L'opposition dit le mal qu'elle pense des projets à venir du gouvernement bruxellois

Vincent De Wolf a qualifié l'accord sur la réforme des structures d'aide aux entreprises, de "compromis boiteux entre les baronnies du gouvernement".

L'opposition dit le mal qu'elle pense des projets à venir du gouvernement bruxellois
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L'opposition au parlement bruxellois a dit vendredi, avec des géométries variables, selon les formations, tout le mal qu'elle pensait de ce qui est connu de l'accord du gouvernement bruxellois pour le budget 2016, la réforme de la fiscalité bruxelloise et des instruments d'aide au développement de la Région-capitale, et pour le plan décennal d'investissements de la STIB, dossiers abordés la veille par le ministre-président Rudi Vervoort dans la lecture de la déclaration de politique générale de son gouvernement.

Répétant qu'aux yeux du MR, la réforme fiscale projetée contenait quelques avancées (la suppression de la taxe régionale et la baisse de l'IPP), Vincent de Wolf a jugé que celle-ci n'allait pas assez loin en matière de fiscalité immobilière et produirait des laissés pour compte: les locataires, les pensionnés et les 115.000 entreprises de la capitale.

L'élu libéral a par ailleurs qualifié l'accord sur la réforme des structures d'aide aux entreprises, de "compromis boiteux entre les baronnies du gouvernement" qui de ce fait, a "accouché d'une souris". Pour lui, il eut fallu privilégier en une seule structure les différents organismes régionaux intervenant dans le processus.

Vincent De Wolf a aussi suscité le rire dans les travées, lorsqu'il a souligné que la ministre fédérale Jacqueline Galant "travaille dans une discrétion qui déconcerte", dans le dossier des avions.

Zoé Genot et Bruno De Lille (Ecolo et Groen) ont vertement critiqué le peu d'égard de l'équipe Vervoort, au développement durable dans ses différents projets. Pour Zoé Genot, quelques mois après l'adoption d'un premier "budget round-up" qui a diminué sensiblement le budget aux associations environnementales, le gouvernement n'en est toujours nulle part en ce qui concerne l'adoption du Plan Climat Air Energie dont le projet est en-deçà des objectifs 2025 à attendre en matière de réduction des gaz à effet de serre.

Comme d'autres, elle s'est inquiétée des incertitudes qui n'ont selon elle pas été levées par le gouvernement dans ses explications au sujet du financement du projet de métro.

Le PTB a pour sa part jugé que l'évolution positive dans les chiffres, du chômage masquaient les exclusions, auxquelles l'équipe Vervoort répond de manière trop molle. A ses yeux, les mesures prises en matière fiscale feront des locataires les premières victimes.

Dans l'opposition flamande, Johan Van den Driessche (N-VA) a abondé dans le sens des critiques du MR au sujet de la réforme fiscale en vue à Bruxelles. Pour lui, celle-ci manque l'occasion de soutenir les entreprises comme l'a fait le gouvernement fédéral, sera défavorable à la classe moyenne et aux locataires.

Dans la majorité, le ton a été plus enthousiaste. Au-delà des félicitations au gouvernement, Le chef du groupe cdH, Benoit Cerexhe (cdH), a attiré l'attention de Rudi Vervoort, en des termes plus mesurés que l'opposition, sur les charges que pourrait constituer à terme la réforme fiscale pour les entreprises qui si l'on n'y prend garde, pourraient être tentées par la délocalisation.

Pour le PS, Philippe Close a demandé qu'au-delà des volets de la réforme fiscale relatifs au logement qu'il soutient pleinement, le gouvernement étudie les moyens de simplifier les procédures d'urbanisme qui sont actuellement le seul frein véritable à l'accélération de la mise à disposition de logements publics en Région bruxelloise.

Emmanuel De Bock (FDF) a fait part de son soutien aux projets fonciers de type public, mais il a demandé que l'on favorise la transition entre le logement social et moyen actuellement trop faible. Il a aussi exprimé sa préoccupation à l'égard des aînés sacrifiés sur l'autel de l'austérité après 50 ans, souhaitant que les programmes de lutte contre le chômage des jeunes n'engendrent pas d'effets d'aubaine condamnant les premiers cités.

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