973. Un cas cependant un peu particulier puisque d'Edmond Leburton était un "Premier de substitution" mis en place suite à la démission du gouvernement Eyskens V.

Un autre gouvernement dirigé par les francophones, et plus particulièrement par le PSC (ancêtre du cdH), Paul Vandenboyenants, avait également un Premier compté parmi les francophones. Là encore, Paul Vandenboyenants avait hérité du poste, de 1978 à 1979, suite à la démission du précédent gouvernement Tindemans IV.

Autre précision : deux Premiers ministres flamands étaient "sexués" sur le quota flamand, mais de manière transitoire : Wilfried Martens, dans le gouvernement Martens II (suite au départ des FDF) et Guy Verhofstadt, dans le gouvernement intérimaire Verhofstadt III.

S'il est vrai qu'Elio Di Rupo avait, en 2011, été considéré comme "asexué linguistiquement", dans la réalité, chaque gouvernement fait un peu comme bon lui semble puisque la Constitution permet les deux cas de figure.