Dans les cabinets, la fidélité ne justifie pas tout

Les membres d’un cabinet ministériel ont un statut spécial, mais la loi demeure la loi.

Dans les cabinets, la fidélité ne justifie pas tout
©Jean Luc Flemal
J.-C. M.

Les membres d’un cabinet ministériel ont un statut spécial, mais la loi demeure la loi.

Pour cet ancien chef de cabinet contacté par "La Libre", il ne faut pas confondre les activités classiques d’un cabinet ministériel et de ses membres et le militantisme en période électorale.

Au sein de son département, un ministre est aidé dans ses fonctions par des collaborateurs avec qui, c’est une condition sine qua non, existe une relation de confiance. Ce sont des proches sur le plan politique, ayant pour la plupart la carte du parti, qui sont désignés pour mener à bien la stratégie définie par le ministre et réaliser les objectifs qui lui ont été assignés par la déclaration gouvernementale. Ils le font en collaboration avec l’administration, qui est là pour exécuter les options prises au sein du cabinet et pour conseiller celui-ci. Ils n’ont pas le statut de fonctionnaires mais de collaborateurs choisis, certes, pour leurs compétences dans le domaine d’activités couvertes par le ministère, mais aussi pour leur fidélité au ministre.

Intérêt général et particulier

Qu’ils puissent s’investir aux côtés de celui-ci en période de campagne électorale, dont on rappellera qu’elle est financée par les partis, n’est pas scandaleux aux yeux de divers observateurs de la chose politique, mais il n’est pas question qu’ils le fassent en se servant de leurs fonctions ou en empiétant sur celles-ci, en matière d’emploi du temps par exemple.

Les règles sont extrêmement strictes, rappelle un autre ancien "cabinettard" : la loi interdit de détourner des moyens censés servir l’intérêt général à des fins partisanes et les contrôles de l’usage de ces moyens sont nombreux et musclés. Pas question, par exemple, de déposer dans le coffre d’une voiture de fonction du matériel électoral.

Sur le terrain, nous confie un autre spécialiste des mœurs politiques, il n’en va pas toujours ainsi, même si la pratique consistant à détourner des fonds publics à des fins électoralistes est en régression depuis les années 2000, qui ont vu plusieurs dossiers peu reluisants éclater.

Le fait est que la tentation ne se limite pas aux cabinets ministériels et qu’elle se manifeste aussi chez les élus locaux, comme l’a montré l’affaire Lizin notamment.

Pour autant, rappelle un juriste, on ne saura si Mme Milquet a agi illégalement qu’en cas de condamnation. Et on en est loin, ajoute-t-il, rappelant que la prévention portant sur des emplois fictifs a déjà été abandonnée.


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