Scoop : la N-VA est nationaliste…

Ici radio Anvers, les nationalistes flamands parlent aux nationalistes flamands… Mercredi après-midi, c’était l’agitation dans les rédactions. Un communiqué atomique a surgi soudainement sur le site web de la N-VA, enflammant directement l’opposition et les réseaux sociaux. Analyse d'un coup de com.

Frédéric Chardon
20160109 - MECHELEN, BELGIUM: N-VA chairman and Antwerp mayor Bart De Wever delivers a speech at the new year reception of Flemish nationalist party N-VA in Mechelen, Saturday 09 January 2016. BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK
20160109 - MECHELEN, BELGIUM: N-VA chairman and Antwerp mayor Bart De Wever delivers a speech at the new year reception of Flemish nationalist party N-VA in Mechelen, Saturday 09 January 2016. BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK ©BELGA

Bart De Wever relance une réflexion sur l’avenir institutionnel belge.

Ici radio Anvers, les nationalistes flamands parlent aux nationalistes flamands… Après Liesbeth Homans qui espère que la Belgique n’existera plus en 2025, nouveau coup de com de la N-VA pour ménager la susceptibilité flamingante de ses électeurs les plus radicaux. C’est essentiellement de la popote interne mais, cette fois-ci, ça vient du maître : Bart De Wever.

Mercredi après-midi, c’était l’agitation dans les rédactions. Un communiqué atomique a surgi soudainement sur le site web de la N-VA, enflammant directement l’opposition et les réseaux sociaux. Le président du plus grand parti flamand y annonce qu’il lance officiellement une réflexion sur l’avenir institutionnel de la Belgique.

On sait que la N-VA défend, au minimum, le passage du fédéralisme actuel vers le confédéralisme. Mais le communiqué n’exige pas une 7e réforme de l’Etat maintenant. Au contraire, Bart De Wever confirme vouloir respecter sa parole vis-à-vis du MR : il n’y aura pas de "communautaire" d’ici 2019. Punt aan de lijn.

Mais, depuis la montée contre-nature de la N-VA au fédéral, la puissante formation politique a essuyé des critiques au sein du sacro-saint mouvement flamand dont certaines importantes figures déplorent la mise au frigo de toute réforme institutionnelle pendant 5 ans. Bart De Wever affirme vouloir en tenir compte : "Un statu quo communautaire ne veut pas dire que le mouvement flamand doit se croiser les bras", explique-t-il.

Il a donc décidé de confier à Hendrik Vuye notamment, l’actuel chef de groupe N-VA à la Chambre et professeur de droit constitutionnel, le soin de rédiger un document de portée académique sur l’avenir institutionnel belge et flamand. Il devra aussi préparer les textes juridiques qui seront nécessaires si une évolution vers le confédéralisme s’avérait possible un jour ou l’autre (à la suite des élections de 2019, par exemple).

Par conséquent, il n’y a rien de nouveau sous le soleil de Flandre : la N-VA promet de respecter le pacte qui la lie au MR jusqu’en 2019 mais elle reste confédéraliste et continue de donner des gages aux courants internes les plus flamingants tentés par départ (ou par un retour…) vers le Vlaams Belang.

L’exemple cruel des Catalans

Mais pourquoi allumer ce feu politique maintenant ? Plusieurs facteurs l’expliquent. Entre autres, la prise de pouvoir des indépendantistes au sein du gouvernement catalan, dont on a beaucoup parlé ces derniers jours, a accentué la pression sur la N-VA. L’embarras des nationalistes flamands face aux victoires d’un mouvement "frère" jette une lumière cruelle sur les compromis consentis par Bart De Wever pour constituer la "suédoise". Il fallait redorer l’image flamingante du parti. Ce ne sera certainement pas la dernière fois avant les prochaines élections…Frédéric Chardon

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