Qui pour succéder à Joëlle Milquet?

Les compétences de Joëlle Milquet seront sans doute scindées entre deux ministres.

Qui pour succéder à Joëlle Milquet?
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A. C. et BdO

Le nom du successeur de Joëlle Milquet sera sans doute connu mercredi. "Ça ne devrait pas traîner, mais pas de précipitation", dit le porte-parole du CDH. La nomination des ministres est du ressort du président Benoît Lutgen. Et chez les humanistes, sans doute plus qu’ailleurs, "les voies du président sont impénétrables".

La difficulté, c’est que le remplacement ne devrait pas se faire poste pour poste. Mme Milquet cumule les compétences liées à l’Education, à la Culture, à la Petite Enfance et aux Bâtiments scolaires. Ce portefeuille, énorme, pourrait être scindé. "On a besoin de quelqu’un qui se concentre à 100 % sur le Pacte d’excellence" pour l’école lancé par la ministre démissionnaire, dit-on chez les centristes.

Dans cette optique, un scénario assez plausible verrait Marie-Martine Schyns récupérer l’Education. Celle qui est actuellement la chef du groupe CDH au Parlement de la Communauté française a déjà occupé la fonction pendant quelques mois, à la toute fin de la législature précédente. Elle y avait remplacé Marie-Dominique Simonet. Elle connaît donc le poste. Un sacré avantage. En plus, elle est originaire de la province de Liège (Herve) où le CDH manque cruellement de visibilité après les départs de la vie politique de Melchior Wathelet et d’Anne Delvaux.

Les autres compétences de Joëlle Milquet (à l’exception peut-être des Bâtiments scolaires) seraient alors récupérées par le ministre René Collin, déjà en charge des Sports. Mais alors, qui pour assumer le rôle de vice-Président du gouvernement de la Communauté française, qu’occupait également Mme Milquet ? Ni le choix de Marie-Martine Schyns, ni celui de René Collin ne s’imposent comme une évidence.

L’option Fonck

C’est pour cela qu’un autre nom circule pour reprendre l’Education et la vice-présidence, celui de Catherine Fonck. Le hic, c’est qu’elle ne serait pas le premier choix de Benoît Lutgen, justement parce que c’est une personnalité assez forte, qui tient à son franc-parler. En plus, elle vient du Hainaut (Frameries), qui compte déjà un ministre CDH, Carlo Di Antonio.

Du côté du secteur de l’enseignement, les options Schyns et Fonck ont chacune les soutiens. D’aucuns louent Mme Schyns pour sa connaissance du terrain (ancienne ministre et enseignante). A l’inverse, d’autres apprécient Mme Fonck parce qu’elle n’est pas "du sérail" et sera donc capable de prendre plus de hauteur dans certains dossiers - Marie-Martine Schyns est "estampillée enseignement catholique, ce qui a parfois nui à sa neutralité en tant que ministre".

Enfin, d’aucuns apprécient aussi chez la Hennuyère son audace politique, jugée plus importante que celle de la Liégeoise, utile pour les arbitrages politiques ou pour défendre les besoins de l’enseignement lors des discussions budgétaires. Bref, les jeux sont ouverts. Quitte à avoir une surprise. "Ça, c’est compliqué quand on a peu de temps."


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