Succession de Joëlle Milquet: à quelle sauce va être mangé René Collin?

Les paris sont ouverts. Et cette question : à quelle sauce va être mangé René Collin? S’il y en a bien un qui s’attend à être touché par la démission de Joëlle Milquet, c’est lui. Si Marie-Martine Schyns figure en pole et Céline Fremault en embuscade, le nom d’Antoine est aussi cité pour succéder à Milquet à l’Education.

Succession de Joëlle Milquet: à quelle sauce va être mangé René Collin?
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Antoine Clevers

Les paris sont ouverts. Et cette question : à quelle sauce va être mangé René Collin… ? S’il y en a bien un qui s’attend à être touché par la démission de Joëlle Milquet, c’est lui.

Mme Milquet a annoncé lundi son départ du gouvernement de la Communauté française suite à son inculpation pour prise illégale d’intérêts. Le président du CDH, Benoît Lutgen, doit donc trouver un successeur à celle qui gérait à la fois l’Education, l’Enfance et la Culture. Un portefeuille énorme. Trop. Même pour elle, admettent aujourd’hui les humanistes.

Il ne fait dès lors pratiquement aucun doute que les trois matières seront partagées entre deux personnes. Et c’est ici que René Collin intervient, lui qui a la double casquette de ministre en Wallonie et à la Communauté française (en charge des Sports).

Quelle matière pour Collin

Les parieurs qui jouent la sécurité opteront pour le tuyau Marie-Martine Schyns à l’Enseignement. L’actuelle cheffe de groupe au Parlement de la Communauté française recevrait aussi l’Enfance ou la Culture (une compétence assez chronophage). M. Collin hériterait lui de l’autre matière.

Les avantages : le remaniement reste limité; Marie-Martine Schyns peut entrer rapidement dans la fonction puisqu’elle l’a déjà occupée; le CDH en province de Liège reçoit une forte visibilité (Mme Schyns vient de Herve).

Cela dit, la prétendante numéro 1 ne fait pas l’unanimité dans son parti. D’aucuns lui reprochent un manque de force politique, qu’elle n’a pas les épaules assez larges pour porter le futur "Pacte d’excellence" pour l’école lancé par Mme Milquet, ni pour endosser son rôle de vice-Président du gouvernement.

En outre, Joëlle Milquet étant bruxelloise, les mandataires de la Région capitale espèrent ne pas être oubliés par leur président. Et c’est René Collin qui pourrait en faire les frais… Dans ce scénario, il se ferait dégager du gouvernement francophone au profit de Céline Fremault. Celle-ci cumulerait alors son nouveau poste (Sports, plus Culture ou Enfance) avec celui qu’elle occupe dans le gouvernement bruxellois.

Un geste pour Bruxelles

L’autre alternative serait de nommer Mme Fremault à l’Education, un poste prestigieux. Mais elle devrait alors lâcher son ministère à Bruxelles. C’est peu probable, mais cela pourrait être l’occasion pour Benoît Lutgen de booster la carrière du député bruxellois Hamza Fassi-Fihri.

Enfin, quid de Catherine Fonck, cheffe de groupe à la Chambre ? Certains pronostiqueurs l’envoient à l’enseignement, mais le pari est risqué. Ses relations avec Benoît Lutgen sont parfois houleuses; ce dernier compte plutôt sur elle au Parlement fédéral; et le CDH hennuyer (Mme Fonck vient de Frameries) a déjà "son" ministre en la personne de Carlo Di Antonio.

Pour les tout gros joueurs, il existe encore quelques alternatives entendues à plusieurs sources. Un : le retour d’André Antoine, actuel président du Parlement wallon - il connaît très bien l’enseignement. Deux : Eric Poncin, secrétaire général du CDH - ça, c’est le jackpot assuré en cas de victoire. Trois : le CDH monte à trois ministres en Communauté française, mais il faudra négocier très serré avec le partenaire PS. Et quatre : Collin est effectivement dégagé et deux nouvelles personnes débarquent (Schyns et Fonck ?), mais cela signifie un salaire de ministre en plus qu’il faudra pouvoir justifier (les ministres ayant la double casquette ne cumulent pas les salaires).

Les résultats étaient espérés pour ce mercredi. Cela pourrait plutôt être jeudi.


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