Demotte à propos du plan Francken : "Une volonté de mettre à mal la vie de notre cité"

Le bourgmestre de Tournai a "appris avec consternation" que sa ville devrait accueillir des centaines de demandeurs d'asile. Le socialiste y voit un dessein caché. Le président du MR a réagi, affirmant qu'"il est particulier de voir le PS, se prétendant être le grand défenseur de la solidarité, s’opposer à une telle mesure".

J. Lgg.
Demotte à propos du plan Francken : "Une volonté de mettre à mal la vie de notre cité"
©Montage LaLibre

Le gouvernement fédéral, sur demande du secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken, a décidé d'ouvrir 2.500 places d'accueil supplémentaires pour faire face à l'afflux de demandeurs d'asile. Parmi les lieux désignés pour assurer cet accueil, figure la ville de Tournai. Celle-ci se voit obligée d'ouvrir la caserne Saint-Jean pour y loger de 450 à 790 personnes (plus de détails ici).

Paul-Olivier Delannois, bourgmestre ff de la "cité des Cinq clochers" avait déjà fait part de son courroux ce jeudi soir. Il est soutenu aujourd'hui par le bourgmestre en titre, Rudy Demotte. Dans un communiqué, le Tournaisien affirme avoir appris cette nouvelle "avec consternation". "Vouloir concentrer sur Tournai entre 400 et 700 candidats réfugiés politiques revient à ghettoïser des poches entières de populations au statut précaire", affirme-t-il. "En tant que socialiste, je ne peux l’accepter. Je l’accepte d’autant moins que Tournai ne connaît pas des indices socio-économiques très favorables. Son CPAS doit déjà faire face à une précarisation importante."

Celui qui est aussi ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles soutient "une logique de partage de l’accueil, basée sur un équilibre géographique et socio-économique". Dès lors, il demande que "les communes plus riches fassent un effort plus conséquent".

"J'ajoute", poursuit Rudy Demotte, "que les moyens de la ville sont insuffisants, dans tous les domaines, et le gouvernement fédéral ne nous fait pas de cadeau allant même jusqu'à renier ses engagements: je songe aux promesses répétées quant à la rénovation de nos lieux de justice".

Sous cette décision, le bourgmestre voit même un dessein caché : "D’après des sources militaires, la caserne n’a pas les capacités de logement pour héberger dignement autant de personnes ou alors les militaires, suivant des cours ou des formations à l’école de logistique, ne pourraient plus y résider avec, pour conséquence, la fermeture de la logistique à Tournai. Est-ce une volonté ?".

Et de conclure : "Je veux que Tournai soit une ville d’accueil pour la détresse dans la limite de ses moyens. Je vois dans l’attitude du gouvernement fédéral (MR et consorts) un calcul politique et peut être même une volonté implicite de mettre à mal la vie de notre cité".

Chastel : "Etonné de ce rejet catégorique"

Cette sortie de Rudy Demotte a rapidement fait réagir le président du MR. Olivier Chastel, qui se dit "étonné de ce rejet catégorique venant d’un ministre-président socialiste", clame qu'"il est de notre devoir de prendre nos responsabilités. Le Gouvernement fédéral les a prises".

"Le Gouvernement fédéral fait preuve de solidarité et d’humanisme en trouvant des solutions dans cette véritable crise de l’asile. Il est particulier de voir le PS, se prétendant être le grand défenseur de la solidarité, s’opposer à une telle mesure… Manifestement, quand c’est dans son propre jardin, le PS est frappé du syndrome de Nimby qui l’empêche d’agir avec humanité pour le bien collectif. Le libéralisme s’oppose à nouveau au conservatisme socialiste", poursuit le libéral.