Le CDH bruxellois compte sur Céline Fremault

Le départ de Milquet, même si la ministre était contestée en interne, laisse un grand vide.

A. C.

Critiquée, contestée, parfois même isolée au sein de son propre parti, personne n’imaginait cependant la vie au CDH sans Joëlle Milquet. C’est elle qui, en 2002, a lancé le Centre démocrate humaniste sur les cendres encore chaudes d’un vieux PSC (Parti social-chrétien) renvoyé dans l’opposition au fédéral et dans les régions. C’est elle aussi qui a mis le pied des responsables actuels du parti à l’étrier politique.

Ceux-là - les Lutgen, Fremault, Fonck, Prévot, Di Antonio, etc. - ont parfois (souvent ?) voulu dégommer leur ancienne patronne. Parce qu’elle est jugée ingérable, parce qu’elle est dans une spirale médiatique négative depuis les élections de 2014 (en raison, bien sûr, de ses problèmes judiciaires, mais aussi à cause d’une communication parfois défaillante). Mais tuer la mère, ce n’est pas facile. Surtout à Bruxelles.

"On a clairement un problème de leadership en Région bruxelloise depuis les élections, dit une huile du parti. On l’a encore vu dans le sondage de "La libre". Joëlle Milquet n’est que 14e (à Bruxelles et 18e en Wallonie, NdlR) dans le classement des personnalités politiques préférées. C’est un niveau historiquement bas. Mais, en même temps, on sait très bien qu’il est difficile de s’en passer." Essentiellement en raison de son poids électoral.

Depuis ce lundi, pourtant, la donne a complètement changé. "On est tous un peu choqué par ce qui lui arrive. C’est une perte pour le parti. Mais, maintenant, on n’a plus le choix." Il va falloir lui trouver un successeur comme numéro 1 à Bruxelles. Et à ce poste, la voie semble dégagée pour la ministre régionale Céline Fremault, en charge notamment de l’Energie, du Logement et de l’Environnement.

Manque de visibilité

Mme Fremault, c’est le choix du président Benoît Lutgen. A 42 ans, elle incarne l’avenir pour les centristes. "Le problème, c’est son poids électoral, elle ne fait pas assez de voix", dit un acteur wallon important du parti. Une plus forte visibilité au niveau national pourrait justement améliorer la situation.

Plus largement, d’aucuns estiment que le CDH bruxellois a besoin d’un "message", de se sentir davantage soutenu par la présidence. Céline Fremault pourrait, par exemple, être officiellement intronisée en étant nommée présidente de l’arrondissement du CDH bruxellois, à l’image, par exemple, de Laurette Onkelinx au PS.

Un Bruxellois pourrait aussi être choisi pour succéder à Joëlle Milquet dans ses compétences ministérielles à la Communauté française, mais l’option est peu probable. Si Marie-Martine Schyns est choisie, un élu de la capitale pourrait alors remplacer la Liégeoise en tant que chef de groupe au Parlement de la communauté française. Cela pourrait alors être Hamza Fassi-Fihri, qui, en outre, pourrait remplacer Mme Milquet comme leader des centristes à la ville de Bruxelles. En tout cas, entend-on, "il est difficile de ne rien faire pour Bruxelles".

Cela dit, le manque de personnalités fortes au CDH est un problème généralisé. Le dernier sondage de "La Libre" a mis en exergue que plus aucune personnalité humaniste n’apparaît dans les tops 10 wallon et bruxellois. Et seuls Benoît Lutgen et Joëlle Milquet apparaissent péniblement dans les tops 20. Le mal est profond. La démission de Mme Milquet n’en est que plus douloureuse.