La collaboration est perçue différemment au nord et au sud du pays

Les propos de Jan Jambon à propos de la collaboration avec le régime nazi continuent de susciter la polémique. La Libre a posé trois questions sur ce sujet à Marc Reynebeau, journaliste au Standaard.

La collaboration est perçue différemment au nord et au sud du pays
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Stéphane Tassin

Les propos de Jan Jambon (photo) à propos de la collaboration avec le régime nazi continuent de susciter la polémique. La Libre a posé trois questions sur ce sujet à Marc Reynebeau, journaliste au Standaard.


La perception des propos de Jan Jambon sur la collaboration sont-ils perçus de la même manière en Flandre que du côté francophone ?

Pas du tout, c’est le genre de propos qu’on entend de temps en temps. Il y a une certaine tradition en Flandre qui veut que ceux qui ont été touchés par la répression de la collaboration considèrent qu’il n’existait aucune raison juridique pour organiser cette répression. Il y a aussi un manque de connaissance de l’histoire. Il y a, en Flandre, une mythologie qui veut que la collaboration flamande était motivée par l’idéalisme d’une Flandre indépendante. Du côté francophone, l’autre mythologie met l’accent sur la lutte antifasciste. Ces deux mythologies continuent à s’opposer alors que du côté francophone il y avait Léon Degrelle. En Flandre, en 2012, une historienne anversoise a démontré que les motivations des collaborateurs étaient surtout fascistes.

La polémique est justifiée ?

Non, vous pourrez lire dans la presse de ce jour que cette une polémique un peu hystérique. J’ai lu son interview dans "La Libre", ses propos sont un peu courts, il parle surtout d’une raison tactique de la part du mouvement flamand et il reconnaît qu’il y avait des raisons légitimes, il fait bien sûr référence à la rhétorique habituelle du mouvement flamand. Maintenant je pense que les propos de Jan Jambon sont maladroits. Il a d’ailleurs l’habitude d’être maladroit. Il aurait dû savoir que ses propos allaient déclencher cela. Mais selon moi, il n’y a aucun casus belli politique là-dedans.

Comment est perçu Jan Jambon en Flandre ?

On sait que c’est un nationaliste radical. Dans ce genre de nationalisme, la connotation politique est sans importance. Pour lui, seul le nationalisme suffit et ce n’est pas quelque chose qui lui sera reproché.


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